Bonjour le Serpent !

Vois-tu, je tiens à saluer mes parents. Commencer cette nouvelle rubrique par un aveu tardif de reconnaissance à ces deux personnages et aux deux gamètes qu’ils m’ont si généreusement octroyés était la moindre des choses, mais je dois également leur rendre gré de la fortune qu’ils ont investie pour sans cesse étancher ma boulimie de jeu vidéo.

Et ce à une époque où la moindre cartouche coûtait déjà au moins 450 balles en francs français de l’époque, c’est à dire minimum 68,58 euros européens d’aujourd’hui !

Le deal était simple : je n’avais droit à un nouveau jeu que si j’en finissais un. Et malgré les conseils avisés du vendeur qui conseillait mes parents en jeux ardus, rien ne me résistait trop longtemps, de Super Probotector Alien Rebels à U .N.Squadron sur Super Nintendo ou Sonic 2 et Thunder Force IV, j’ai avalé ces heures de bonheur ludique tout comme j’ai englouti un volume fiduciaire assez conséquent, qui aujourd’hui a ancré en moi un semblant de culture ludique que je n’ai de cesse de partager avec qui veut. Merci géniteur, merci génitrice ! Il aura fallu que je me mette à Zelda A link to the past et à Super Metroïd pour que la bourse familiale connaisse quelque repos…

Tous ces souvenirs pour évoquer la glorieuse époque du pack Super Nintendo Street Fighter II, expression démesurée de l’engouement en cette glorieuse année 1992, allant des Jeux Olympiques d’Albertville à l’arrivée de la plus historique des bécanes de mon existence. Et bien qu’ayant opté pour le pack Super Mario World, j’ai la larme à l’oeil en repensant à ces matchs infinis entre une Chinoise aux jambons musculeux et un Brésilien d’apparence transgenre.

Deux décennies et demi plus tard, on passe du II au V. Mais le temps a évolué, un peu comme un cadavre se dissout peu à peu (ben oui, la décomposition aussi est une progression, demandez aux professionnels des engrais et autres compost !) et c’est ici que se justifie enfin ce rappel de ce que fut ma jeunesse, et pas si hors de propos au regard de l’objet de cette bafouille ! Après tout, dans ces lignes c’est moi qui fais la pluie et le beau temps, je vous prie.

Jeu de daube.jpgaStreet Fighter V sorti en fanfare sans mode solo, destiné au jeu online contre un adversaire ou des adversaires qui auront du eux aussi s’acquitter d’un droit de péage bien normal en temps normal (répétition volontaire et parfaitement assumée quoique sans doute maladroite et révélatrice d’un effet d’insistance) , c’est à dire pour un jeu complet…Or, et même si 80% du VS Fighting se joue en mode multijoueur, un jeu sans l’élémentaire plaisir de rouster le CPU ou de se faire rouster par lui est-il un jeu complet ? Très honnêtement, mon reptilien compagnon, j’en doute. Il manque quelque chose au menu d’un seul coup. Et le tout pour un prix entier en revanche.

A l’époque où vendre un jeu ne passe même plus par l’obligation d’achever le jeu en question avant de le commercialiser, je repense à ça : papa et maman, vous voyez un peu ? Certes je vous ai causé bien des dépenses liées à ma consommation de pixels, mais n’êtes-vous pas rassurés de savoir que vous crachiez votre oseille pour le bonheur du fruit de vos amours, mais surtout pour l’achat de jeux complets ? Oui, cette époque où les cartouches contenaient rien mois que 100% du jeu…

Aujourd’hui mon serpent, il faudrait presque être reconnaissant de jouer à des bribes de jeux, des morceaux de programme…mais présentés comme des early access !

Donc je remercie mes parents de m’avoir acheté des jeux complets et à fréquence serrée. Si la règle devient d’acheter des pièces de puzzle à assembler pour avoir enfin un jeu entier, je n’aurai jamais été si heureux d’être une pourriture d’anarchiste complétiste !

A bientôt mon Serpent !

Yace, Vieux grincheux pas si vieux.

2 réponses
  1. Totof
    Totof dit :

    Ah se rappeler les bons vieux souvenirs… J’adore aussi faire ça avec le jeu vidéo. Merci Yace pour ce billet. Hâte de lire la suite !

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  2. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Comment ne pas sombrer dans le Cétémieuavan à une époque où les jeux sont vendus en kit, où le joueur fait le travail du développeur en ayant « l’insigne honneur de bénéficier contre espèces sonnantes et trébuchantes d’effleurer du doigt une sacrosainte Early Access », et où un jeu de baston se vend désormais en kit!!??

    Tu touches là où ça fait mal, mon cher Yace, mais en remettant en avant la justification du R dans LSR, car la passion du jeu et celle du « Retrogaming » se tutoient souvent et sont généralement une conséquence directe d’un foutage de gueule généralisé d’un pan considérable de l’industrie vidéoludique.

    Mais fort heureusement, les passionnés existent encore, joueurs comme développeurs, et nous serons là pour en causer, pour profiter de leurs créations…entre deux parties de Mushi, Darius Gaiden, Demon Front, Judgement Silversword ou Etrian Odyssey^^! (liste (très) loin d’être exhaustive!)

    Bref, merci pour cette nouvelle chronique qui s’annonce passionnante, mon cher Yace!

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