Bienvenue dans la chronique réservée aux souvenirs émus, aux sensations perdues dans les replis de nos mémoires fatiguées, l’endroit où il fait bon revivre nos souvenirs de gamer. Cette semaine, ce sera un cas particulier, puisqu’il ne s’agit pas vraiment d’une scène de jeu, mais d’une longue quête personnelle, axée autour de l’excellent Psycho Soldier, paru en arcade chez SNK en 1987.

Vous le savez déjà (ou pas), mais j’ai grandi avec les jeux d’arcade, à l’époque où les patrons de bar n’étaient pas trop regardant sur l’âge de ceux qui rentabilisaient l’achat de leurs bornes arcade avec leur argent de poche, et où la fête patronale d’Ars-sur-Moselle débarquait chaque été avec son stand dédiée à ces Déesses Vidéoludique désormais en voie de disparition. Bien qu’il ne soit resté qu’une semaine d’été dans ma ville, chaque jour, il a eu le temps de me marquer, notamment par sa bande-son, une chanson, une vraie, avec des paroles et tout! Chaque jour, je tournai autour de la bête, regardant en boucle la courte séquence in-game de présentation, attendant les quelques rares audacieux armés d’une pièce de cinq francs (trois crédits, tarif non négociable), indispensable pour prétendre s’aventurer dans l’étrange monde post-apocalyptique de ce jeu pas comme les autres.

Cette petite guerrière aux cheveux roses sertis d’un serre-tête étoilé, armée d’une sabre et protégée par quatre boules tournoyant autour d’elle me fascinait. Accompagnée par cette entêtante chanson, elle shootait à tout-va des êtres techno-insectoides et des pervers en imperméables, sautant gracieusement entre les étages au rythme d’un scrolling horizontal continu. Entre le shmup et le plateformer, le jeu m’avait l’air vraiment difficile, intimidant, et l’état de mes finances fit que je n’ai finalement jamais osé mettre quelques francs dans la fente pour m’y essayer. Mais la musique était gravée en mémoire, jusqu’à l’obsession. Toute l’année, j’ai regretté de ne pas avoir tenté ma chance, et j’ai attendu le grand retour de ma petite guerrière et sa chanson chantée en japonais. Malheureusement, le jeu n’ayant pas autant de succès qu’un Shinobi ou Altered Beast, il avait déjà quitté les lieux pour un stand plus volumineux ou l’arrière-salle d’un café parisien quelconque, et ne me restait plus que le souvenir tenace de quelques mesures d’une chanson et quelques images à l’action confuse. Tout aurait pu s’arrêter là, si je n’étais pas tombé quinze ans plus tard sur l’indispensable émulateur MAME, qui m’a permis de revivre tous les moments forts de ma jeunesse vidéoludique… enfin, tous sauf un! Les jeux dont j’avais oublié les noms étaient retrouvés au prix d’efforts considérables à éplucher les listes complètes des jeux disponibles, voire consulter des forums de spécialistes. Mais étonnamment, un espèce de shmup avec une BO chantée en japonais et une fille volante aux cheveux roses n’évoquait rien à personne (bon, au final elle ne volait que dans mon souvenir, et si à l’époque les jeux illustrés par des chansons ne couraient pas les salles d’arcade, la donne avait changé depuis, rendant mes vagues descriptions obsolètes). Je finis par m’avouer vaincu, non sans avoir combattu vaillamment. Mais le souvenir de cette musique avait été ravivé par cette quête, et de me dire que j’avais retrouvé TOUS les jeux sauf un était particulièrement pénible. Mais bon, ça arrive…

Mais un jour, huit ans plus tard, je tombai chez un ami sur une émission sur Nolife du Docteur Lakav’ traitant des origines du personnage d’Athéna qu’on retrouve dans la série des King of Fighters. Et là, c’est en tremblant d’émotion que j’entendis enfin la chansonnette qui m’avait tant obsédé, images à l’appui, c’était bien lui, Psycho Soldier! De retour chez moi, après un passage sur un site d’émulation, presque ému aux larmes, je m’accordai enfin la partie que je n’avais pas pu jouer vingt-trois ans plus tôt. Un pur moment magique, comme une vie de gamer en compte peu! C’est sur ce happy end et sur ce lien vers la musique en question que je vous laisse, en vous donnant rendez-vous dans sept jours, pas plus, pas moins

toma überwenig

3 réponses
    • Toma Überwenig
      Toma Überwenig dit :

      Cest clair!
      A ce qui paraît, ils ont aussi sorti une version de Psycho Soldier sur support CD en arcade (un des rares jeux à avoir eu droit à ce privilège en demi teinte 🙂 ), ce qui permettait d’avoir la chanson en entier, mais bon, je crois que je préfère la voix crachotante de la borne arcade de base ;-)!
      Athena Ikimasu!!

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