Bonsoir et bienvenue dans la chronique où le pixel règne en maître (oui, je suis à cours d’idée pour mes intros, et en plus j’ai de la fièvre alors va falloir être indulgent!). Mais fièvre ou pas, loin de moi l’idée de vous abandonner, mais il va falloir lutter. Et quoi de mieux pour vaincre sa léthargie fébrile que de se taper un bon petit entraînement commando ? Oui, je sais, on pourrait simplement prendre une aspirine et boire un bon grog emballé dans une couverture, mais je n’ai pas de simulation de grog-couverture dans mes cartons, alors qu’une simulation d’entraînement commando, j’en ai une, et pas des moindres! Allez, bande de moules, c’est parti pour transpirer, souffrir, pleurer en cachette (car un vrai mec, ça pleure pas!) (enfin, pas en public en tout cas), car je vais faire de vous des guerriers à la Combat School!

TOMAGIQUEcombatschoolpubMais bon, soyons sérieux deux minutes. Vous avez probablement tous croisé dans votre vie un de ces joystick-wreckers, ou Destructeurs de Joysticks (ça sonne pas mal en français, en fait), ces jeux où pour faire avancer votre personnage, vous deviez secouer frénétiquement le joystick de droite à gauche jusqu’à ce que soit votre bras, soit votre joystick ne puisse plus suivre. Généralement, c’était le joystick qui craquait. Et bien ma première expérience dans le domaine, c’était le fameux Combat School. Une réalisation impeccable, des graphismes magnifiques pour un Amstrad, et une difficulté sans pitié, Combat School était une petite tuerie, mais s’avérait quasiment injouable sans ruser. Car les épreuves de force impliquaient que vous soyez capable de bouriner votre joystick ET de rester attentif à l’action, car il fallait gérer les sauts au bouton! Autant dire que si vous aviez opté pour un stick à gâchette, vous aviez perdu d’avance. D’ailleurs, de façon générale, ces sticks à gâchette grinçante tout en plastique était destinés à mourir bien vite, et la moindre partie de ce type de jeu suffisait à les faire passez de vie à trépas. Mais quand bien même vous aviez un joystick à boutons capable de résister aux maltraitances imposées par le jeu, il fallait encore être capable de soutenir le rythme de fou imposé par le jeu tout en gérant ces saletés de sauts…

TOMAGIQUEcombatschoolfirst

Ah, les belles couleurs du CPC…

… A moins d’être à plusieurs sur le coup. Et c’est à cette ruse que j’ai dû recourir, convoquant une équipe de trois fighters entraînés. Le premier, à genoux sur le sol, le regard dans le vide, devait secouer la manette avec frénésie. Le second, tout entier concentré sur l’écran, gérait les sauts à la barre espace, avec un timing exemplaire, au frame près. Alors à quoi servait le troisième lascar, me direz-vous ? A « motiver » le secoueur de manette, évidemment! On joue à une simulation d’entraînement au combat, oui ou non ?! Insultes, coup dans les côtes, hurlements, on pouvait parler d’immersion totale. Pas d’inquiétude, aucun gamer n’a été blessé pendant la rédaction de cette chronique, ni même pendant les parties endiablées de Combat School. Sans compter qu’évidemment, les rôles s’échangeaient, et le troufion devenait rapidement instructeur, et avait donc l’occasion de rendre la pareille au précédent « motivateur de troupes », si celui-ci s’était montré trop zélé. Reste que les parties étaient prenantes, entre franche rigolade et frénésie immersive (tout en veillant à ne pas dire trop de gros mots ni à hurler trop fort, histoire de ne pas se faire interdire l’accès au CPC parce que « après vous n’allez pas réussir à dormir si vous vous excitez comme ça! » « Mais moman, on joue, juste, allez!! »).

'culé de stage 3!

‘culé de stage 3!

Mais assez vite, nous avons été confrontés aux failles de notre jeu d’équipe. Car si pour le premier stage, un parcours du combattant avec obstacles et en scrolling horizontal, notre technique était parfaitement adaptée, et que le second stage, tir sur cible, se torchait relativement facilement malgré la lenteur de déplacement du viseur, dès le troisième stage, les choses se corsaient. Cette fois-ci, le personnage se déplace vers le haut et le joueur doit à la fois secouer la manette pour le faire avancer, le faire sauter par dessus les obstacle (jusqu’ici, pas de problème), mais en plus réussir à diriger sa course!! Oui, avec le joystick!! Autant dire que la technique du « je regarde pas l’écran et je bourine » s’est avérée caduque. Encore aujourd’hui, je trouve cette idée ultra perverse, et je ne sais pas trop comment on a fait pour passer ce stage, rester sur le pont, traverser la flotte avec la barque. Reste que le troisième stage a eu raison de notre triple alliance et de notre enthousiasme. Et nous n’avons jamais vu la fin de ce jeu, car notre petite communauté de CPCistes pratiquait le turn-over ludophage.

Oui, à l'époque on avait le temps d'admirer les pages de présentation, alors fallait pas se louper!

Oui, à l’époque on avait le temps d’admirer les pages de présentation, alors fallait pas se louper!

Combat School reste un souvenir ému d’une épique époque, où les jeux, qu’ils soient aventure textuelle, plateforme, combat, réussissaient à nous faire littéralement voyager, où les éditeurs avaient des noms évocateurs comme Lankhor, Delphine Software, Ocean, Psygnosis (ou encore Ubi Soft les Survivants!), où le temps de chargement n’était pas perçu comme une nuisance, mais faisait partie intégrante du rituel, l’excitation grandissant à chaque seconde (bon, pour les jeux en cassette, il fallait quand même s’accrocher!). Bon, ça suffit pour aujourd’hui, on s’est refait une santé, on a versé une larme sur la Belle Epoque, ma mission est accomplie et je vous donne rendez-vous, au risque de vous surprendre, dans sept jours, pas plus, pas moins.

toma überwenig

1 réponse
  1. Olivier
    Olivier dit :

    Bonjour

    En réalité ce jeu était très simple, mais pour une raison que j’ignore personne ne savait utiliser les commandes correctement…
    Il ne fallait pas bouger le joystick de gauche à droite, mais le faire tourner, et le personnage avançait beaucoup plus vite : Je finissais le 1er parcours avec plus de 10 secondes d’avance à chaque fois, et le jeu complet sans trop de difficulté.

    Répondre

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *