Amour aveugle et beauté intérieure

Si NieR peut vous donner des conseils en amour, il vous dira de ne pas vous fier aux apparences, que la beauté intérieure est plus importante que celle extérieure, que l’amour vous rendra aveugle au point d’oublier les défauts les plus gênants de votre dulciné(e).  En effet, NieR est pauvre techniquement. Des graphismes datés, un level-design peu inspiré, un bestiaire restreint, un aliasing persistant, NieR aurait tout à fait pu voir le jour sur Wii sans que quiconque n’émette de réserves. Les environnements nous paraissent vides, les décors peinent à se renouveler tandis qu’on notera tout de même qu’il est en parfaite adéquation avec le monde qu’ils veulent nous dépeindre. Néanmoins, il se dégage de NieR une atmosphère spéciale, un mélange de calme enivrant et d’angoisse paisible dans ce monde post-apocalyptique où s’entremêlent des impressions et sentiments indiciblement difficiles à décrire. Les donjons arrivent cependant à tirer leur épingle du jeu et on appréciera certains petits clins d’œil- coucou la caméra fixe.

In Medias Res

Le jeu débute par une sorte de didacticiel pendant lequel NieR tentera de protéger sa fille face aux hordes de démons déchaînés s’abattant sur les délimitations enneigées de l’aire de jeu. On apprend alors que la pauvre petite est atteinte du « Black Scrawl« , une maladie mortelle incurable à laquelle notre héros essaiera de trouver un remède tout au long du jeu. Le prologue se termine lorsque vous avez décimé ces hordes de créatures maléfiques et un bond en avant de 1300 ans vous plonge alors dans un monde futur post-apocalyptique où le progrès semble étranger à ses habitants qui vivent de chasse, pêche et cueillette. Pris au dépourvu, on est alors témoin de l’impuissance de NieR face au mal incurable de sa fille, toujours présent et l’incompréhension nous gagne alors.

Un livre bavard, des personnages hauts en couleur

Si le jeu ne brille pas par son chara-design, on se doit de reconnaître que ses personnages se démarquent tant par leur originalité que par leur personnalité dans l’histoire du jeu de rôle nippon. La réponse à la maladie qui ronge les habitants de ce monde vous est « apportée » par un livre, un grimoire, que dis-je, LE grimoire Weiss. Très loquace, notre ami n’est pas dénué d’humour et on s’attache très rapidement à ce dernier, comme on le fait avec chacun des personnages du jeu…mais également des ennemis ! Mais j’y reviendrai plus tard…Finalement, le personnage qui a bénéficié du moindre soin quant à sa personnalité demeure malheureusement notre grand gaillard et héros qui frôle la suffisance. Un comble.

Emile

Quand je vous parlais du chara-design…

4 réponses
  1. Totof
    Totof dit :

    Merci pour ce test et bienvenue ! Nier, voilà un jeu dont j’ai souvent entendu parler de la sorte: bon et injustement oublié. Je le tenterai à l’occasion.

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  2. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    A faire de toute urgence, mon Totof! C’est beau, c’est riche, c’est émouvant, c’est profond, bref, c’est un presque parfait sur tous les points, sauf au niveau technique où l’on se retrouve à la ramasse comme rarement.
    Mais à l’époque, pris par l’histoire, ça ne m’avais même pas tant perturbé que ça.

    Très bon test d’entrée dans l’équipe, camarade ClishClash! Un regard juste et un bel hommage à ce qui rejoint le panthéon très « select » des grands RPGs de sa génération.
    Pour ce qui est de FFVIII, par contre, je pense que son vrai problème est son incapacité à offrir de la « magie ». Il est riche, presque trop, massif, saturé de zones secrètes, mais dès les persos et la musique (de très bonne facture, mais gâchée à mes yeux par cette imbitable valse qui me fout la nausée, et trop peu de thèmes iconiques, trop peu de mélancolie sonore), le jeu se tire des balles dans le pied.
    En fait, je ferais un parallèle entre le VIII et le X, qui ont en commun bon nombre de défauts, mais aussi la plupart de leurs qualités.

    Et si tu aimes le non-dit, un seul auteur : Raymond Carver, dont les nouvelles sont basées sur la maîtrise parfaite de l’essence du non-dit, son horreur, sa beauté, réussissant à te faire ressentir des choses via une nouvelle de deux pages.
    Will you please be quiet please, et What we talk when we talk about love (les deux sont traduits en français), du génie!

    Bref, je dérive, je dévie, mais surtout je salue ton premier article chez nous!

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  3. ClishClash
    ClishClash dit :

    Merci à vous deux !!

    Totof : J’espère bien qu’il te plaira dans ce cas-là !

    Toma : Yes. Je vois qu’on partage le même avis sur le jeu ;). En parlant de Carver, c’est vrai que ça m’a frôlé l’esprit. J’ai déjà lu ces deux nouvelles dans le recueil « Short Stories », excellent bouquin par ailleurs ! 😉
    Quant à FF VIII, il manque clairement de magie par rapport à son petit frère FF IX mais je trouve personnellement qu’il en possède davantage que FF VII (mais je risque de me faire taper sur les doigts donc chut 😀 )

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