Made in China mythology

Nous l’avons contournée avec ses pays voisins, mais il est impensable de parler des mythologies Asiatiques sans évoquer la Chine. Et de nombreux médias, dont les jeux vidéo ont pu s’inspirer d’une de ses légendes les plus célèbres : celle de Sun Wukong, dit le Roi Singe. Dérivée des plus anciennes mythologies, cette aventure épique mêlant l’Empereur de Jade, le monde animal et même Bouddha, aura le droit à plusieurs adaptations directes ou indirectes. Le premier jeu, Ganso Saiyūki: Super Monkey Daibōken sur Famicom, reprend l’une des quêtes du Roi Singe guidant le moine Xuanzang vers les Terres d’Inde. De nombreuses références aux traditions chinoises sont faites, avec l’intervention de plusieurs gardiens et de l’Empereur de Jade. Mais la technique assez sommaire et la difficulté ne donnent pas spécialement envie d’aller plus loin. Une autre transposition du récit est Enslaved Odyssey of the West. On y retrouve certaines bases entre les deux œuvres, mais au lieu d’une Chine ancestrale, l’aventure se passe dans un univers post-apocalyptique, où les créatures mythiques sont remplacées par une civilisation de robots extra-terrestres.

Autre série faisant la part belle à la mythologie chinoise : Warriors Orochi. Ce cross-over entre Dynasty Warriors et Samurai Warriors pose son histoire avec l’intervention du Dragon à huit têtes Orochi. Cette créature légendaire du folklore japonais ouvre une faille dans l’espace-temps entre la période des Trois Royaumes en Chine et l’ère Sengoku au Japon. On suit donc le combat des guerriers de ces différents royaumes et clans pour vaincre les armées d’Orochi. Ce qui nous intéresse ici est la partie chinoise du titre, faisant référence à de nombreuses créatures mythiques. On peut citer par exemple en personnage principal Da Ji, conseillère de Orochi et concubine du roi Zhou de la dynastie Shang. Parmi les ennemis rencontrés par les différents royaumes, on rencontre aussi bien des héros légendaires comme Fuxi, créateur de l’humanité, de la chasse et de la pêche (rien que ça), que des créatures mythiques telles que Hundun, Yinglong ou encore Shennong. Même si la mythologie chinoise est plus dans l’univers que dans l’histoire directe, les développeurs ont clairement voulu imprégner le joueur dans une histoire gigantesque de deux pays.

En dehors des jeux faisant référence exclusivement aux légendes chinoises (et aux MMO du pays), on peut observer quelques références dans des titres qui pourtant semblent éloignés de cette mythologie. Un personnage très connu des joueurs, Bowser, est fortement inspiré du Dragon Turtle, une entité combinant les anatomies des deux animaux. Il est à noter que les premières inspirations de Miyamoto s’étaient tournées… vers le Roi Singe (comme quoi). Le manga Dragon Ball, qui aura donné l’une des plus longues sagas du jeu vidéo, prend son inspiration également de la légende de Sun Wunkong. La traduction du nom du personnage principal donnera Son Goku, Zhu Bajie deviendra Oolong et les sutras laisseront place aux Dragon Ball. Akira Toriyama en fera directement mention en prélude de son manga, même s’il ne limite pas ses inspirations à la Chine ancienne. On pourrait citer de nombreux jeux avec le personnage de Sun Wukong, mais le plus important est de voir que les mythologies chinoises, bien que présentes par elles-mêmes dans certains titres dédiés, sont plus mises en valeur par des références croisées dans d’autres oeuvres de pays voisins. Elle semble être d’ailleurs une culture influente dans le jeu vidéo.

A retenir

Souvent éléments constitutifs ou contributifs d’un contexte historique ou d’un arrière-plan, les mythologies d’Asie Orientale ont servi à enrichir l’univers d’un nombre important de titres, en particulier ceux aimant revisiter l’histoire d’un ou plusieurs pays de cette partie du Globe. Mais dans la grande majorité des cas, les hommages sont d’une grande fidélité et d’une qualité respectable, en particulier les jeux qui ont su carrément mettre en scène les divinités de ces imaginaires à l’iconographie ô combien colorée et foisonnante. L’Asie, l’une des terres créatrices du médium, a donc su y implémenter son propre folklore, comme nous pourrons le voir avec la Perse notamment.

Flbond et Totof

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  1. […] presque intégralement en tant qu’œuvres ayant des messages à transmettre et à décrypter, des mythologies incroyablement riches et originales, mais qui ne sont pas pour autant dépourvues d’inspirations, […]

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