Du côté de chez nous

Chez les Occidentaux, l’influence nordique est bien présente. Par touche ou par rouleau, de nombreuses équipes ont puisé dans les mythes des hommes du Nord pour créer leurs jeux voire leur propre lore.

Reprenons par exemple les différents univers soutenus par Yggdrasil. À chaque monde une ambiance, prétexte à un plateau de jeu nouveau. On peut ainsi aller voir une partie d’Asgard avec Brawlhalla, jeu de type arène PvP, qui reprend le principe du Valhalla (brawl = bagarre). Avec le temps, de nombreux guerriers du monde entier (voire de l’univers) sont amenés à la halle divine par les Valkyries qui ne chôment pas, et ne cessent de se battre en attendant de festoyer, si bien qu’Odin lui-même décide d’organiser le Grand Tournoi de Valhalla : Brawlhalla. Le principe du jeu est exactement le même que Super Smash Bros. : le but est d’éjecter son adversaire hors du ring. Les guerriers peuvent s’affronter en ligne ou en local, jusqu’à 8 joueurs simultanément (4v4). Libre à vous de préparer le festin qui suit pour rassasier tous ces guerriers chez vous…

Brawlhalla – Falcon Punch version nordique

Si vous préférez vous aventurer au royaume des Géants, Jotun est pour vous ! On y incarne Thora, une guerrière nordique décédée mais n’ayant pas mérité sa place au Valhalla en raison de sa mort non héroïque. Elle se retrouve vraisemblablement à Jötunheim à la place et doit dès lors terrasser ces géants, les Jötunn, afin d’impressionner les dieux et gagner sa place au paradis des guerriers. Léger écart par rapport à la mythologie, les géants ne sont pas uniquement de glace, mais élémentaires (probablement pour varier les plaisirs des combats).

Jotun – On est loin du climat montagneux et polaire de Jötunheim…

Changement de décor, avec Hellblade, nous nous rendons à présent à Helheim, royaume froid et brumeux des morts banales et peu glorieuses. On dirige une guerrière picte bien décidée à sauver son défunt mari des griffes de la déesse Hel, maîtresse de ces lieux forts accueillants (non).

Open world en 2D encore en accès anticipé, dans Niffelheim, on joue un guerrier mort au combat (pour changer) mais qui n’a pas mis la bonne adresse de livraison sur son âme et se retrouve à Niflheim au lieu d’Asgard, monde situé sous Helheim et réputé pour être encore plus froid que le précédent, et accueillant cette fois les morts de maladie ou de vieillesse (de mieux en mieux). Qu’à cela ne tienne, le malheureux pas moins valeureux va faire la route à pied, tout seul, jusqu’au Valhalla. Na !

Si vous désirez continuer le voyage, il va falloir attendre que de courageux studios nous fassent des jeux prenant place à Muspellheim, ou encore Svartalfheim (à tes souhaits). En attendant, vous pouvez aussi en apprendre plus sur un squatteur d’Yggdrasil, dans le “sublime” Nidhogg. Jeu de duel à l’épée où le perdant sera dévoré par Nídhögg, dragon vivant sous l’une des trois racines d’Yggdrasil, qui démembrait et dévorait les cadavres le jour, et grignotait les racines de l’arbre cosmique la nuit (charmant).

Nidhogg – Une beauté incomprise

Outre les visites guidées des nombreux royaumes nordiques, il semblerait qu’il existe une coutume chez nous, qui consiste à faire un medley de mythologies, en les faisant coexister à travers les yeux d’un ou plusieurs héros. C’est le cas de Loki et Titan Quest.

Dans Loki, il y a quatre héros à incarner, dont un guerrier nordique, qui nous emmènera sur les terres scandinaves, où il faudra notamment tuer Fenrir, fils de Loki.

Loki – Sans coup Fenrir

Chez Titan Quest, dont l’édition anniversaire et le récent DLC Ragnarok sont édités par THQ Nordiq (ça ne s’invente pas), même combat : le héros commence sa quête en Egypte, en Grèce puis en Asie antiques, pour finir, je vous le donne en mille, par les terres du Nord.

On retrouve également des éléments mythologiques dans quelques jeux de stratégie, notamment Age of Mythology. Construit sur le modèle d’Age of Empire, le stratège que nous sommes va pouvoir choisir de vénérer des dieux ou déesses de la mythologie grecque, mais aussi égyptienne ou nordique, lui conférant des pouvoirs à la hauteur de la vénération.

Notre archéologue préférée (après Indiana Jones), Lara Croft, va aussi côtoyer la mythologie nordique dans un épisode de sa série, Tomb Raider: Underworld. Elle y recherche l’équipement de Thor, dont son marteau et sa ceinture, et parcourt à cette occasion le monde entier (puisque Thor a l’air de perdre ses affaires un peu partout) pour accomplir sa quête. L’effet medley est toujours à l’oeuvre, puisque plusieurs croyances du monde entier s’entrecroisent dans cet épisode, notamment, des éléments de la légende arthurienne…

Concernant la référence à la mythologie nordique uniquement, Max Payne, jeu développé par Remedy Entertainment, studios de développement finlandais, n’est pas en reste. Bien que l’action se situe à New York, la volonté de placer des références aux mythes de leur pays est indéniable. Pour faire court, Max est un flic infiltré dans une famille mafieuse afin de démanteler le réseau d’une nouvelle drogue, la Valkyrie. C’est une drogue issue d’un projet militaire secret (révélation de ouf), le projet Valhalla, ayant pour but d’améliorer l’endurance et la loyauté des soldats. Il se rend à un moment dans une boite de nuit au nom évocateur : le Ragna Rock. Il rencontre aussi un certain Alfred Woden, borgne de son état, la première fois dans un immeuble nommé Asgard, et qui est plus ou moins mêlé à la Aesir Corporation (une des orthographes d’Odin est Woden, Asgard est la résidence des Ases, ou Æsir, les dieux principaux de la mythologie), son contact dans la police s’appelle Alex Bolder (rappelant Baldr, un des fils d’Odin), etc. On peut même constater qu’un blizzard fait rage pendant tout le jeu, Max lui-même a l’impression qu’il n’a pas vu le soleil depuis des lustres ; les prémices du Ragnarök sont un hiver de trois ans, où le soleil ne brille pas…

De nombreux jeux empruntent également à la mythologie nordique ses fondements pour créer leurs propres mythologie et histoire. C’est le cas de The Banner Saga par exemple, ou de Magicka.

Chez Bethesda par contre, c’est bien connu, on invente sa propre mythologie. Cependant, dans le dernier The Elder Scrolls, l’histoire se situant dans les terres nordiques de Tamriel, culturellement parlant, les autochtones de Bordeciel ressemblent fortement à nos guerriers vikings, ou du moins la représentation mentale que nous pouvons avoir d’eux. Il en va aussi des noms nordiques, et c’est d’ailleurs là qu’on peut retrouver quelques clins d’oeil à notre monde : Mjoll la lionne, une de vos potentiels acolytes, que vous rencontrerez à Faillaise, et Mjöllnir, le marteau de Thor (on regrette d’ailleurs que l’arme de base de Mjoll soit une hache à deux mains, et non un marteau). On peut noter deux Prêtres-Dragons également, Otar et Volsung ; la comparaison s’arrête néanmoins à l’homonymie. Mais la référence la plus frappante est Sovngarde : créé par Shor, c’est un lieu accessible aux valeureux guerriers nordiques, tombés au combat. Récompensés de leur mort héroïque, les défunts se retrouvent condamnés à ne jamais s’ennuyer car sommés de festoyer et se battre pour l’éternité. Ce “paradis” n’est pas sans rappeler le Valhalla, à l’exception près qu’il ne s’agit pas en réalité de la garnison “spéciale Ragnarok”. Cependant, le combat final contre Alduin, le dévoreur de monde, se déroule à Sovngarde ; clin d’oeil à la partie manquante de la mythologie ?

Skyrim – Volsung, diva aux pieds nus

D’une manière plus générale, le genre médiéval-fantastique est largement utilisé dans le jeu vidéo, et ce genre artistique s’inspire en partie de la mythologie au sens large pour créer son univers, du polythéisme en passant par les créatures merveilleuses telles les dragons. La mythologie nordique va très souvent être associée à la valeur au combat, domaine aussi de prédilection dans la création de jeu vidéo d’un certain type. Il n’est donc pas étonnant de trouver de multiples références à la mythologie nordique, plus ou moins fidèles au récit d’origine, dans un très grand nombre de jeux vidéo occidentaux.

À retenir

Les croyances, religions et mythologies, ont toujours inspiré les hommes pour raconter de nouvelles histoires. La mythologie nordique n’échappe bien sûr pas à la règle. Ses dimensions belliqueuse et épique en font un support parfait pour le jeu vidéo, même si l’on note une propension plus romantique dans les adaptations nippones. L’adage “C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe” s’applique décidément à tous les domaines, et bien évidemment, le jeu vidéo n’est pas exclu, à l’Est comme à l’Ouest du monde.

Elaine Replay, Flbond et Totof

 

4 réponses

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  1. […] par le biais d’une narration verbale bienvenue dans les phases d’exploration à bateau. Une mythologie nordique bien apprivoisée, mais intelligemment et volontairement loin d’être exhaustive pour laisser la […]

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