Bienvenue dans la chronique où l’on partage les moments d’émotion, de gloire, mais aussi de honte. Aujourd’hui, petit détour par l’antiquité vidéoludique pour parler d’un évènement qui fait désormais quasiment partie de l’inconscient collectif de tout possesseur d’Amstrad CPC : la quête pour atteindre la fin de Mata Hari.

Le jeu était plutôt pas mal, en tout cas vu à travers les yeux d’un pré-ado même pas encore boutonneux, mais l’acharnement de la jeunesse sur ce soft trouvait son origine dans une rumeur qui circulait dans la cour de récré : lorsque la sensuelle espionne retrouve l’agent Walls à la fin du jeu, en pure femme fatale, elle se jette sur lui dans une étreinte torride et dénudée… Bref, une scène de fesse dans un jeu vidéo, une motivation plus que suffisante pour s’y coller comme il faut et secouer le bâton de joie (…c’est pas moi qui ai appelé les manettes des joystick, ne me regardez pas avec cet air dépité!). Il fallait bien évidemment que je vérifie de mes yeux la véracité de ce qui me semblait tenir du mythe (enfin, a-t-on idée, de la fesse dans un jeu, c’était trop beau pour être vrai!). J’ai donc profité d’un mercredi après-midi pour me rendre chez un ami qui s’était procuré le jeu, muni de ma motivation sans faille et de ma manette de combat (la seule qui ait survécu à Combat School). Et nous attaquons ce jeu plein d’ennemis à abattre, d’explosif à récupérer, sous le regard bienveillant de la jolie blonde sexy, voire un peu vulgaire, et en double exemplaire s’il-vous-plait, de chaque coté du tableau de score en bas de l’écran. Quelques heures occupées avec acharnement à grimper des étages, tuer des sbires et faire exploser des choses plus tard, la belle retrouve Walls.

Mata Hari, end, frame 2. (it’s a fraaaaaaame!!!)

Et là, sous nos yeux émerveillés, notre belle héroïne, en trois frames accompagnés chacun d’un sensuel « bip », fait un premier pas vers lui  tout en retirant d’un coup ses habits (premier frame), continue son avancée en retirant son bandeau frontal (second frame), pour succomber à l’étreinte de son amant (troisième frame, avec un bip d’une autre tonalité et plus long!), debout et cambrée en arrière dans une position étrange évoquant plus les scènes coupées de l’Exorciste qu’une étreinte sexuelle, le bellâtre restant parfaitement immobile durant ces surréalistes secondes. Une fois dissipé le sentiment d’avoir été blousé en beauté, je suis rentré chez moi, après avoir pris soin de copier le jeu, car dès le lendemain, j’alpaguais un camarade de classe pour lui raconter les exploits de la veille, en omettant bien entendu de mentionner la durée de la scène finale et la déception éprouvée. « Ben tiens, je l’ai fini, si tu veux, je te le prête, hé hé, hé… »

A la façon de la malédiction du film Ring, afin de survivre à la frustration et au regard entendu et narquois de celui qui avait transmis le flambeau, la nouvelle victime se devait de répéter ce rituel, entre bizutage et tradition. Ainsi naissent les légendes urbaines… Et c’est ici que je vous abandonne en vous donnant rendez-vous dans une semaine, pas plus, pas moins.

toma überwenig

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