Pokémon, débloquez les tous!

1127Si les premiers puzzle games arcade sont centrés sur l’expérience solo, dès leur arrivée dans nos salons, le mode duel, secondaire dans un premier temps, a doucement pris le pas. Pokemon Puzzle Challenge, malgré le fait que la plupart des modes soient solo, fait la part belle au duel « à la Tetris », qu’il soit virtuel, contre des adversaires dirigés par l’I.A., ou réels, grâce aux possibilités de connexion par câble de la GBC. L’adversaire réussit un gros coup, et c’est un gros pavé qui tombe du ciel, qui se fragmentera ensuite en blocs que vous pourrez alors intégrer à vos coups spéciaux. Et évidemment, ça marche dans les deux sens. Petitesse de l’écran oblige, vous n’avez pas accès à l’écran de votre adversaire virtuel. Comment se repérer, dès lors, évaluer votre situation par rapport à celle de l’adversaire, élément indispensable de tous ces puzzle-games axés sur l’affrontement ? Les développeurs ont contourné le problème en instaurant un système de barre de vie pour l’adversaire, qui tranche avec les lois qui régissent les jeux du genre, mais cadrent néanmoins avec l’exploitation de la licence Pokemon. Sans être l’idée du siècle, ça reste une pirouette plutôt habile pour compenser les limites de la console.

Les modes solo ressemblent en fait à des tutoriels ayant pour but final l’affrontement, entre un mode Garbage qui vous apprend à réagir contre les pièces tombées du ciel, et un mode Lines fait pour prendre en main les concepts de combo et chain progressivement. Seul le mode central, Marathon, est un mode solo pur et dur, à l’ancienne, de la survie et du scoring en commençant pépère, pour terminer la goutte de sueur au front, à fond les baloches! Néanmoins, la seule façon de débloquer les nouvelles créatures – on commence avec trois figures connues dans son roster, correspondant en gros à son nombre de vies – sera par le duel, en affrontant des adversaires spéciaux. Bref, si le jeu propose du beau contenu, on sent malgré tout cette hésitation entre un puzzle-game ancienne école, solo, et un jeu centré sur le duel. Ce qui ne serait pas bien grave, dans les faits, vu que la question a été contournée assez habilement en proposant largement suffisamment de contenu… Mais vous la sentez, ma grosse hésitation, depuis tout à l’heure ?

Pokemon de poche

pict_pokeacute-mon-puzzle-challenge-disponible-sur-l-eshop-de-la-nintendo-3ds_15550_2_L’une des règles qui régit les coups spéciaux est que, en gros, plus il est effectué haut dans l’écran, donc plus la prise de risque est présente, plus l’effet est conséquent, que ce soit un arrêt momentané de la montée de pièces grâce à un combo ravageur – respiration vous permettant de nettoyer le terrain -, l’avalanche de douleur chez l’adversaire grâce à une chain de tous les diables, ou simplement le gros gain de points si l’on joue en solo. Plus c’est haut, plus c’est bon… Seulement voilà, l’écran est petit, tout petit, même. Alors on se retrouve rapidement avec la Musique du Stress, interrompue une demi seconde parce qu’on a réussi à faire baisser le niveau des blocs à l’écran, pour repartir de plus belle parce que les pièces reprennent leur montée infernale. Et c’est un des autres syndrôme « cul entre deux chaises » qui vient teinter le jeu : alors que les règles, simples et efficaces, vous poussent à privilégier la stratégie, la taille de l’écran vous confine à un simple jeu de réflexe. Si les deux éléments sont bien entendu nécessaires dans les jeux du genre, l’équilibre entre les deux n’est malheureusement jamais atteint, faute d’un terrain de jeu digne de ce nom.

A retenir

Pokemon Puzzle Challenge me met dans une position délicate. Difficile d’en vouloir au jeu, qui donne ce qu’il peut, et le fait bien. Le plaisir est là, le contenu est généreux, bref, c’est un bon pti jeu, comme on dit. Mais d’une part, le fantôme de la version N64, Pokemon Puzzle League, flotte en permanence, même pour qui n’a pas touché à cette dernière. Réactivité, taille, finesse comportementale, tout est pris à défaut en comparaison, et le sentiment d’avoir affaire à une version amputée, réduite d’un jeu qui aspire à plus est plus que palpable. Et d’autre part, si l’on comprend la volonté de Nintendo de créer une version portable à l’époque, il n’en va pas de même concernant sa resortie 15 ans plus tard. On peut en effet s’interroger sur la politique de Nintendo par rapport à ces sorties sur console virtuelle de titres qui accusent malgré tout leur âge, et à prix finalement élevé pour une réédition. A 2 euros, la question ne se poserait pas, et le jeu s’imposerait de lui-même de par l’indéniable dose de fun qu’il procure. A 5 euros par contre, ça coince un peu, à plus forte raison à une époque où les jeux android tournent autour de l’euro, et où l’on peut encore espérer trouver la cartouche en loose pour un prix analogue…

Informations sur le jeu

Plateforme :  GameBoy Color, 3DS (console virtuelle)

Genre : Puzzle Game

Développeur : Nintendo

Éditeur : Nintendo

Date de sortie : 18 juin 2001 / 27 novembre 2014

 

toma überwenig

6 réponses
  1. Uinseann Ayflahm (Deadmarye)
    Uinseann Ayflahm (Deadmarye) dit :

    « Mais vous la sentez, ma grosse hésitation, depuis tout à l’heure ? »

    C’est sexuel, c’est ça ?

    Tenir jusqu’à la deuxième page avant de parler de Pokémon, c’est un exploit ! Du lyrisme pur ! J’aime beaucoup.

    « On peut en effet s’interroger sur la politique de Nintendo par rapport à ces sorties sur console virtuelle de titres qui accusent malgré tout leur âge, et à prix finalement élevé pour une réédition. A 2 euros, la question ne se poserait pas, et le jeu s’imposerait de lui-même de par l’indéniable dose de fun qu’il procure. A 5 euros par contre, ça  »

    Si ce n’est déjà fait, je vous oriente vers l’écriture d’un dossier savamment intitulé « Nintendo, l’art d’enc*ler les joueurs tout en étant félicité. »

    Enfin, ceci dit, j’aime beaucoup Nintendo, c’est dire à quel point ce titre est juste. Bref ! J’étais passé en coup de vent sur ce jeu et, parfois on se dit que l’instinct fonctionne plutôt pas mal !

    Répondre
    • Toma Überwenig
      Toma Überwenig dit :

      J’ai hésité à mettre des points de suspension entre grosse et hésitation, histoire de forcer le trait, mais bon point trop n’en faut.

      Merci pour ton mot, mais je n’ai aucun mérite, le jeu est tellement secondairement Pokemon qu’au final, les mentionner plus tôt aurait presque été malvenu, et m’aurait obligé à écourter mon approche préférée, celle du playhistorien^^!

      J’ai moi-même beaucoup d’admiration pour le Big N, mais la façon dont sont gérées les consoles virtuelles ressemblerait presque à un appel au piratage… Mais comme pirater, c’est le Mal, je n’ai bien entendu rien dit, d’ailleurs cette conversation n’existe pas…

      Répondre

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *