TOMAGIQUEWardnerborneBienvenue dans la rubrique où les pixels se reflètent dans des larmes de nostalgie, et où l’on revit par procuration les souvenirs émus des autres. Depuis le début de cette chronique, je me cantonne à anecdotes liées à des jeux que j’ai découvert au moment de leur sortie ou peu après. Aujourd’hui, c’est un petit peu différent, car je vais vous parler d’un jeu que j’ai effectivement découvert à l’époque, dans un café Arsois, le Lion d’Or (un des moins glauques de la ville grâce à son entrée en baies vitrées qui captait bien la lumière). Néanmoins, ce n’est pas de la découverte dont il sera question, mais de la redécouverte du titre, une dizaine d’années plus tard.

TOMAGIQUEWardnertitleJe venais d’emménager dans une maisonnette ridiculement petite à Rombas, et jouissais pour la première fois des plaisirs de la vie de couple loin des parents (oui, je sais, je suis un « late bloomer, ok?! Bon!). Je profitai évidemment de cet élan de liberté et d’autonomie pour me faire arnaquer par les truands de l’industrie informatique et acheter mon premier PC en suivant les conseils mal avisés d’un vendeur sans scrupule. Amputé d’un salaire et pas encore au courant du fait que je m’étais fait plumer, j’ai pu enfin surfer sur le net, avec une connexion à 128k! Le futur était à portée de main! Et mon âme de gamer m’a assez vite porté, à travers les pages de Google chargées à la vitesse d’une petite mobylette dans une montée un peu rude, vers les jeux de ma jeunesse, avec l’espoir naif de retrouver de quoi jouer aux jeux d’arcade, ayant trop longtemps souffert d’adaptations bâclées. Imaginez ma surprise, ma joie lorsque je suis tombé sur MAME! Tous les jeux de l’époque étaient à portée de main!!

TOMAGIQUEWardnerstageoneC’est donc la larme à l’oeil que je traçais la carte de mes souvenirs vidéoludiques, frénétiquement, avec des petits cris de joie (oui, certains vont direct vers le porno quand ils chopent internet, moi c’était vers les jeux, chacun ses priorités!). Mais rapidement, une fois l’euphorie passée, me revint à l’esprit une question qui m’avait torturé des années durant : quel était ce p%£@in de jeu qui m’avait purgé d’une bonne portion de mon argent de poche, celui à la gauche du flipper, ce jeu de plateforme ultra dur qui faisait passer une partie de Ghosts’n Goblins pour une ballade dans un parc par une journée d’été ? Des années, cette question m’avait fait saigner des yeux, car au fil des conversations, on retrouvait toujours tous les titres sauf ce trio infernal!!! Et donc, un soir, j’ai décidé d’en finir. Je me suis posé au bureau, et méthodiquement, j’ai épluché la liste de tous les jeux MAME, titre par titre, en cliquant sur le lien dès que le nom m’évoquait vaguement quelque chose afin de voir une image du jeu. Et vu la rapidité de l’internet de l’époque, je vous laisse imaginer le temps qu’il a fallu, les maux de têtes, les saignements de nez, les coups de poing dans les murs (bon, j’exagère un peu, j’avoue). Mais au bout de quelques sessions, et une petite centaine de titres téléchargés plus tard, j’avais un des trois jeux maudits : Wardner.

Ca ne vous rappelle pas quelque chose, cette carte ? Un autre jeu, avec un chevalier qui montre ses fesses ? Non ? Bon, ça doit être moi qui délire...

Ca ne vous rappelle pas quelque chose, cette carte ? Un autre jeu, avec un chevalier qui montre ses fesses ? Non ? Bon, ça doit être moi qui délire…

Difficile de partager avec des gens « normaux » – ou du moins ayant une relation aux souvenirs et aux jeux plus « mesurée » que la mienne – ce que ce moment a représenté pour moi, j’étais juste fou de joie! J’avais trouvé le Saint Graal! Le jeu n’est pas ultime en soi, mais vu le temps passé à chercher ce jeu, et le temps passé à y jouer à l’époque, l’effet Madeleine de Proust était suffisamment présent pour qu’il me procure des feelings dignes des plus grands. Et honnêtement, il n’en est pas si éloigné que ça, dans son genre. Si la maniabilité n’était pas top, notamment à cause de la gestion étrange des chutes (lorsque le personnage sautait, on pouvait le diriger dans les airs, mais si vous vous laissiez tomber d’une plateforme, c’était la chute rectiligne sans possibilité d’altérer la trajectoire, des morts stupides en perspectives, j’vous l’dit!), les graphismes étaient magnifiques. Ce jeu représente un peu à mon avis une réponse de Taito (associé à Toaplan pour le coup) au succès de Capcom avec Makaimura, à la croisée entre ce dernier, Rastan pour la structure de certains niveaux, et un coté un peu kawai qu’on retrouve notamment dans Bubble Bobble ou dans Newzeeland Story, sans oublier un arrière-goût de Shadow of the Beast. Bref, un produit Taito plutôt original, mais qui n’hésite pas à picorer gentiment du coté de Capcom – comme par exemple le coup de la carte en début de niveau, bien Makaimura dans l’âme. Et le résultat, sans être exempt de défaut, tient quand même du haut du panier, avec ses designs de monstres particulièrement inspirés, et parfois assez glauques, ses stages parfois retors dans la pure tradition du die and retry, son système d’armes, ses magnifiques graphismes, et sa partie sonore des plus honorables. Et il aura toujours une place particulière à mes yeux.

TOMAGIQUEWardnermonsterEt voilà, une nouvelle chronique de finie, un nouveau moment tomagique partagé, et un nouveau rendez-vous pris, dans sept jours, pas plus, pas moins.

toma überwenig

 

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