De l’Action-RPG pur et dur

Le système de combat de NieR est assez classique sauf que vous ne combattez pas seul. Effectivement, le Grimoire Weiss vous accompagne et permet à NieR d’utiliser  de puissantes attaques magiques, parfaits compléments des attaques physiques. Les combats s’avèrent dantesques, grâce notamment à des boss conçus sur mesure pour donner une dimension épique à chaque lutte que NieR entreprendra et contrôler ce dernier est source de satisfaction même si  la caméra fait parfois défaut, cette dernière ayant du mal à suivre vos mouvements. Sachant que les combats sont en généralement longs, vous devez vous armer de patience face à la ténacité des boss, largement au-dessus de la moyenne du genre. Il est ainsi possible de récupérer divers matériaux rares à combiner à d’autres trouvés dans les différents donjons, plaines, etc. En effet, le jeu vous donne la possibilité de faire un peu de crafting afin d’augmenter le niveau de vos armes, armures, etc. Le tout reste globalement très réussi, un grand soulagement pour un A-RPG.

1359187-nier_g_15

La théorie de l'Iceberg, Hemingway & FF VIII

FF VII

Décrié lors de ses premiers pas en Europe, notamment parce qu’il souffrit de la comparaison inévitable avec son aîné FF VII qui a popularisé tout un genre dans nos vastes contrées, FF VIII a longtemps été injustement mis au placard. Même si le succès fut tout de même au rendez-vous, à l’instar d’un FF XIII très bien vendu mais descendu en flamme par la vox populi, FF VIII fut et demeure à ce jour un éternel incompris.

Entre son histoire d’amour trop encombrante, ses personnages secondaires creux, et un gameplay difficilement jouable, FF VIII n’avait selon beaucoup de Final Fantasy, que le nom.

Seulement, voilà…les années passèrent, s’écoulèrent même à vitesse grand V, la licence se perdit peu à peu dans les marasmes où s’embourbent un bon nombre de licences japonaises qui  s’étaient voulues plus modernes – Capcom, si tu m’entends…- et un retour aux sources s’annonçait salvateur. Bien sûr, bon nombre de joueurs avaient appris à aimer FF VIII depuis tout ce temps, mais ils constituaient une petite minorité. Puis sa sortie sur le PSN fut le déclic tant attendu par ses plus fidèles défenseurs : les avancées technologiques, le rôle des médias, tout a évolué depuis 1999. Et on put enfin se rendre compte de toute la maestria qui s’en dégageait.

Avant de lire la suite, petit topo sur Ernest Hemingway : auteur américain de la première moitié du XXe siècle dont le style littéraire était appelé « The Iceberg Theory ». Cette dernière lui permettait d’écrire en se concentrant uniquement sur les faits, d’où son style parfois très direct, tout en faisant volontairement l’impasse sur les sous-entendus et autres significations implicites que laissaient entrevoir ses mots. Comme l’Iceberg, seulement 10% du contenu de ses romans est visible à la surface.

Ultimecia

Mais qui est-elle vraiment ?

Grandement inspiré par le style d’Hemingway, FF VIII a su magnifier son scénario en faisant l’impasse sur l’explicite, une nouvelle théorie de l’Iceberg, s’appliquant désormais à l’enchevêtrement du visuel et du schéma narratif. L’implicite est la principale qualité de la narration du jeu et les non-dits y sont légion. Ainsi, une multitude d’analyses scénaristiques firent leur apparition sur la toile, toutes aussi intéressantes les unes que les autres. Si vous ne l’avez pas déjà fait, je vous conseille d’en lire quelques unes, ce qui risque de changer votre vision du jeu pour toujours. Style largement reconnu pour ses qualités et défauts narratifs, la théorie de l’Iceberg mériterait cependant qu’on se penche davantage dessus, notamment en ce qui concerne les jeux de rôle aux dialogues interminables, qui sont légion au Japon, ou en ce qui concerne les Visual Novels.

4 réponses
  1. Totof
    Totof dit :

    Merci pour ce test et bienvenue ! Nier, voilà un jeu dont j’ai souvent entendu parler de la sorte: bon et injustement oublié. Je le tenterai à l’occasion.

    Répondre
  2. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    A faire de toute urgence, mon Totof! C’est beau, c’est riche, c’est émouvant, c’est profond, bref, c’est un presque parfait sur tous les points, sauf au niveau technique où l’on se retrouve à la ramasse comme rarement.
    Mais à l’époque, pris par l’histoire, ça ne m’avais même pas tant perturbé que ça.

    Très bon test d’entrée dans l’équipe, camarade ClishClash! Un regard juste et un bel hommage à ce qui rejoint le panthéon très « select » des grands RPGs de sa génération.
    Pour ce qui est de FFVIII, par contre, je pense que son vrai problème est son incapacité à offrir de la « magie ». Il est riche, presque trop, massif, saturé de zones secrètes, mais dès les persos et la musique (de très bonne facture, mais gâchée à mes yeux par cette imbitable valse qui me fout la nausée, et trop peu de thèmes iconiques, trop peu de mélancolie sonore), le jeu se tire des balles dans le pied.
    En fait, je ferais un parallèle entre le VIII et le X, qui ont en commun bon nombre de défauts, mais aussi la plupart de leurs qualités.

    Et si tu aimes le non-dit, un seul auteur : Raymond Carver, dont les nouvelles sont basées sur la maîtrise parfaite de l’essence du non-dit, son horreur, sa beauté, réussissant à te faire ressentir des choses via une nouvelle de deux pages.
    Will you please be quiet please, et What we talk when we talk about love (les deux sont traduits en français), du génie!

    Bref, je dérive, je dévie, mais surtout je salue ton premier article chez nous!

    Répondre
  3. ClishClash
    ClishClash dit :

    Merci à vous deux !!

    Totof : J’espère bien qu’il te plaira dans ce cas-là !

    Toma : Yes. Je vois qu’on partage le même avis sur le jeu ;). En parlant de Carver, c’est vrai que ça m’a frôlé l’esprit. J’ai déjà lu ces deux nouvelles dans le recueil « Short Stories », excellent bouquin par ailleurs ! 😉
    Quant à FF VIII, il manque clairement de magie par rapport à son petit frère FF IX mais je trouve personnellement qu’il en possède davantage que FF VII (mais je risque de me faire taper sur les doigts donc chut 😀 )

    Répondre

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *