Little Buddha and Great Ganesha

Ces jeux typés japonais n’hésitent pas non plus à rendre hommage au bouddhisme, au premier rang desquels Muramasa. L’aventure de Kisuke le fera rencontrer Yougenbō, véritable yōkai qui est en fait un moine perverti qui détourne l’usage de son bâton pour en faire une arme de combat. Tandis que Momohime devra affronter Fudo Myoo, roi protecteur de Bouddha, dont le comportement agressif tranche avec la bonté de Amitabha. Les derniers stages de Street Fighter II emmènent le joueur en Thaïlande, affronter les deux membres les plus puissants de l’organisation criminelle Shadaloo, Sagat et M. Bison. Le combat contre l’Empereur du Muay Thai se déroule dans les ruines d’Ayuthaya et au pied d’une magnifique et imposante statue du Bouddha allongé sur le flanc droit et dégageant une grande sérénité. Le cadre est splendide, agrémenté d’un temple en arrière-plan, et reviendra régulièrement dans la série. L’affrontement avec M. Bison a lieu devant le Temple de Ramayana, avec des bonzes parmi les spectateurs. L’endroit s’inspire fortement du Wa Phra Kaeo, et emprunte son nom au poème épique indien dont l’impact est majeur sur les cultures des pays de l’Asie du Sud-Est.

Une proximité avec l’hindouisme que Street Fighter II entretient évidemment avec le personnage de Dhalsim. Dépeint comme un bonze (dans le sens large du terme), le combattant chauve porte à son cou un collier de crânes renvoyant aux Kapalikas, ces ascètes shivaïtes que l’on associe à des pratiques macabres voire cannibales. Son stage représente même en toile de fond Ganesha, dieu-éléphant de la sagesse et de l’intelligence, notamment. Le design original de Dhalsim le faisait même ressembler fortement à la divinité (tout comme son cinquième costume dans Ultra Street Fighter IV) et l’on prête ses aptitudes de cracheur de flammes à une bénédiction d’Agni, dieu hindou du feu. Côté démons de cette mythologie, autrement dit les asuras, on pense évidemment au titre de CyberConnect2, Asura’s Wrath. Mélangeant l’imaginaire religieux asiatique à la science-fiction et aux péchés capitaux catholiques, le soft dépeint la vengeance d’une divinité déchue se réveillant dans le Naraka, les enfers de l’hindouisme, du bouddhisme et du jaïnisme (représentés eux aussi en plusieurs niveaux). Quand ces mythologies ont surtout été des prétextes à un background dans la série Street Fighter, elles sont la principale inspiration de l’histoire de Asura’s Wrath.

On notera également que la communauté Hindou a eu l’occasion de faire part de son mécontentement vis-à-vis du traitement de leur religion dans certains jeux. Hitman 2 : Silent Assassin propose, par exemple, un niveau dédié dans un temple Hindou. Les références y sont nombreuses, aussi bien sur les lieux que les dieux mentionnés. Aucun problème jusque là, mais qui dit Hitman dit possibilité de tirer partout, et dans le temple en particulier. Une situation qui passe mal dans un endroit dit sacré. Mais la communauté n’est pas le seul point de crispation, et le traitement des dieux eux-mêmes est également surveillé. Le jeu Smite en a fait les frais, avec ses combats entre les nombreuses divinités de l’Histoire des peuples. A la sortie du titre, Kali/Vamana/Agni sont les premières divinités hindous disponibles, et comme les autres sont jouables. Mais certains leaders du culte n’acceptent pas que l’on puisse désacraliser leurs dieux et demandent à l’éditeur (Hi Rez) de purement et simplement les supprimer du roster. Non seulement l’éditeur refuse, n’y voyant aucune insulte à la communauté, mais va déclarer qu’il y “aura plus de dieux à l’avenir et non moins”. Ce qui sera fait quand les DLC ajouteront au casting : Bakasura, Ganesha, Kumbhakarna, Ravana et Rama (septième avatar de Vishnu dont le nom rappelle Ramuh, invocation de foudre dans la série Final Fantasy).

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  1. […] presque intégralement en tant qu’œuvres ayant des messages à transmettre et à décrypter, des mythologies incroyablement riches et originales, mais qui ne sont pas pour autant dépourvues d’inspirations, […]

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