L’âme des cartes

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Milliarde est une femme redoutable

Bon, celle-là était facile, je vous l’accorde. Bref, revenons-en à nos moutons. Si l’accalmie de l’univers de BKO véhicule un sentiment de paix parfois exacerbé, les combats font preuve d’un dynamisme déconcertant, un dynamisme qui tranche sèchement avec ce sentiment de paix. Le système de combat est un système au tour par tour employant des decks composés de cartes appelées Magnus. Si vous avez joué à Baten Kaitos, ne vous attendez pas à retrouver le même système qui a fait la pluie et le beau temps de ce dernier. Jugé parfois trop aléatoire et assez compliqué à gérer, le système du 1 a été complètement revu par les développeurs. Exit les tours de défense, les mélanges de pioche qui vous faisaient perdre un tour (qui ne s’est pas fait avoir au moment de porter le coup décisif…) et surtout les decks individuels. Le joueur dispose désormais d’un unique deck pour ses trois combattants. Il est donc important de minutieusement le préparer pour la bataille.

Chaque personnage a bien évidemment des cartes spécifiques mais la difficulté réside dans l’organisation de ces dernières avec les cartes génériques, utilisables par toute l’équipe. Chaque combo vous fait gagner des MP permettant de gagner un « niveau » en combat, ce qui a pour effet de vous donner la possibilité d’utiliser des attaques spéciales plus puissantes. Il faut combiner des Magnus d’éléments, de défense, d’attaque physique avant de finir par une attaque spéciale. Si un personnage est dans l’attente de son tour tandis que vous sélectionnez l’attaque spéciale du personnage précédent, une « Chain attack combo» s’enclenche, permettant d’enchaîner deux tours d’attaque en un seul. Incroyablement dynamique et demandant une certaine vivacité au joueur – chaque choix de carte étant limité à une poignée de secondes – le système de combat de Baten Kaitos Origins fait mouche. Le seul hic, c’est que le joueur est tellement concentré sur les choix de Magnus du personnage suivant qu’il ne peut détourner son regard pour assister au résultat de ses premiers choix de combos qui se traduisent à l’écran par une rouée de coups et d’explosions destructrices. Les combats se terminent assez rapidement et on prend un plaisir immense à terrasser tout ennemi assez téméraire pour barrer notre route. Avoir trois personnages est finalement pratique tant cela permet de customiser son deck efficacement même s’il réduit drastiquement les possibilités de combinaisons entre les persos.

Je tends à penser qu’il n’est peut-être pas si mal d’avoir une équipe réduite malgré l’appréhension du public quant au potentiel manque de profondeur de l’aventure avec seulement trois « caractères ». On gagne peut-être d’un côté ce que l’on perd de l’autre – qui n’a pas en tête l’excellent Resonance of Fate quand on parle de trio gagnant ? Le contraire existe également, illustré par l’inénarrable FF VIII et ses deux seuls véritables protagonistes principaux psychologiquement travaillés.

Tout ne tient qu’à un fil

Le fil rouge de la saga finalement se multiplie en d’infinis liens de narration enchevêtrés donnant lieu à d’innombrables parallèles entre les deux opus. Un mélange subtil, puissant et émotionnellement palpable  sur la passerelle qui joint les deux productions du duo Monolith Soft – Tri Crescendo.

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Gibari était déjà un dur à cuir 20 ans auparavant

Une multitude de détails nous donne une meilleure vision de l’ensemble. Il est ainsi difficile d’évoquer l’un sans l’autre et rejouer à Baten Kaitos premier du nom après avoir fini sa préquelle est d’une saveur sans nom. Des débuts de la nouvelle technologie de l’Empire appelée Machina et produite par un certain Lord Baelheit aux effets qu’elle engendre sur le monde dans lequel évoluent nos héros – effets d’ailleurs bien visibles dans Baten Kaitos – ,des décors similaires confrontés à d’importants changements démographiques entre les deux opus au passé de certains personnages essentiels vingt ans plus tard, les liens sont immenses. Le tour de force de Baten Kaitos Origins est qu’il fait passer tout cela au second plan, en arrière-plan, et que naturellement, comme si rien n’avait été planifié, on assiste au caméo d’un personnage familier ou à la mise en place de chaque élément d’une chaîne d’événements essentiels au scénario du 1er BK n’affectant en rien notre trame principale. Je me dois tout de même de préciser que le scénario de BKO est étroitement lié à celui de BK1. La compréhension du monde qui entoure nos héros aide énormément à l’immersion et revoir les villes/donjons/cartes du premier opus n’est en rien dérangeant tant la beauté de ces derniers nous laisse – toujours – sans voix.

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Un groupe de personnages étranges interviennent dans les songes de Sagi

Le scénario est cependant bien plus sombre que celui de son aîné. Contant une histoire mature et bien loin des clichés habituels du genre, le jeu forme une unité narrative solide avec le scénario du 1. Après la mort de l’Empereur Olgan que l’unité de Sagi était en charge d’assassiner pour le compte de Lord Baelheit, Sagi est trahi par son unité et avec Guillo, ils s’enfuient pour trouver finalement refuge chez Quaestor Verus, le plus grand adversaire de Lord Baelheit. Avec Milliarde qui a rejoint l’équipe un peu plus tôt, il faudra remplir certaines missions pour Quaestor Verus tandis que les rencontres fréquentes avec certains monstres spéciaux déclenchent chez Sagi des songes assez étranges. Je laisse ici le suspense vous subjuguer mais il est difficile de présenter le pitch de départ convenablement sans trop en dévoiler.

On se résigne à s’attacher à chaque personnage, sans bouder pour autant son plaisir de céder face aux avances de ces derniers tant ils bénéficient d’un soin tout particulier apporté à un background plutôt riche. Leurs relations évoluent tout au long du jeu et il est difficile de de ne pas s’y attacher, surtout après les avoir manipulés en combat.

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