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Peut-on détester un bon jeu ? Le cas Dishonored 2

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En voilà une question dont personne ne veut vraiment savoir la réponse. Car oui, il est clair qu’on peut définir ce qu’est un bon jeu en se basant sur des critères objectifs : les graphismes, la narration, la bande son, etc. Mais in-fine, est-ce qu’un « bon jeu » peut être considéré comme un « jeu bien » par tout le monde ? Je ne crois pas. Regardez Dishonored 2 par exemple. En voilà un bon jeu : level design qui frôle l’excellence, DA du tonnerre, gameplay qui fait la part belle à l’infiltration, et antagoniste plutôt réussi. Mais voilà, pour moi, de manière très personnelle, ce n’est pas un « jeu bien ». Explication.

La primauté au Gameplay

C’est Game Next Door qui en parlait, et qui va probablement le faire mieux que moi donc je ne vais pas les plagier, mais il y a bien deux sortes de jeux vidéo. Ceux qui prennent appui sur le gameplay, et les autres. Dishonored donne le pouvoir au joueur. De ce constat de base découle des mécaniques de gameplay qui sont… Comment dire… Fantastique ? Oui c’est ça. Le but de Dishonored 2 est bien d’anéantir des gens. Et le mot est bien choisi car nous ne sommes pas obligés de tuer les cibles pour les mettre hors-course. Et ce, même pour le boss de fin. On se retrouve donc face à un jeu aux innombrables possibilités pour arriver à nos fins : infiltrer le QG de l’ennemi en passant par les toits, ou bien par les sous-sols, ou bien en jouant en cache-cache en rentrant par la porte principale du casino en ligne suisse. On peut aussi utiliser des pouvoirs qui vont bien et permettent d’avancer entre la subtilité et le bourrinage.

Non vraiment, il n’y a pas à dire, Dishonored 2 est un exemple de jeu à gameplay comme on en fait plus. Un jeu « à la mario », où ce qu’il faut faire prime beaucoup plus que ce qu’il y a autour et qui définit « dans quel univers et selon quelles règles morales je dois le faire ».

L’immersion avant la narration

Le mode bourrin reste classe

Dishonored 2 est, en plus d’être un bon jeu d’infiltration, un fabuleux laboratoire à expérimentation narrative. Car oui, compte tenu de toutes les possibilités qui sont offertes au joueur, il faut bien que le scénario tienne bon, et que les différents événements possibles ramènent toujours le joueur sur la bonne ligne directrice. Et pour répondre à cette exigence, Arkane a choisi l’immersion, plutôt que la narration. Il faut bien le dire, l’histoire de Dishonored 2 est assez décousue, avec parfois certaines choses qu’on ne comprend pas. Ou plutôt que je n’ai pas comprise, car la narration passe par l’immersion dans l’univers plutôt que dans le déroulé d’une histoire poignante. Et cette immersion passe d’abord par une DA de dingue, magnifique et stylée. Au revoir le Dunwall du premier épisode et son style Victorien, place à une cité des sables bien plus méditerranéenne, Karnaka. Elle passe ensuite par la dissémination de petites carnets de notes, dictaphones, et autres livres, qui retracent les différents événements de l’histoire et la construction de l’univers finalement assez complexe. La volonté de dérouler une histoire n’est pas remise en question, mais elle passe par la nécessité de fouiller et de s’intéresser à Emily et Corvo, les deux héros du jeu. Les règles de la narration sont donc les mêmes que celles du gameplay : on te donne tout ce qu’il faut pour comprendre, à toi de te débrouiller.

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A propos de l'auteur

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Sans avoir aucun soucis d'égo, je peux dire que le Serpent est surement l'animal qui prend le plus les escaliers...

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