Parodius ou les lettres de noblesse du délire ludique

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Comme je ne redoute pas de remonter au Déluge, arrêtons-nous en 1978. La Terre est en danger car les Envahisseurs de l’Espace ont décidé d’investir notre douce atmosphère. Et voilà comment naquit le plus parfait exemple de l’effet d’une idée simple mais inépuisable…et accessoirement un genre premier du jeu vidéo, le shoot them up. Space Invaders pose des bases de gameplay sur lesquelles il n’est désormais plus nécessaire de revenir, mais également des bases scénaristiques, aussi ténues soit-elles : le shoot them up est une mission de sauvetage. Le monde est en proie à une crise majeure et le joueur doit s’échapper de son être pour endosser le costume de sauveur de l’Univers. Ce genre dont les développements via les Galaxian, Galaga et autres Xevious et Gradius feront de lui une véritable institution du gaming arcade des années 80 semble donc lié à jamais au sauvetage de notre belle planète que les Alien nous envient. D’où une conséquence assez sombre : le genre est un genre sérieux.

PARODIUS : une série encyclopédique

Revenir sur l’avancée insufflée aux shoot them up par le Gradius de Konami en 1985 serait tout aussi redondant que réexpliquer pourquoi Space Invaders a officiellement inauguré le genre. Alors, après 1978 et 1985, continuons notre progression chronologique et faisons une brève halte par 1988.

Trois ans après Gradius, Konami décide de donner une dimension nouvelle au genre. Là où les jeux de plate-forme ont opté dès leur début pour un déroulement empreint d’un humour certes relatif mais pas négligeable pour autant, la tradition du shoot them up apocalyptique avec méchants envahisseurs alien ou humains est désormais rompue : le shmup joue la carte de la poilade, ainsi naît l’hommage parodique. Et comme Gradius n’aura pas traîné à devenir un emblème, pourquoi ne pas en plus tourner ce qui est déjà un grand nom ? Et voilà la naissance non pas de la série des « Gradius Parody », mais de Parodius !

Le coup de semonce : Parodius sur MSX

C’est le MSX, un support déjà souvent honoré par Konami, qui aura l’insigne honneur de recevoir un premier jeu qui vient ostensiblement narguer le shoot them up tout entier, avec Parodius. Konami propose un jeu assez déroutant en cette fin des années 80 riches d’une prolifération d’invasions en tous genres et de vaisseaux justiciers pilotés par d’intrépides et suicidaires soldats.

Un poil austère encore mais déjà bien barré.

Un poil austère encore mais déjà bien barré.

Le but de la manoeuvre est avéré : donner au shoot them up la légèreté et l’insouciance qui lui manquaient. Mais au lieu d’inventer un jeu totalement inédit -Sega avait déjà tenté l’expérience en 1986 avec le chatoyant Fantasy Zone- l’éditeur prend un parti assez étonnant mais non moins révolutionnaire : puiser dans son propre catalogue les éléments de sa parodie de shoot them up. Dès l’origine, Parodius est plus qu’une imitation burlesque de shmup, Parodius est un hommage. Et cette dimension, quoiqu’encore balbutiante, n’aura de cesse de s’étoffer par la suite.
Car ce Parodius originel propose déjà plusieurs personnages, ce qui est honorable pour un jeu de 1988. Hélas, ces personnages ont tous le même type de munitions, mais attendons un peu…Sont présents à l’appel le Vic Viper de Gradius, le héros de Penguin Adventure, le protagoniste de Knightmare ainsi que Goemon. Konami puise ainsi sans vergogne dans son propre patrimoine déjà très riche et inscrit directement ce nouveau Parodius dans la droite lignée de Gradius et ses divers Spin-off tels que Salamander par la reprise d’un système d’armement si ingénieux en son temps…qu’il ne pouvait que devenir la signature de Konami.

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A propos de l'auteur

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Joueur qui balance entre deux âges, plutôt des neiges d'antan que de la dernière averse. Révolté permanent, contestataire patenté, il n'y a que les jeux vidéo et la grammaire française dont j'accepte de suivre à peu près les règles, dans l'ivresse des pixels et des mots.

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