On peut difficilement faire les fines bouches face à la phase de réédition en version 3D des perles de feu-SEGA par Nintendo. Ca fait bizarre, c’est sûr, quand on a connu l’âge d’or des consoles de salon et le bras de fer entre les deux géants nippons… Mais ne crachons pas dans la soupe, car pour l’instant, à part le prix un peu élevé de ces éditions sauce 3D, on a quand même eu droit à Out Run, Space Harrier, ou encore Streets of Rage, que du lourd, quoi! C’est aujourd’hui au tour de Fantasy Zone 2 de suivre les pas de son illustre aîné et de débarquer sur nos 3DS, festival de couleurs pour le plaisir des yeux, et digne héritier de l’opus fondateur. 

Fantasy Zone 2, d’accord, mais lequel ?!

Le Fantasy Zone 2 originel.

Le Fantasy Zone 2 originel.

Les rééditions 3D des perles de Sega privilégient judicieusement les versions natives des titres, et donc, quand c’est possible, l’arcade. C’est ainsi que j’ai pu jouir de la magnifique musique de Space Harrier, avec son irremplaçable « Welcome to the Fantasy Zone! Get ready! » – tiens, ça me rappelle quelque chose… -. Je mentionne ce fait car on aurait très bien pu supposer que Nintendo, pour des éventuelles histoires de droits ou autre, aurait réédité les portages Nintendo des titres en question, mais non, tout va bien, on a « la crème de la crème » – prononcer ça avec un accent anglais -, avec toujours M2 aux commandes, qui commence à avoir une certaine maîtrise de l’exercice. Mais pour Fantasy Zone 2, c’est un poil plus compliqué. Fantasy Zone premier du nom est sorti en 1986 sur arcade, développé sur System 16, pour être adapté plus tard sur les consoles 8 bits de l’époque avec plus ou moins de panache… On mentionnera tout particulièrement l’échec de la tardive version NES développée spécialement pour nous autres européens (youpeeee!) en 1989, particulièrement dégueulasse visuellement, avec scrolling à la ramasse « en escalier », et un rendu sonore loin de faire honneur aux excellentes compositions de Hiroshi Kawaguchi, ce qui est d’autant plus décevant (et absurde) que la Famicom, elle – donc oui, la version japonaise de la MEME console -, bénéficiait déjà d’un portage effectué deux ans plus tôt, et d’une facture sinon excellente, au moins largement honorable – n’égalant néanmoins pas l’adaptation Master System, jeu Sega oblige! -. Bref, une histoire pour le moins mouvementée pour le Cute’em up de Sega. Par contre, Fantasy Zone 2 The Tears of Opa Opa, contre toute attente, est développé directement sur Master System, downgrade en terme de hardware qui sera douloureux, malgré la beauté du jeu… pour du 8 bits. Il y aura bien une version arcade, qui sera, peut-être une première dans la Playhistoire, un portage de la version Master System, qui ne s’en tire même pas spécialement bien, en particulier sur le plan sonore avec des sons parfois agressifs et peu harmonieux qui font vraiment regretter non seulement le premier opus, mais même la version originelle de ce Fantasy Zone 2! Donc au final, une question légitime demeure : quelle version a-t-on choisi d’adapter sur 3DS ?

original (1)Eh bien aucune d’entre elles! En effet, Si Fantasy Zone 2 The Tears of Opa Opa est une perle vidéoludique et un des points d’orgue de la ludothèque de la Master System, les fans du premier opus ont gardé ce petit arrière-gout amer face au choix de développer ce jeu sur un hardware incapable de dépasser les prouesses du premier opus dans sa version arcade native. Mais Sega et M2 ont fini par rectifier le tir… en 2007, dans la compilation The Complete Fantasy Zone pour PS2, en offrant au monde Final Fantasy Zone 2 DX. Et ils ne se sont pas contentés de proposer un bête remake upgradé du jeu. Mettant les petits plats dans les grands, M2 et Sega ont développé cette version anachronique du titre sur une version boostée en RAM du fameux System 16 susmentionné, afin de produire réellement, tel échappé d’une faille temporelle, la version arcade que les fans auraient aimé voir arriver en 1987, louable effort des équipes de développement… qui aura néanmoins peut-être du mal à remplacer dans le coeur de certains joueurs nostalgiques le « vrai » épisode 2 car, remake oblige, la version DX ose le changement! Reste que c’est cette version qui débarque sur nos 3DS, et c’est une sacrément bonne version!

Welcome to the Fantasy Zone!

310x195Fantasy Zone est un des représentants phare du Cute’em up – initié par Twin Bee en 1985 et pérennisé par Parodius en 1988 -, pendant tout mignon du shoot’em up, alors sous le règne des bestioles bien crades et organiques comme dans R-Type ou Gradius, plein de couleurs, de monstres gentils, mais tout en restant du shmup, du vrai, musclé et difficile – je vous renvoie à mon chapitre de Shoot’em Down sur la question -. Plutôt original dans sa forme, il reprend le système de l’excellent Defender, à savoir un stage « bouclé » dans lequel on peut se déplacer dans les deux directions horizontales, de droite à gauche et de gauche à droite, le scrolling suivant les mouvements du vaisseau – originalité notable dans un genre où le scrolling forcé, qu’il soit vertical ou horizontal, fait partie intégrante de son ADN -. Le principe est simple : outre l’avalanche de petits ennemis, on doit détruire un nombre donné de générateurs d’ennemis, représentés sur une carte sommaire en bas de l’écran – autre emprunt/hommage à Defender -, avant d’aller se frotter à un énorme boss dont il faudra exploiter un point faible. Un autre originalité de la série est l’utilisation d’argent virtuel. Pas de power-ups lachés par les adversaires mais de la monnaie, que l’on pourra alors dépenser dans des boutiques afin d’upgrader son vaisseau de façon temporaire – laser, tir à trois voies, tir à sept voies…etc – ou continue – double bombe, moteur plus rapide -, voire ponctuelle, comme pour les énormes poids de 1 tonne particulièrement meurtriers – arme privilégiée de notre cher Yace qui ne se prive pas d’humilier les boss de l’épisode 1 dans un superplay épique diffusé sur Nolife -, mais achetables à l’unité. Chaque mort vous prive de vos upgrades, et chaque élément acheté une fois sera plus cher la fois d’après. On a donc affaire à un titre qui, sous ses atours mignons, bénéficie d’un game system particulièrement fin et abouti, audacieux, et servi par une réalisation en acier trempé.

originalEt jusque dans le scénario, le coté kawai du titre est un leurre. Vous n’aurez pas manqué de remarqué que le sous titre du jeu, Les Larmes de Opa Opa, ne suintait pas spécialement la joie, le sous-titre a d’ailleurs été supprimé des versions européennes. Certains ont été traumatisé par la fin du très mignon Penguin Adventures où vous terminiez le jeu en revenant trop tard pour sauver la princesse, qui entre temps était, euh, bah morte, quoi! D’autres auront pleuré la mort d’Aëris des années durant, et d’autres encore auront eu l’oeil humide en terminant Fantasy Zone et en réalisant, le coeur serré, que le méchant n’était autre que votre papa, que vous veniez de vaincre. Oui, c’est kawai, c’est cute, mais c’est cruel quand même! Le second opus continue dans la foulée, Opa Opa, dans l’une des trois fins disponibles, devenant maléfique, et devant être stoppé par le héros de… Space Harrier! Eh oui, tout est lié! Le fameux « Welcome to the Fantasy Zone » ouvrant Space Harrier prend tout son sens ici, les deux jeux se déroulant indéniablement dans le même univers.

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