[NEO RETRO] STEEL EMPIRE 3D

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Plus d’un an après sa sortie au Japon – et accessoirement 23 ans après sa sortie sur Megadrive, avec un détour en 2004 sur GBA -, notre e-Shop européen accueille enfin 3D Steel Empire. Même si nous sommes les derniers servis, ne boudons pas notre plaisir, et voyons ce que cette nouvelle version d’une des légendes du Shmup sur Megadrive a dans le ventre, sans plus attendre.

Steel Empire, d’accord, mais lequel ?

On aurait pu s’attendre à une énième version 3D d’un hit de Sega par la boite M2, qui travaille généralement proprement, malgré le manque d’ergonomie des menus. Mais force est de constater que le studio Starfish ne s’est pas arrêté à l’ajout de la 3D, proposant une véritable refonte du jeu originel, d’une finesse spectaculaire, avec une 3D vraiment magnifique, des sprites redessinés, des patterns réadaptés au format de l’écran et au support portable, bref, indéniablement une réussite, une excellente surprise…

…Enfin, surprise, oui et non. En effet, ceux qui ont eu la version GBA entre les mains, déjà assurée par Starfish, verront comme un air de famille entre les deux jeux… Car oui, 3D Steel Empire, c’est un lifting de la version GBA, ni plus, ni moins. Reprenant toutes les modifications apportées par Starfish pour la version GBA en terme de game design et de level design, Sarfish n’a néanmoins pas chômé, redessinant l’intégralité du jeu avec une finesse impressionnante, et redéfinissant l’espace de jeu, le petit écran de la GBA couplé à sa faible définition forçant l’action à être « resserrée », comparée à la version de salon du jeu. La version 3DS est de fait plus aérée, prenant le gameplay et le design de la GBA en lui donnant l’espace qui lui manquait. Peut-on pour autant parler de version ultime de Steel Empire ? Nous le verrons plus bas. Parlons d’abord du jeu en lui-même.

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Le point de départ, la version Megadrive…

 

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…la version GBA, avec ses modifications de game-system et sa redéfinition des décors, des sprites…

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…et la version 3DS, clairement inspirée directement du travail fait en 2005 sur GBA, tant dans le gameplay, identique, que dans les couleurs, les patterns…etc, mais bon, le travail reste magistral!

Rouille et vapeur

Steel Empire en 1992, sort dans une période difficile, devant affronter à la fois une surreprésentation du genre dans le paysage vidéoludique avec autour de cent shmup par an, ainsi qu’un essoufflement général du shoot’em up dit « classique » dont les principaux acteurs avaient déjà posé et surexploité les bases, peinant à se renouveler. De plus, 1992, ne l’oublions pas, c’est l’année de sortie de Thunderforce IV, qui représente avec le troisième opus ce qui s’est vu de mieux niveau shmup sur la console de Sega – entre quelques autres selected fews -. Autrement dit, challenge il y a.

Steel Empire sur Megadrive, un jeu qui a su s'imposer face à une concurrence de haut niveau!

Steel Empire sur Megadrive, un jeu qui a su s’imposer face à une concurrence de haut niveau!

Mais Steel Empire se pointe avec des atouts dans son cabas, et non des moindres. Avec son ambiance steampunk tout d’abord, l’action se déroulant durant le 19e siècle d’un univers alternatif, Steel Empire impose sa patte dès les séquences d’introduction, un bruit évoquant le défilement de bande de cinéma accompagnant un décompte et des images tendant vers le sépia, avec des altérations d’écran typique des vieilles bandes, créant une ambiance singulière qui prolonge – enfin précède pour le coup – un design général efficace et cohérent sous le signe du Retro-Futurisme sentant bon la rouille et la collision entre début du siècle et un futur indéterminé. Chaque mission est introduite via le même procédé, avec un décollage du joueur qui semble s’être échappé d’archives en Super 8 mm. Le joueur doit choisir entre deux vaisseaux qui ne dénotent d’ailleurs pas au sein de cet univers, soit un coucou plutôt rapide mais peu résistant, ou une sorte de Zeppelin massif, plus puissant mais plus lent.

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C’est dans les vieux pots…

Niveau game system, on a affaire à du classique, dans ce que le terme a de plus noble, mais avec quelques twists. Tout d’abord, Steel Empire fonctionne avec un système de barre de vie, ce qui manque rarement de faire crisser les dents des puristes. Chose amusante, d’ailleurs, quand on réfléchit un peu, et que l’on remarque que le système de bouclier implémenté dans les mythes fondateurs que sont Darius et Gradius sont très analogue à un système de barre de vie, permettant au vaisseau d’encaisser plusieurs impacts, la barre de vie rendant simplement la chose plus lisible, explicite. Et bon, si la barre de vie était aussi fondamentalement mauvaise, Wings of Death n’existerait pas. Parenthèse fermée.

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Le Zeppelin armé de ses deux salutaires modules, envoie du plomb…

Empruntant cette fois explicitement aux Légendes sus-citées, les vaisseaux dans Steel Empire disposent d’un tir frontal et d’un tir air-sol, le coucou tirant ce dernier directement vers le sol, là où le Zeppelin balance les projectiles en l’air avant que ceux-ci ne retombent sur les adversaires. S’ajoute à ça un système d’upgrade sur vingt niveaux, chaque niveau nécessitant 3 items de power-up. Autant dire que le tir maigrichon du début se transforme rapidement en rideau frontal bien massif. Cette version abandonne le système d’upgrade un peu bordélique de la version Megadrive pour tout regrouper sous ce système de niveaux, plus clair. S’ajoutent à ces deux tirs deux modules fixes à la puissance plutôt faible – que l’on obtient tôt dans le jeu, mais qui se récupèrent assez difficilement une fois la première vie perdue – permettant de balayer large pour le fretin et assurant une protection contre les bullets croisant leur trajectoire, ainsi qu’une smartbomb spectaculaire mais relativement peu puissante, idéale pour nettoyer l’écran, mais n’affaiblissant que peu les boss.

Smartbomb spectaculaire mais pas très puissante.

Smartbomb spectaculaire mais pas très puissante.

Mais le véritable twist, qui change complètement le rythme du jeu et l’abord du level design, c’est la possibilité de tirer des deux cotés, une touche pour l’avant, une autre pour l’arrière – respectivement A et Y -. Et ce n’est pas du luxe, les ennemis débarquant littéralement de partout, comme il se doit dans un titre old school. On ressent là encore l’influence des cadors du genre comme Darius 2, qui savait exploiter l’horizontalité massive de la surface de jeu – rappelez-vous, Darius, c’est le jeu d’arcade aux 3 écrans mis bout à bout, format auquel la série est revenue, après deux excellent épisodes intermédiaires, Darius Gaiden et G-Darius, depuis Darius Burst et ses suites – en faisant notamment, outre débarquer des ennemis de partout, se retourner le vaisseau du joueur lors de certains boss-fights épiques. Donc rien de neuf en soi, ce qui est très symptomatique de cette période transitoire pour le shmup, l’arrivée du shmup vertical en tant que nouvelle norme, le souffle du renouveau danmaku n’étant alors qu’une brise légère soulevant la poussière dans quelques titres de Toaplan, et le classique horizontal reposant sur des acquis solides, mais tendant à se répéter.  Rien de neuf, certes, mais une réappropriation intelligente des arcanes du genre, le tout au sein d’une mise en scène simple et efficace, et d’un univers cohérent et beau.

Un boss massif à fleur de nuage, pas à dire, c'est beau, bordel!

Un boss massif à fleur de nuage, pas à dire, c’est beau, bordel!

Et de même que les classiques, les vrais, restent indétrônables, continuent à régner sur la Playhistoire, tels des monuments qui temoignent d’un savoir-faire qui nous aurait échappé avec le temps, les bons jeux le restent, quelle que soit l’époque à laquelle ils ont été créés. Et Steel Empire était un excellent jeu sur Megadrive. Verdict sur la version 3DS ?

dans l'espace, personne ne vous entendra tirer...

dans l’espace, personne ne vous entendra tirer…

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A propos de l'auteur

Photo du profil de Toma Überwenig

Aimer jouer et être bon aux jeux ne vont pas forcément de concert, j'en suis la preuve (à peu près) vivante. Vaguement musicien, je joue dans Scorpion Violente, le groupe qui souille le dance floor, fait hurler les gnous, et sent le stupre, la luxure et les pratiques que la morale réprouve.

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