Bonjour mon venimeux compère !

Comment vas-tu ? L’été approche et pour les créatures à sang froid comme toi, ce doit être une bien belle époque. Moi en revanche j’ai le sang chaud car j’appartiens à la classe des mammifères certes, mais aussi et surtout car il se met trop souvent à bouillir dans mes veines. Promis, un jour je te ferai part d’une de mes joies, mais ce ne sera pas encore pour cette fois-ci.

Il y a peu, j’avais écrit une critique à un gentil concepteur qui m’avait contacté par mail pour me faire tester son programme, un jeu de plates-formes très inspiré de Contra et de Megaman, ce qui augurait du meilleur dans l’idée comme du pire dans les faits. Car cloner des références du passé est à double tranchant : on ne peut que saluer le bon goût des concepteurs, mais également redouter que leur ouvrage ne soit pas à la hauteur ! Placer la barre aussi haut est signe d’une assurance évidente mais entre la prétention et la capacité, il y a bien souvent un fossé, ou même plus : un canyon.

Tout joyeux que j’étais, et m’étant fendu au préalable d’un message de remerciement avant même d’avoir reçu l’ouvrage, j’ai fini par accuser réception du programme. Sitôt eu, sitôt installé, et après quelques heures, quelques jours même, je me suis à nouveau fendu d’une réponse mettant en avant les défauts et autres incohérences que j’avais décelées. Car il y en avait, du genre difficulté inconstante et sans rapport avec l’état de la progression, collisions pas réellement assumées et inertie aquatique beaucoup trop poussée à mon goût, tout en précisant que je concevais qu’il s’agît d’un choix délibéré au sujet de l’immersion, auquel cas je devrai m’y adapter.

Le jeu offrait entre autres une bande sonore assez répétitive et sans inventivité réelle, à la manière de ces doujins qui surprennent parfois quand on y retrouve une musique déjà utilisée dans un programme amateur concurrent ou déjà vu.

Bref, et mon serpent, je t’assure à nouveau que ma missive n’avait pour autre objectif qu’aider le créateur en lui apportant des pistes de travail…v’la t’y pas que je reçois un joli mail en retour  d’où je tire cette phrase qui résume tout :

« la critique c’est facile et puis tes mots sont mal choisis, j’aurai pas du te demandé [sic] ce que t’en pensais. T’as qu’à t’y mettre aussi et tu verras que faire des jeux c’est pas facile, c’est un métier ».

Mais ai-je dit le contraire ? Et me suis-je jamais prétendu créateur de jeu vidéo ? Moi qui ne connais de la programmation que la correcte orthographe de ce mot, et qui n’ai finalement fait que prendre du temps afin de tester un programme présenté comme non abouti ? C’est bizarre quand même, tu rends service et de façon tout à fait bénévole, et hop, on te traite comme un malpropre qui sort des latrines sans se laver les mains et l’engin encore sorti de la braguette… (Ndüber : c’est pas comme ça qu’on fait normalement ?!)

Certes, je m’étais montré critique envers certains défauts du programme, mais comment cela s’appelle-t’il, déjà ? ah oui, Game testing et Bug Checking ! Et ça par contre, même si je n’en ai pas la situation professionnelle et le salaire qui va avec, je peux encore l’assumer et de façon très serviable. Mais devoir tolérer les réponses qui pourraient se résumer en « t’as qu’à faire ton propre jeu », j’y arrive pas. Si mon boulanger me vend un pain rassis et que je lui dis gentiment que je veux du pain propre à la consommation, devra-t-il me répondre « t’as qu’à le faire toi-même ton pain » ? Et surtout, devrai-je accepter cette attitude en me disant « il a raison, moi je suis pas boulanger alors je dois parfois acquiescer à bouffer de la merde mal foutue » ?

J’ignore si cet individu lit tes colonnes de lettres et d’écailles mon Serpent, mais s’il le fait, qu’il sache que j’ai dégagé son contact et que, magnanime que je suis, je lui souhaite néanmoins d’aboutir dans son projet, car même un conneau sans tact peut, s’il s’en donne la peine, réussir de belles choses. L’espoir fait vivre !

Je précise que je suis également en charge d’un petit checking d’un jeu de puzzle pour Android, librement inspiré de Pac-Man et de l’extraordinaire Kickle Cubicle d’Irem et pour le moment, c’est du tout bon. Preuve que la critique sait être positive quand elle doit l’être, et messieurs les développeurs au parfum ou officiels et autres chargés de communication/publicité/propagande  qui pensez faire le soleil et le cumulo-nimbus, méditez ça car il restera toujours des irréductibles qui n’auront pas peur d’appeler les choses par leur nom.

A tout bientôt mon ami, je t’apporterai un surmulot pour ton quatre heures !

Yace.

Critique.jpga

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