L’Infernal Programme d’Entraînement Cérébral du Dr. Kawashima

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Commençons par un aveu semi-honteux : j’aime le premier épisode de la série des Dr Kawashima. C’était l’bon temps, la découverte des possibilités ludiques de la DS et son écran tactile, des mini games qui testaient vos capacités, des évaluations qui commençaient par vous humilier via celle de votre âge cérébral, pour ensuite vous flatter la croupe en vous rajeunissant de jour en jour, bref, un Wii Fit version cérébrale. Evidemment, personne n’était réellement dupe, mais comme nous étions plusieurs à se tirer la bourre sur les mini-jeux plutôt bien pensés, après avoir tout débloqué, rajeuni jusqu’à un âge sympathique, les grilles de sudoku et autres nous ont encore tenus en haleine un petit moment. Bref, j’ai de bons souvenirs du premier Kawashima. Le second ne renouvelait rien de la formule et les nouveaux jeux n’étaient pas vraiment au niveau, mais bon, la recette fonctionnait toujours à peu près. Donc quid de cet épisode 3DS, après quelques années d’absence. Est-il vraiment infernal ? Réussit-il à retrouver son mojo ? Les réponses, tout de suite!!

Devil Kawashima

Le bon docteur Kawashima, qu’on s’amusait à tripatouiller du stick sur les premiers opus est allé s’isoler loin de l’écran tactile, pour proposer un modèle 3D relief efficace, ainsi qu’un double maléfique, car le titre nous le rappelle : l’entrainement va être INFERNAL! Les sessions de jeu sont effectivement plutôt éprouvantes, chaque jeu imposant un run de cinq longues minutes, avec une évolution constante de la difficulté, pour flirter avec la limite du joueur. On retrouve les évaluations vachardes de l’âge, de la vitesse d’exécution, le principe de déblocage d’épreuves, rangées en catégories spécifiques : Entrainement Infernal, la zone principale « pour exercer la mémoire de travail », Soutien Infernal, un jumeau de l’Entrainement Infernal « pour améliorer la vitesse de la mémoire de travail », Entrainement Cérébral, quelques mini-games  » pour garder votre cerveau actif », et l’espace Détente, plus orienté ludique. Et déjà dans le descriptif des zones, on sent comme un petit problème, cette obsession de la mémoire de travail… Mais on y reviendra dans quelques lignes.

Kawashimou

Dieu que c’est laborieux!!! C’est un défaut inhérent à la série, certes, mais aujourd’hui, il est vraiment difficile de se plier au rythme infernalement lent de la mise en place du jeu! Il a toujours été bavard, notre professeur, mais à l’époque, il n’était pas doublé, donc le défilement du texte était un peu moins lent. On a beau avoir à nouveau un bouton qui double la vitesse de blabla de ce cher Kawashima, intégralement doublé, l’effet est assommant, là où lorsqu’on accélérait le texte des anciennes éditions, son défilement était soumis à une vitesse potentielle de lecture, autrement plus rapide qu’une mise en scène en lip-sync, avec pauses, intonations, effet de voix… etc. Cet épisode se retrouve victime paradoxale du soin apporté à sa production. Les sessions de « jeu » ne sont pas plus joyeuses, d’ailleurs. Car Kawashima, en revendiquant haut et fort son statut d’entraînement infernal, a oublié d’être ludique. Et c’est précisément là que le bât blesse.

Le jeu se prend au sérieux. Les leçons qui précèdent certaines séances d’entraînement nous parlent du monde du travail, des performances scolaires, d’amélioration effective de la mémoire de travail. Or, la force du premier Kawashima – et c’est un constat que l’on peut étendre au jeu vidéo dans son entier, c’était de nous faire apprendre en s’amusant, pour reprendre une phrase galvaudée au possible. C’était ludique, malgré nombre de défauts. De même que l’on a pu s’améliorer en anglais à cause de jeux non localisés chez nous, augmenter notre réactivité sur des shmups cossus et des run & gun impitoyables, bosser notre mémoire pour se souvenir des séquences d’apparition des plateformes dans Megaman 2, donc effectuer un apprentissage oblique, ludique, Kawashima premier du nom n’oubliait pas d’être un jeu, de fasciner par sa performance technique – on pouvait écrire des choses et le professeur savait les décrypter!!! si c’est pas la classe, ça ?!! -, de proposer des secrets, des trucs, des machins, on y revenait de bon cœur.

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A propos de l'auteur

Photo du profil de Toma Überwenig

Aimer jouer et être bon aux jeux ne vont pas forcément de concert, j'en suis la preuve (à peu près) vivante. Vaguement musicien, je joue dans Scorpion Violente, le groupe qui souille le dance floor, fait hurler les gnous, et sent le stupre, la luxure et les pratiques que la morale réprouve.

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