Bienvenue dans votre chronique pleine de nostalgie, de souvenirs émus, de moments de gloire, de honte, tous unis sous le signe du Pixel. Aujourd’hui, je vous invite au coin du feu pour vous parler de ce qui pourrait bien être le jeu le plus célèbre du monde, en lice avec Pac Man : Tetris.

TOMAGIQUEtetrisintroJe ne vous ferai pas l’affront de vous présenter le système de jeu, car si vous ne connaissez pas Tetris, c’est que vous êtes… tenez, je ne trouve même pas de plaisanterie à propos, tellement ne pas connaître Tetris me paraît inconcevable. C’est un peu comme Star Trek, que vous aimiez ou pas, que vous ayez regardé la série ou pas, vous connaissez forcément au moins de nom, vous savez vaguement de quoi il en retourne, et vous connaissez même le nom d’un personnage (oui, Spock, pas William Shatner). Donc pour Tetris, c’est la même, vous savez que des formes tombent du haut de l’écran, que vous pouvez les faire tourner, et que le but est de former des lignes complètes avec ces formes pour que celles-ci disparaissent. Et normalement, si vous avez pu toucher différentes versions du jeu, vous savez à quel point un Tetris mal équilibré peut s’avérer frustrant. Il y a une inertie idéale, un dosage optimal de la vitesse, du temps durant lequel on peut faire tourner les pièces pour gagner quelques instants de répit lorsque tout va trop vite, de la fréquence de barres rouges permettant d’engranger des points et de claquer un Tetris. Bref, l’essence du jeu est génialement simple, mais trop souvent on se retrouve face à des clones mal repompés qui n’ont pas saisi l’essence du Tetris. Et comme j’ai eu la chance de goûter dès le départ à la version arcade de Tetris, qui s’avère simplement parfaite, je suis très très difficile dans le domaine.

TOMAGIQUEtetris1Car oui, encore un jeu que j’ai découvert à la Taverne Arsoise, installé entre le flipper et Wonder Boy à ce moment là. Tetris, fort de son succès, a tenu plus longtemps que les autres et aura vu ses voisins changer plusieurs fois avant d’aller s’aventurer dans d’autres salles enfumées. C’était la version ultime de Tetris, avec le petit bonhomme qui vous accorde une danse à la fin de certains stages, qui s’impatiente lorsque vous trainez un peu trop, le tout sur les ancestrales musiques de Tetris – et pas les remix moisis des thèmes de Nintendo comme sur une des versions DS que j’ai eu la malchance d’acheter -, ces thèmes inoubliables parfois lancinants, parfois sautillants, avec une petite odeur de slavitude savamment dosée, faisant écho aux « R » retournés dans les messages, à la page de présentation et au costume du petit bonhomme. Bref, Tetris dans son incarnation la plus efficace, la plus pure, la plus puissante, le « vrai » Tetris. Mais cette chronique ne serait pas ce qu’elle est si je me contentais de vous vanter les mérites du jeu. Non, il faut de l’anecdote, du suspense, de l’aventure… Voici donc ce qui s’est passé un soir d’été à la Taverne Arsoise.

TOMAGIQUEtetriswinComme dans beaucoup de bar de village, une clientèle d’habitués s’était formée au fil des années. La télé dans les cafés n’était pas encore une norme systématique (contrairement au sempiternel juke-box), et celle de la Taverne venait d’être installée. Et ce soir-là était un grand soir, car la 5 diffusait L’Empire Contre Attaque! Tous ceux qui étaient déjà venus la semaine d’avant pour regarder le premier épisode s’étaient donc donné rendez-vous, et il régnait un silence relatif et respectueux dans le bar, la plupart des regards rivés sur le petit poste de télé, le son monté à fond histoire que tout le monde puisse profiter des dialogues, musiques et respirations de Dark Vador, et les clients qui avaient courageusement décidé de ne pas suivre le film et de passer une soirée entre potes chuchotaient pour ne pas déranger (et accessoirement ne pas se faire casser les reins par une meute de piliers de comptoir en furie). Mes amis et moi nous trouvions là par hasard, mais emportés par l’ambiance générale, nous avions décidé de jouer le jeu, et comme je n’avais jamais vu cet épisode (pas grand fan de Star Wars, le burve), j’ai profité de cette occasion pour combler le manque.

Dans tous les groupes, il y a un chieur, un casse-burnes, une forte tête. Dans ce groupe-ci, deux ou trois Cyril se sont succédé, ayant en commun ce trait de caractère frondeur. Et notre Cyril local n’aimait pas non plus Star Wars, plus pour faire chier le monde qu’autre chose. Alors forcément, au bout d’une petite demi-heure à parler trop fort sans réussir à obtenir de réponses de plus de trois mots, sur fond de soupirs agacés et de « Shhht! » menaçants, son coté obscur se réveille, et le gaillard se met à tourner en rond en cherchant vraisemblablement le moyen le plus efficace de se mettre le café à dos. Après avoir lorgné longuement sur le juke-box, il s’est assis calmement pendant un long moment. Arrive la scène finale avec Dark Vador. Grand moment de tension, personne ne moufte, tout le monde est à fond dans le film, quand soudain… La musique du premier stage de Tetris retentit!! L’animal avait craqué, et avait décidé de faire une partie de Tetris pour tuer le temps! Sachant que la borne était dans la même salle que la télé, vous pouvez imaginer l’ampleur du carnage…

TOMAGIQUEtetrisarcadeLes clients l’ont-il laissé finir sa partie ? L’ont-ils laissé tout simplement en vie ? Ma bouche est close, et vous ne saurez rien de plus. Sachez simplement que c’est une histoire vraie, et qu’à chaque partie de Tetris, je repense à ce grand moment, et je ricane intérieurement. C’est là dessus que je vous donne rendez-vous dans sept jours, pas plus, pas moins.

toma überwenig

0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *