Le scénario, un sujet qui fâche

Il m’est arrivé parfois de lire à gauche et à droite que le scénario de NieR était bon, parfois très bon. Cependant, les justifications et autres explications données à cela m’avaient rendu bien perplexe. Ils n’avaient pas très bien compris l’essence même du jeu : le non-dit. NieR possède un scénario profond où énormément d’enjeux s’entremêlent autour d’un fil rouge diachronique. Tout est dans l’analyse, la perception, la réflexion, l’interprétation. Je ne veux évidemment pas vous gâcher le plaisir de découvrir les nombreux secrets que NieR renferme mais il est essentiel de vous préciser que NieR propose un New Game + en plus de 4 fins différentes. Le New Game + vous renvoie au milieu du jeu, élément assez rare dans le monde du jeu vidéo, et constitue un pilier essentiel de la bonne compréhension du scénario. Grâce notamment à une belle qualité d’écriture, NieR parvient à renverser les acquis du joueur, à défamiliariser chaque parcelle du jeu et ce, afin que tous puissent prendre part au même scénario, sous un nouvel angle.

Un morceau de choix

J’ai évidemment gardé les deux atouts principaux de NieR pour la fin, et si vous avez été assez courageux pour me lire jusque-là, c’est peut-être que NieR vous fait doucement envie. Si tel est le cas, vous ne le regretterez pas…en tout cas, veuillez préparer vos oreilles à ce qu’on appelle dans le jargon un « orgasme musical« . L’OST de NieR est ce qui se fait de mieux dans le monde du J-RPG en matière de musique, même s’il me faut le mettre sur un pied d’égalité avec Motoi Sakuraba et ses compositions pour Baten Kaitos 1 et 0. Keiichi Okabe donne au jeu une véritable bouffée d’oxygène, obsédant les joueurs jusqu’à les pousser à se replonger dans l’univers macabre et mélancolique de NieR, non sans un certain plaisir sadomasochiste.

Ce qu’il faut en retenir

On aura beau avoir fait des jeux incroyables en termes de qualité technique ou de rendu visuel, ils n’auront jamais la même aura que certains jeux qu’on retiendra notamment par les émotions qu’ils nous ont procurées. NieR fait évidemment partie du dernier panier. Malgré son indigence technique, il se classe parmi les meilleurs action-RPG de la décennie en proposant une histoire mature, un gameplay efficace, une OST magnifique et des personnages difficiles à oublier du jour au lendemain. Poussé par une mise en scène des plus inspirées, NieR n’aura malheureusement pu atteindre les ventes escomptées et sauver le studio de ses créateurs. Il aura cependant su, à l’instar de la saga Shenmue, gagner la cote d’amour qu’il méritait auprès des joueurs. Il m’est cependant difficile d’imaginer quelle forme prendra cette fameuse « suite » de NieR tant l’histoire de ce dernier se suffisait à elle-même. Cependant, comme beaucoup de joueurs en attente d’informations supplémentaires, je ne demande qu’à être surpris, un art dans lequel les développeurs de NieR – parmi lesquels certains ont désormais rejoint Platinum Games –  ont su exceller par le passé.

Informations sur le jeu

Plateformes : PS3/Xbox 360

Genre : Action-RPG

Développeur : Cavia

Éditeur : Square Enix

Date de sortie : 23 Avril 2010

4 réponses
  1. Totof
    Totof dit :

    Merci pour ce test et bienvenue ! Nier, voilà un jeu dont j’ai souvent entendu parler de la sorte: bon et injustement oublié. Je le tenterai à l’occasion.

    Répondre
  2. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    A faire de toute urgence, mon Totof! C’est beau, c’est riche, c’est émouvant, c’est profond, bref, c’est un presque parfait sur tous les points, sauf au niveau technique où l’on se retrouve à la ramasse comme rarement.
    Mais à l’époque, pris par l’histoire, ça ne m’avais même pas tant perturbé que ça.

    Très bon test d’entrée dans l’équipe, camarade ClishClash! Un regard juste et un bel hommage à ce qui rejoint le panthéon très « select » des grands RPGs de sa génération.
    Pour ce qui est de FFVIII, par contre, je pense que son vrai problème est son incapacité à offrir de la « magie ». Il est riche, presque trop, massif, saturé de zones secrètes, mais dès les persos et la musique (de très bonne facture, mais gâchée à mes yeux par cette imbitable valse qui me fout la nausée, et trop peu de thèmes iconiques, trop peu de mélancolie sonore), le jeu se tire des balles dans le pied.
    En fait, je ferais un parallèle entre le VIII et le X, qui ont en commun bon nombre de défauts, mais aussi la plupart de leurs qualités.

    Et si tu aimes le non-dit, un seul auteur : Raymond Carver, dont les nouvelles sont basées sur la maîtrise parfaite de l’essence du non-dit, son horreur, sa beauté, réussissant à te faire ressentir des choses via une nouvelle de deux pages.
    Will you please be quiet please, et What we talk when we talk about love (les deux sont traduits en français), du génie!

    Bref, je dérive, je dévie, mais surtout je salue ton premier article chez nous!

    Répondre
  3. ClishClash
    ClishClash dit :

    Merci à vous deux !!

    Totof : J’espère bien qu’il te plaira dans ce cas-là !

    Toma : Yes. Je vois qu’on partage le même avis sur le jeu ;). En parlant de Carver, c’est vrai que ça m’a frôlé l’esprit. J’ai déjà lu ces deux nouvelles dans le recueil « Short Stories », excellent bouquin par ailleurs ! 😉
    Quant à FF VIII, il manque clairement de magie par rapport à son petit frère FF IX mais je trouve personnellement qu’il en possède davantage que FF VII (mais je risque de me faire taper sur les doigts donc chut 😀 )

    Répondre

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *