Megaman Legacy Colection 2 : une nouvelle compilation…

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Cette compilation regroupe les titres suivants : Megaman VII, 8, 9 et 10. Finalement, il n’y a guère grand-chose à dire à son propos, si ce n’est que voilà l’occasion pour les plus jeunes d’entre nous, s’ils ont une once de curiosité, de redécouvrir deux titres anciens, et pour tous les autres de revivre le fameux reboot de la saga classique Megaman, avec ce qui est sans doute la meilleure déclinaison de ce héros emblématique de chez Capcom depuis un bon bout de temps.

Megaman VII sortit sur Super Nintendo à une époque où l’androide de Capcom avait ouvert une série dans la série avec la saga « X », et était resté dans un anonymat relatif, ce quik est assez injuste au regard de sa qualité intrinsèque.  Certes, Capcom pouvait redouter une forme de lassitude du public devant le schéma déjà plus qu’éprouvé des Megaman (6 épisodes sur NES et 5 sur Game Boy, rien que ça), d’où sans doute une discrétion assez prononcée à l’endroit de ce septième volet. Et pourtant (ou plutôt en effet) on y retrouve tous les ingrédients de la recette à succès  : boss à dessouder dans l’ordre, action-plate-forme de bon aloi selon un principe « écran par écran », items secondaires incontournables et  difficulté élevée mais encourageante.

Megaman 8 est en revanche un peu le parent pauvre de cette compilation (et de la série). Avec son approche graphique très colorée, cet épisode est un peu trop « propret » pour être honnête, et on  peut se trouver quelque peu égaré devant le reste : une action moins intense, une action trop souvent interrompue et un scénario rien moins que parfaitement superfétatoire pour une réalisation qui cette fois sent le déjà-vu à plein nez, ce qui est étrange vu que le jeu tentait de se démarquer des épisodes précédents avec son aspect dessin animé. Un jeu qui reste honnête, mais soyons honnêtes également : Capcom a manqué d’inspiration et nous propose ici un produit ripoliné mais qui ne masque pas un réel manque d’investissement. Il fallait certes le faire figurer car il s’agit bel et bien d’un Megaman, mais assez peu marquant. Surprenant quand on sait qu’il s’agissait pourtant de l’épisode de l’arrivée de Megaman sur Playstation. Une réussite au moins technique, mais ce sera tout.

Megaman 9 et 10 par contre seront les véritables atouts de cette compilation. Enfin un créateur de jeux s’est aperçu que toujours donner dans la surenchère de 3D et autres effets tape à l’oeil ne suffirait pas toujours, et qu’il serait sans doute une bonne idée d’enfin repenser un peu à ceux qui dans les années 80 et 90 maniaient déjà ce vaillant androide ! Megaman 9 oublie donc toutes les fioritures, tous les artifices de l’évolution pour assumer tel un bras d’honneur de revenir à ce qui se faisait en un temps que les moins de 25 ans ne peuvent pas connaître. Et la vache que ça fait du bien ! Enfin du bon pixel comme sur NES, enfin une difficulté nettement revue à la hausse et qui éveillera de délicieux souvenirs à tous les guerriers du paddle. Bref  après une longue période d’attente plus ou moins insensée, plus ou moins désespérée, les vieux briscards peuvent enfin crier haut et fort que cette époque n’est pas si ingrate ! Le jeu suivant  semble confirmer cette tendance qui plus que jamais résonne comme un aveu : on a beau tenter de toujours moderniser, c’est bien dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs brouets. Oui, Megaman 9 et 10 sont vraiment tout ce qu’un vieux routard pouvait espérer de mieux et une exemplaire définition d’un reboot réussi. Ah, si Mario avait suivi cet exemple. Pour le reste, on a droit à quelques bonus pour tenter de justifier le tout, mais bon, une compilation reste une compilation, et s’il est encore des amateurs de Megaman qui n’ont pas pu profiter des deux épisodes « reboot », cette compilation et son prix sont plus que recommandables. Bon, les joies de Megaman 9 et 10 sont assez particulières, mais retrouver des sensations d’antan justifie bien quelques crises devant son écran et le langage fleuri qui va avec.

Sortir une compilation, c’est toujours un moyen comme un autre de rester sous les feux de l’actu avec du vieux, et si tout ceci semble très lapidaire, c’est sans doute car la vocation première de ce type d’initiative est avant tout lapidaire. Bref : quatre titres qui iront bien à ceux qui révèrent toujours le Blue Bomber (exception faite peut-être du Megaman 8, en deçà de la moyenne), et à ceux qu’un vrai challenge n’effraie pas.

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A propos de l'auteur

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Joueur qui balance entre deux âges, plutôt des neiges d'antan que de la dernière averse. Révolté permanent, contestataire patenté, il n'y a que les jeux vidéo et la grammaire française dont j'accepte de suivre à peu près les règles, dans l'ivresse des pixels et des mots.

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