Et Kojima dans tout ça ?

Koji Pro 3On a beaucoup parlé de Konami dans cette affaire mais peu de gens ont réellement parlé de Kojima lui même à part dans des termes de ce genre là : « c’est bien, il pourra enfin faire autre chose que Metal Gear ». S’il est vrai que Kojima avait souvent exprimé son besoin de créer autre chose que Metal Gear, il semblait pourtant avoir trouvé quoi faire de son temps après la sortie de MGSV avec Silent Hills, un projet prometteur que Konami a pourtant annulé quelques mois seulement après son annonce. Il ne s’est pourtant jamais exprimé, probablement empêché par son éditeur, sur sa situation même si plusieurs messages ont été transmis au travers de ses récentes interventions. Privé de tribune publique ou de séances de dédicaces, c’est par le biais d’une vidéo de remerciement aux fans que Kojima a sans doute voulu montrer où il se situait lui même dans cette affaires.

Il déclare remercier profondément les joueurs, n’être rien du tout sans eux. Derrière ces paroles, on trouve un certain regret de ne plus travailler sur cette série qui lui a donné ces fans – même si avec le temps, les fans de Metal Gear ont progressivement muté en fans de Kojima – et en même temps un espoir que ces fans là le suivront où il ira dans ses nouvelles aventures. S’il est à déplorer que Kojima ne puisse s’en aller avec des marques superbes qu’il a crée ou contribué à créer comme Zone of the Enders, Policenauts, Snatcher (je n’en verrai donc jamais la suite !) et Boktai / Lunar Knights, on peut compter sur ce créateur pour trouver de nouvelles idées qui nous feront rêver et trouveront le succès qu’elles méritent.

Pourquoi cet événement est-il plus grave qu’il n’y paraît ?

Derrière la déferlante de « #ahideokojimagame », il y a peut être une douleur plus violente, pas forcément formulée mais qui me semble apparaître assez clairement dans le flot de haine déversé par des joueurs sur Konami par Facebook et Twitter interposé. Cette histoire nous rappelle donc en fait que le jeu vidéo est une industrie, et pas plus magique ou éternelle qu’une autre. Lorsque Eidos a été intégré à Square Enix ou lorsque THQ a été démembré par de multiples éditeurs après sa faillite, nous savions que les univers et les personnages que nous aimions continueraient d’être développés par des passionnés. Dans ce cas, la marque de fabrique de la série est tellement liée à la personnalité de son créateur qu’il paraît difficile de faire comme si de rien n’était – on est déjà revenu plus en détails sur cet aspect du problème hier. Ce n’est pas la première fois qu’un créateur quitte le navire, Sakaguchi ou Mikami en ont fait autant il y a plusieurs années mais Kojima restait alors l’inébranlable exception qui disait à toute l’industrie : on peut créer des jeux AAA formidables avec beaucoup de talent et d’amour porté aux joueurs. L’exception n’est plus valable et il faudra du courage pour la retrouver de nouveau. Le message est donc passé, et il fait mal.

greyfox0957

2 réponses
  1. Le serpent
    Le serpent dit :

    Je suis complètement de l’avis de Totof.
    Je trouve cet article sincère et touchant, plein de réalisme et de pragmatisme.

    Malgré tout, je ne peux m’empêcher que le monde est fait de bisounours et que cela ne pouvait pas arriver à ma série phare…

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