Alors que les vacances estivales battent leur plein, le soleil a enfin décidé de montrer le bout de son rayon, j’en ai même réussi à choper mon premier coup de soleil de l’année. Bon, j’avoue, ce n’est pas spécialement un bon exemple, vu que je résiste tellement bien au soleil que même une lampe de poche réussirait à me filer une insolation. Tiens (attention, le roi de l’intro entre en piste!) même la lumière faiblarde du jeu PuckMonster suffirait, même… Comment ? Vous ne connaissez pas PuckMonster ? Damned, vous auriez donc moins de 35 ans, vous, mes deux fidèles lecteurs ?!! Eh bien ouvre tes esgourdes, jeune prépubère de moins de 35 ans, et écoute cette histoire de tonton Burve. Ne fais pas attention si sa voix se brise sous l’émotion, car comprends bien que c’est littéralement de son tout premier moment tomagique qu’il s’agit, avant les game’n watch à deux écrans, l’Atari 2600 chez la voisine, les escapades clandestines dans les bars arsois, avant tout ça. Car, sache-le, la Playhistoire est composée d’une infinité de moments tomagiques qui en tissent la trame. Parfaitement.

TOMAGIQUEpacmanIl a débarqué chez moi par erreur, dans les mains d’un ami d’enfance, mais tu dois avoir l’habitude, maintenant, tu dois savoir que ma formation vidéoludique s’est faite par procuration, par amis interposés, par squattage éhonté des consoles des autres. C’était bien entendu entre Noël et Nouvel An, cette petite phase dont les enfants profitent pour aller attiser la jalousie de leurs amis en jouant au concours de cadeaux (c’est un peu comme un concours de bite en fait : celui qui a le plus gros a gagné) (ou celui qui en a le plus) (exactement comme dans un concours de bite, donc). J’ai tout bonnement oublié ce que j’ai reçu cette année là, car ça remonte à loin, quand même! Par contre, je n’ai pas oublié le cadeau de Riguel (non, il ne s’appelle pas vraiment Riguel, je protège juste son anonymat). Jaune presque fluo, orné d’un petit joystick de fortune, il était aux bornes arcade ce que les miniflippers étaient aux vrais : une mauvaise imitation quasiment injouable mais largement suffisante pour faire rêver un gosse. Car jusqu’à présent, on n’avait connu que les game’n watch à cristaux liquides même pas rétroéclairés, et là, on avait un jeu vidéo, un vrai, qui faisait de la musique et de la lumière!

Gakken: Puck Monster - ????????Avec son tout petit labyrinthe, PuckMonster ne faisait pas le poids par rapport à son modèle, mais honnêtement, personne n’en avait quoi que ce soit à faire, on avait un jeu vidéo à la maison, quoi, un vrai, un gros! Difficile de quantifier et surtout d’expliquer l’impact de ce petit clone loupé de PacMan sur notre petit groupe. Le jeu nous hypnotisait. Je me souviens encore de la beauté de ce jaune teinté de vert, un peu à la façon des matières phosphorescentes, de cette ambiance finalement assez glauque (merde, vous êtes quand même une boule boulimique qui mange d’autres boules coincée dans un labyrinthe avec des fantômes rouges qui vous tuent quand ils vous touchent!). D’ailleurs, peut-être que la couleur en question, celle des murs des stages, des puckgums et de Puckman, m’aura marqué pour de mauvaises raisons. Car elle était intimement liée au défaut principal du jeu (…bon, un de ses défauts principaux, disons…) : sa très faible durée de vie.

Je ne parle pas de sa durée de vie vidéoludique, car PacMan, c’est un peu comme Tetris, c’est virtuellement infini (je dis virtuellement, car certains ont réussi a torcher les 256 niveaux de la bête jaune, voire même atteindre le score parfait, en mangeant toutes les gâteries et tous les fantômes!), non, je parle de sa durée de vie littérale, celle de ses piles!! Et de ce coté, crois-moi, c’était vraiment le carnage, car notre petit PuckMonster était carrément gourmand. Du coup, les quelques minutes de rayonnement où les couleurs sautaient au visage, où le rouge ciselé des fantômes tranchait avec ce magnifique jaune-vert si singulier, nous étaient particulièrement précieuses. Car rapidement, la lumière s’affadissaient, flirtait avec le seuil liminal, pour au final se perdre dans les méandres du labyrinthe. Nous avions évidemment trouvé une parade temporaire, histoire de pouvoir jouir du jeu jusqu’à son dernier souffle, en nous camouflant sous une épaisse couverture qui nous protégeait de la lumière. Et ces moments, seuls dans ce labyrinthe, sont de ceux que l’on n’oublie pas, qui marquent une vie. Il est très probable que ma passion du jeu vidéo soit née sous les radiations verdatres de ce mauvais clone de Pacman.

version alternative de PuckMonsters, encore plus fantasmatique!

version alternative de PuckMonsters, encore plus fantasmatique!

Chose amusante, PuckMonster a gardé trace du nom originel de Pacman, qui s’appelait au départ PuckMan. Mais comme à une lettre près, on avait un titre de film porno, le nom a été changé à la dernière minute (pour plus d’information à ce sujet, fais toi-même une recherche internet, regarde Scott Pilgrim vs The World, ou lis le livre d’Erwan Cario « Start »). La raison de la résurgence du Puck originel ici est obscure : moyen simple et efficace de ne pas payer de droits à la licence PacMan et d’éviter un éventuel procès, attaque oblique et vaine de Puck contre Pac ? Puck est-il un peu comme la souris dont j’ai, comme tout le monde, oublié le nom et qui a failli être la mascotte de Disney avant que cet abruti de Mickey ne lui pique la vedette ? Est-ce vraiment élégant de terminer une chronique sur une série de questions ?

copie à l'identique de la borne telle qu'elle aurait dû être commercialisée à l'origine.

copie à l’identique de la borne telle qu’elle aurait dû être commercialisée à l’origine.

Rendez-vous dans sept jours, pas plus, pas moins.

toma überwenig

0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *