Bienvenue dans la chronique du vendredi, un poil en retard car assurée par votre dévoué moi-même proche de l’agonie. Mais pas de tire-au-flanc dans l’équipe du Serpent, que ce soit dit! Terrassé par la fièvre, je rassemble ici mes dernières forces par amour de la magie du jeu (et aussi parce qu’un membre de la milice spéciale du site a un flingue braqué sur ma tempe, mais surtout par amour du jeu) (si, si, je vous assure!). Et comme cette semaine, on cesse de dénoncer les ruses sadiques de nos programmeurs préférés pour revenir à notre vocation d’origine, à savoir le partage passionné et la déclaration d’amour enflammée, quoi de mieux pour ce faire que de parler d’une scène d’un des deux meilleurs Final Fantasy  ? Normalement, là, je devrais troller sur le VIII, mais comme mon coeur est rempli d’amour (à moins que ça ne soit la fièvre…), je vais passer sur cette occasion en or, exceptionnellement (et le fait que le membre de la milice spéciale qui pointe son gun sur moi soit un fan du VIII n’a évidemment rien à voir avec ce magnanime choix, bien entendu!). Contentons nous de dire que clairement, ce n’est pas du VIII que je parlais un peu plus haut, histoire de dissiper les éventuels doutes…

TOMAGIQUEff6Allez, cessons les enfantillages et creusons dans nos mémoires de gamers, notre inconscient collectif… Si vous suivez cette chronique, vous savez déjà que je n’ai pas eu la chance d’avoir une console quand j’étais petit, et que ce n’est qu’à partir de la PlayStation première du nom que j’ai troqué la disquette pour le CD. J’avais déjà vécu le septième épisode lorsqu’est sortie la réédition du sixième opus, pleuré à chaudes larmes la mort d’Aeris, qui avait emporté avec elle au fond du lac ma foi naïve en l’immortalité des personnages de RPG. C’est donc fragilisé, vulnérable que j’entrais dans l’aventure, tétanisé dès la séquence d’ouverture (originelle, hein, pas l’intro rajoutée pour les besoins de la version PS), absorbé par le générique défilant et son thème enchanteur, séduit par la belle et mystérieuse Terra, bref, conquis dès les premières minutes de jeu, plus intensément encore que lorsque je m’étais frotté au VII, ce qui n’est pas peu dire. Bon, le principe de cette chronique, vous le savez, c’est de choisir un moment fort, où l’immersion est telle que la réalité bascule et que le coeur chavire, mais avec un sommet comme FFVI, difficile de choisir, tant les moments mémorables, magiques se bousculent, s’enchaînent avec souplesse sans briser l’enchantement originel. Néanmoins, quelques scènes trônent dans les mémoires, comme la magistrale scène de l’opéra dont on a tous (ou presque) rechanté au moins mentalement les paroles qui défilaient à l’écran. Mais vous vous doutez bien que si j’ai pris la peine de remuer le couteau « Aeris » dans nos plaies communes, ce n’était pas juste pour la forme…

La plage de la fin du monde...

La plage de la fin du monde…

Le monde venait de s’effondrer… Kefka venait de gagner… Tous les héros étaient potentiellement morts… L’échec était total. C’est sur une terre dévastée, hantée par un souffle sinistre à travers lequel résonnaient des accords d’orgue à vous arracher le coeur que s’ouvrait la scène. Célès vit sur une île avec un autre rescapé qui l’a recueillie et soignée alors qu’elle était inconsciente, et qu’elle appelle désormais grand-père, bien qu’aucun lien de parenté ne semble les unir, mais dans un monde en ruine, c’est de l’ordre du détail, et elle goûte à la chaleur d’un foyer, une faible lueur d’espoir perdue dans les ténèbres ambiantes. Mais voilà, le vieil homme est malade. Quelques poissons frétillent au bord de la plage et l’on doit pêcher pour nourrir notre bienfaiteur. Si certains gamers ont eu le réflexe de choper les gros poissons d’office, sentant le coup fourré, je n’ai personnellement pu qu’attraper de la friture (dextérité : -5)… Ce qui a eu pour résultat de faire mourir le vieil homme!! Mais pas seulement, non, ce serait trop joyeux comme conclusion! Non seulement le vieil homme meurt, mais Célès, accablée par la solitude, la culpabilité, le désespoir, décide de mettre fin à ses jours et se jette du haut de la falaise sur l’autre versant de l’île… Et c’est la fin du jeu, merci d’avoir fait confiance à Square Enix, revenez quand vous voulez!TOMAGIQUEff6suicide2

… euh, bon, ok, ce n’est pas la fin du jeu, mais l’intensité du drame était telle, et la possibilité de la mort de Célès tellement réelle que j’en ai pleuré, tout simplement, toutes vannes ouvertes, sans retenue, morve au nez et tout, comme devant Dancer In The Dark ou Breaking The Waves de l’ignoble Lars Von Trier.. Vous allez me dire que j’ai la larme facile, mais on peut pourtant compter sur les doigts d’une main les jeux qui m’ont vraiment fait pleurer, et deux doigts sont assignés à des FF, donc oui, mais pas tant que ça. C’est simplement que la force de ce passage est telle qu’il est impossible de lui résister, sauf si l’on a l’âme d’un cyborg qui aime torturer des chatons (ou que l’on est fan de FF VIII). Le savoir-faire à l’oeuvre dans ce passage est à l’image de la puissance évocatrice globale de ce jeu parmi des plus grands, toute ère confondue, qui reste encore aujourd’hui tristement inégalé. J’aurais certainement moins pleuré si j’avais su qu’il était possible de ne pas faire mourir le vieil homme malade en lui donnant de bons gros poissons bien fessus, qui ont pour résultat de lui redonner le peps au lieu de le tuer à petit feu, mais bon…

C’est donc sur un flot de larmes, une explosion d’émotion et une poussée de fièvre et cet extrait musical que je vous abandonne, en vous donnant bien entendu rendez-vous dans sept jours, pas plus, pas moins (euh, bon, on va dire six, vu que je suis à la bourre, mais je vais pas changer ma « catch phrase », si galvaudée soit-elle, pour autant, hein!).

4 réponses
  1. Delnics
    Delnics dit :

    Les RPGs, ce n’est pas mon truc, c’est un genre de jeu auquel je suis complètement hermétique (à 1 ou 2 exceptions près) et pourtant j’ai déjà suivi une soluce de ce FFVI et il faut bien l’admettre, c’est une claque, peut être même bien plus que FFVII qui ne m’a jamais donné vraiment envie, même à regarder de loin (ahah, je vais me faire cracher dessus :p).
    Tout ça pour dire que je comprends que tu verses ta petite larme Toma (comme quoi avec quelques pixels colorés et un son 16 bits dépassé, on peut faire des merveilles ^^).

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    • Toma Überwenig
      Toma Überwenig dit :

      Merci Delnics pour ta compassion lacrymale ;’-) !
      En fait, tu mets carrément le doigt sur le noeud du problème, mine de rien.
      Les gros pixels old school et leur nombre de couleurs inférieurs à ceux d’une boite de crayons de coloriage sont évocateurs, laissent l’imagination du joueur combler les trous, et « forcent » son implication dans l’histoire, le poussent à « créer » un chateau gigantesque là où l’on ne voit que trois tours, deux salles et demi et un donjon. Le rêve est mis à contribution, activement.
      Le septième épisode est déjà victime du début de la 3Disation, lorgnant sur une sorte de photoréalisme, ou tout au moins une finesse de graphisme qui ne laisse plus cette part de rêve intacte, tout est dit, montré, et non plus suggéré. Il ne fait plus appel au flou artisticopoétique du « gros pixel », et se mange donc en pleine face, génération après génération, des coups de vieux successifs, et plus ça avance, plus ça devient difficile d’entrer dans la danse (ça l’était déjà, triste constat, mais simplement réaliste, à l’époque de la PS2, alors maintenant, j’en parle même pas… Ce n’est pas pour rien que les fans pleurent pour avoir un portage HD depuis que la HD existe, c’est parce que même eux(et moi avec eux d’ailleurs) saignent des yeux à chaque lancement de FFVII^^)

      Comme quoi, le Pixel Art, le retrogaming et compagnie, ce n’est pas seulement un truc de vieux con d’une autre génération, il y a vraiment quelque chose de fort, d’évocateur dans cette période bénie, qui disparaît une fois que tous se jettent comme un seul homme dans la faille HD!

      Bref, non, je ne te cracherai pas dessus parce que tu refuses de t’agenouiller devant le royal FFVII^^!

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  2. Yannou
    Yannou dit :

    Quel regret de l’avoir vendu, parceque ça talker en Anglais Toma je mérite une torture péruvienne!!! maintenant faut le retrouver. Tiens en attendant je me ferais bien un FF 8 😉 Très bon article nostalgique.

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  3. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Merci mon Yannou (membre émérite de la milice spéciale 😉 ) !
    Bon allez, une petite torture péruvienne histoire de te remotiver pour choper la bête, ça ne se refuse pas, je prépare mes lames rouillées, les chaînes et quelques litres de cocktail jus de citron -vinaigre – poivre – sel – tabasco, et j’arrive!

    Mais je comprends que ça puisse gâcher le plaisir d’être obligé de traduire les dialogues dans sa tête, c’est plus dur de rentrer dans le jeu, ça casse le rythme à mort, surtout que c’est pas comme si le scénario était de l’ordre du détail, forcément! Si par hasard tu as aussi acheté une Wii parce qu’il y avait un jeu et demi qui t’intéressait dessus, il est dispo sur console virtuelle, faut juste vérifier la langue ;-)!
    (et sinon il reste l’ém… euh, non rien…)

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