Bonjour mon reptile fétiche !

Comment vas-tu en cette saison estivale ? Moi je lutte contre l’asphyxie et le malaise vagal, mais après tout, l’été ne dure que trois mois, et sur une vie, trois mois ce n’est rien, même s’ils reviennent inlassablement chaque année.

Ca ne t’aura sans doute pas échappé, l’actualité sociale au pays du coq au vin, de Voltaire et de Maître Gims est plutôt mouvementée. Non je te rassure, je ne confonds pas mes deux toques de rédacteur (ludique et engagé), ici je ne tiendrai pas de propos polémiques qui pourraient déchirer ou tout au moins nuire à notre bonne entente, d’ailleurs le but avéré de ce papier sera de lier plaisamment cette actualité à notre passion commune, celle des pixels et de ces machines qui nous tiennent à coeur à tous deux, les consoles, micro et autres vieilleries estampillées JEUTEL ou Sega Megalo50…

Il n’empêche que !

Vois-tu, à l’époque où j’étais beau (enfin, acceptable disons), chevelu et plein d’espoir en l’avenir, je trouvais déjà assez étrange le succès tant critique que commercial de ces jeux dits « de gestion », à la Populous ou Sim City. Car oui, ces titres résonnaient déjà en leur temps comme de véritables références, tant dans leurs versions originales que dans leurs portages sur console.  Quelle idée de vouloir incarner Dieu le Père ou (plus modestement reconnaissons-le) un maire ! Sincèrement, je n’ai jamais saisi l’intérêt de ce type de programme. Tu noteras bien d’ailleurs que jamais ni Dieu le Père ni un quelconque édile communal ne s’est jamais porté volontaire pour sauver le monde. C’est vrai quoi, quel Dieu a jamais piloté le R-9 pour botter le cul à la Bydo ? Et Bill Rizer était-il investi d’un mandat avant d’aller flinguer Gappa, le Diable Uranien à la fin de Contra III ?

Comme tu es une créature aussi cultivée que moi (ou sans doute plus encore !), tu me répondras sans ambages que Mike Haggar était bien maire de Metro City et qu’il n’a pas hésité à tomber la chemise à trois reprises pour assainir les rues mal famées de sa ville d’abord, puis de plusieurs autres cités un peu partout au monde, et tu as bien raison. Finalement, si Sim City se jouait en fait comme Final Fight, j’aurai sans doute revu mon jugement, grand amateur que je suis de la résolution de problèmes à coups de poing ou à la mitraillette ! Mais dans le jeu vidéo uniquement, car en réalité je suis la douceur incarnée. Mais quoi que tu en dises, monsieur Haggar reste l’exception. Quant à Dieu, il a accepté de prendre forme mortelle dans les phases action du superbe Actraiser sur Super Nintendo.  D’accord.

Je coupe court à mon baratin (quoique cet échange entre persifleurs de bonne compagnie n’est pas pour me déplaire), pour te faire part du noyau de mon humeur hebdomadaire : c’est en défilant dans les rues de mon patelin, au milieu d’une foule de 7 à 77 ans que j’ai pris conscience d’un bien triste réalité. Moi qui n’ai jamais perçu l’essence des jeux de gestion, et qui ne perds jamais une occasion de pester contre Les Sims (lointains descendants du fameux Sim City relou et chiant de mes 14 ans), j’ai eu comme une fulguration.

Et si la réalité avait fondu dans le moule du jeu vidéo de gestion ? Et si ces messieurs-dames dont je refuse de donner les noms par souci de politesse à ton égard mon serpent n’étaient finalement que les joueurs d’une version 100% réelle des Sims ?  Et ce faisant, ne sommes-nous pas devenus ces personnages si attachants qu’un honnête joueur des Sims s’attache à faire évoluer dans un univers aussi superficiel que bêtifiant ?

Tu comprendras aisément, mon rampant comparse, que cette pensée soudaine aux côtés de personnages criant leur désaccord en reprenant des standards de Renaud (le chanteur énervant qui en plus est désormais bien fatigué je trouve) m’aura laissé interdit…Aujourd’hui, le Sim…c’est moi ! Et les joueurs de cette triste comédie n’ont même plus besoin de brancher un support pour vérifier leurs stats…

TS4GameOver

Faire Game Over dans Les Sims est une aventure déplorable, mais je commence à me demander si finalement Les Sims ne sont pas en train de devenir la marotte des locataires des beaux bâtiments de notre République…avec entre autres moi dans le rôle du personnage que l’on laisse crever dans l’espoir de recommencer une nouvelle partie.

Alors j’ai quitté le cortège et pour me laver l’esprit, j’ai relancé ce bon vieux Lemmings en rentrant. Car contrairement aux Sims véritables que nous sommes et aux décideurs qui confondent l’Hexagone avec un écran de jeu, moi j’aime réfléchir et faire d’intenses efforts de cogitation…pour sauver ceux dont je m’occupe. Avec une petite pensée attristée pour les lemmings qui acceptent de se sacrifier pour amener leurs congénères au salut. Ces bestioles-là sont de vrais héros et leur funeste destin suffit à les rendre dignes de tous les éloges. Même en jouant à Lemmings, je me sens plus touché que ceux qui jouent aux Sims en vrai avec nous tous…

Bref mon serpent, je te salue et te souhaite d’agréables bains de soleil là où moi je vais foutre ma caboche au congélateur (j’ai eu cette idée en me rendant compte qu’il y faisait frais !)

A bientôt !

Yace, vieux grincheux pas si vieux.

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