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[pullquote] »Nothing is as it seems… »[/pullquote]

La jaquette britannique avait l’art de mettre en avant le plus important. Ou de remettre au goût du jour les idéaux stylistiques parfois décriés mais tant admirés du grand Ernest Hemingway. Boudé par la presse, acclamé par les joueurs, comme le fut autrefois Lost Odyssey, Nier Gestalt a su marquer son époque en s’imposant comme l’un des jeux de rôle japonais phares de la 7e génération de consoles, si avare en bons J-RPG. A l’heure où sa suite annoncée alimente les fantasmes des joueurs qui ont vécu l’aventure du héros éponyme Nier, il m’était tout naturel de vous proposer un petit retour en arrière, en 2010, cinq petites années qui n’auront eu raison d’une aura grandissante, qu’est celle du petit dernier de la famille Cavia.

Chef d’oeuvre invendu, ça vous rappelle quelque chose ?

Un petit rappel des faits s’impose : en 2010, NieR Gestalt, développé par le studio Cavia et édité par Square Enix, essuie de nombreuses critiques. Square Enix, d’habitude si doués lorsqu’il s’agit de mettre en avant leurs jeux par le biais de campagnes publicitaires massives, ne parviennent pas à rattraper le coup. Les ventes de Nier Gestalt s’avérèrent bien trop peu élevées et le studio ferma ses portes. Cinq ans plus tard, l’E3 fait la part belle aux gloires passées du jeu vidéo, en témoigne l’engouement insensé mais non immérité pour la suite du grand Shenmue II et la clameur qui suivit l’annonce de NieR 2, en particulier sur la toile où fusèrent les premiers jets d’analyse du premier trailer de ce dernier. Un succès tardif ou une reconnaissance maladroite envers la licence mal-aimée de Cavia, désormais entre les mains de Platinum Games ?

Le principal reproche adressé au jeu concernait ses larges faiblesses techniques quand d’autres mastodontes du genre ont su repousser les limites du virtuel – notamment Final Fantasy XIII, sorti quelques mois plus tôt. Les joueurs, aveuglés par leur confiance en tout item estampillé Square Enix, l’ont dans un premier temps évité, écarté, voire critiqué, avant de se laisser doucement tenter, hypnotiser puis séduire, comme si le destin, inéluctable en soi, se vouait à réparer les torts du passé en redonnant à Nier, l’affection qu’il méritait et mérite encore. Moi-même, pris par le temps et les joies du rétro-gaming à cette époque précise, n’ait pu mettre la main dessus qu’en des temps austères, où surenchérir le prix intrinsèque d’un jeu m’était impossible. Je remercie encore l’ignorance innocente de ce vendeur aguerri qui, lorsque je voulus payer les quelques 5 livres que NieR me demandait, m’informa clairement qu’il ne fallait pas que j’en attende grand-chose. Bien m’en a pris de ne pas l’avoir écouté…

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Trois des quatre personnages principaux, NieR, Kaine la tsundere du jeu et Emile.

4 réponses
  1. Totof
    Totof dit :

    Merci pour ce test et bienvenue ! Nier, voilà un jeu dont j’ai souvent entendu parler de la sorte: bon et injustement oublié. Je le tenterai à l’occasion.

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  2. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    A faire de toute urgence, mon Totof! C’est beau, c’est riche, c’est émouvant, c’est profond, bref, c’est un presque parfait sur tous les points, sauf au niveau technique où l’on se retrouve à la ramasse comme rarement.
    Mais à l’époque, pris par l’histoire, ça ne m’avais même pas tant perturbé que ça.

    Très bon test d’entrée dans l’équipe, camarade ClishClash! Un regard juste et un bel hommage à ce qui rejoint le panthéon très « select » des grands RPGs de sa génération.
    Pour ce qui est de FFVIII, par contre, je pense que son vrai problème est son incapacité à offrir de la « magie ». Il est riche, presque trop, massif, saturé de zones secrètes, mais dès les persos et la musique (de très bonne facture, mais gâchée à mes yeux par cette imbitable valse qui me fout la nausée, et trop peu de thèmes iconiques, trop peu de mélancolie sonore), le jeu se tire des balles dans le pied.
    En fait, je ferais un parallèle entre le VIII et le X, qui ont en commun bon nombre de défauts, mais aussi la plupart de leurs qualités.

    Et si tu aimes le non-dit, un seul auteur : Raymond Carver, dont les nouvelles sont basées sur la maîtrise parfaite de l’essence du non-dit, son horreur, sa beauté, réussissant à te faire ressentir des choses via une nouvelle de deux pages.
    Will you please be quiet please, et What we talk when we talk about love (les deux sont traduits en français), du génie!

    Bref, je dérive, je dévie, mais surtout je salue ton premier article chez nous!

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  3. ClishClash
    ClishClash dit :

    Merci à vous deux !!

    Totof : J’espère bien qu’il te plaira dans ce cas-là !

    Toma : Yes. Je vois qu’on partage le même avis sur le jeu ;). En parlant de Carver, c’est vrai que ça m’a frôlé l’esprit. J’ai déjà lu ces deux nouvelles dans le recueil « Short Stories », excellent bouquin par ailleurs ! 😉
    Quant à FF VIII, il manque clairement de magie par rapport à son petit frère FF IX mais je trouve personnellement qu’il en possède davantage que FF VII (mais je risque de me faire taper sur les doigts donc chut 😀 )

    Répondre

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