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PENGO : une idée, un gameplay et tout ce qu’il faut !

Enfants des années 80, peut-être vous souvenez-vous de ces délicatesses sucrées comme le pain d’épices Prosper ou les biscuits Pingouin. Joueurs des années 80, peut-être vous souvenez-vous de Pentarou, héros de Penguin Adventure, le pingouin made in Konami. Si on devait recenser tous les jeux mettant en scène des pingouins, on aurait d’ailleurs un sacré boulot. Personnellement j’aime beaucoup donc ce Pentarou , mais il y a également ceux de Mister Nutz  ou les irritantes petites vermines bleues du congélateur du manoir de la famille Addams sur Super Nintendo, et bien sûr la série Parodius. Mais si vous le voulez bien (et si vous ne le voulez pas, ben allez lire autre chose !), remontons à 1982. Pourquoi 1982 ? Car en cet année sortit Toto IV du groupe éponyme mais aussi un des premiers jeux à mettre en scène un pingouin : Pengo. 

Attention ce flim n’est pas un flim sur les manchots

Avec un titre pareil, vous vous doutez bien que le héros n’allait pas être un élan accompagné d’un castor comme dans Rocky & Bullwinkle. Mais bel et bien un pingouin, un pingouin tout mignon quoique assez peu expressif. Le jeu est un mélange action et labyrinthe et fonctionne selon un principe bête comme chou : vous incarnez le gentil volatile cerné d’ennemis et pour les détruire, à vous de manoeuvrer les parois du labyrinthe afin de les broyer sauvagement contre d’autres parois dudit labyrinthe ou contre les bords de l’écran. Pengo fait clairement partie de cette catégorie de jeux originels comme Pac-Man : décors simplistes, bruitages bien roots et gameplay dont on pourrait écrire la substance sur une feuille de papier à cigarette. Evidemment, plus les niveaux progressent, plus les dédales se feront complexes et les ennemis nombreux. Afin de pimenter ce challenge, le jeu propose également un type de scoring évolué. Broyer plusieurs ennemis avec un seul et même bloc fait enfler les scores :

400 pour 1 ennemi

1,600 pour 2 ennemis 3,200 pour 3 ennemis

6,400 pour 4 ennemis.

De même que le jeu récompense les joueurs les plus rapides avec un système de points bonus à la fin de chaque tableau suivant ce modèle :

5,000 points en moins de 20 secondes

2,000 points entre 20–29 secondes

1,000 points entre 30–39 secondes

500 points entre 40–49 secondes

10 points entre 50–59 secondes

0 point au delà de 60 secondes.

Les grandes idées de gameplay font les grands jeux !

Chaque tableau comprend un bloc incassable, et ce bloc est un gage de sécurité. Avec un bloc usuel, l’ennemi est détruit mais le bloc ainsi lancé disparait. Le bloc incassable est donc l’arme ultime à utiliser en dernier recours, mais attention s’il se retrouve bloqué dans un des angles du tableau en cours, il sera perdu faute de possibilité de mouvement. Tous les cinq stages votre pingouin vous fera une petite danse fort agréable afin de vous féliciter, un peu comme le fait aussi Stanley dans Donkey Kong Jr et Donkey Kong 3. Puis ils vous saluera et lors d’une animation, Pengo et ses potes s’amuseront même à singer le mouvement des Space Invaders. Bref un clin d’oeil bien sympathique mais pas si innocent… Autant les Space Invaders ont marqué l’univers naissant de l’arcade, autant Sega désirait en faire de même avec le personnage de Pengo. Et c’était pas trop mal parti, vu le succès rencontré par le jeu ! Ce maniement très simple conjugué à l’ingéniosité des structures labyrinthiques ont vite fait de Pengo un titre très populaire, mais tout de même pas assez pour que notre petit pingouin ait un impact comparable à celui du jeu de Taito…Pengo était même prévu pour être une mascotte de Sega en ces temps-là. Raté, mais de peu…Pengo apparaitra cependant dans un jeu suivant de Sega, Up-n-Down, un jeu de course sur des circuits en pseudo-relief que je tiens pour l’ancêtre originel du jeu Off-Road. Une partie de Pengo commence par la création du labyrinthe sous vous yeux, puis l’arrivée des ennemis et enfin celle de votre piaf. Si vous tardez trop, non seulement vous devrez dire adieu à vos bonus (sincèrement, je me demande comment arriver à compléter un tableau en moins de 20 secondes !), mais le jeu vous infligera un malus constitué de nouveaux ennemis qui seront le plus souvent ingénieusement disséminés…Et si décidément vouys n’y arrivez pas, ces derniers ennemis accélèreront et quitteront le niveau en cours, vous offrant ainsi une victoire à la Pyrrhus. Le tout est évidemment très daté, mais le principe même de ce Pengo lui valut de nombreux clones comme Pengi ou encore Pango ([sic !], on cherchait pas à se compliquer la vie à l’époque quand on faisait du plagiat ! Et comme tout le monde pouvait coder son jeu sur Atari 2600, il n’y avait qu’à reprendre le concept !) et une suite vit le jour en 1995 sur Megadrive. D’autres jeux comme le très sympathique Skweek de Loriciel ou le très anecdotique Zoom! sur Megadrive ont une filiation directe avec les aventures du manchot de Sega… MrDo! également, sorti en 1982, semblait être très inspiré de Pengo, à la différence près qu’il s’agissait cette fois de collecter fruits et bonus divers dans des dédales…

Une riche idée qui sera reprise

L’un des jeux de Three Wonders (une compilation de trois jeux arcade de Capcom) est également un clone de Pengo. Le principe de nettoyer des tableaux sans début ni fin afin de passer au stage suivant est également repris chez Taito avec des jeux comme Don Doko Don (excellent) et Rainbow Islands II-Parasol Stars (excellent itou). Et ceux qui ont joué à Pengo n’ont surement pas oublié, outre les bruitages du jeu que je trouve personnellement supérieurs à ceux de Pac-Man, le thème sonore unique du jeu , le très connu Popcorn de Gershon Kingsley. Ce thème fut retiré au profit d’une nouvelle bande-son dans une seconde version de Pengo en 1983, Sega ayant préféré obtempérer à la demande de retrait émanant du label détenteur des droits, Audio Fidelity Records. Mais chose étonnante, la première version du jeu et son Popcorn de thème musical ne fut pas retirée du marché et aujourd’hui se trouve fort bien émulée. Si j’aime vraiment ce Pengo, c’est d’une part pour son caractère retro très assumé, mais aussi car il s’agit d’une des premières illustrations d’un principe de base dans le jeu vidéo : une bonne idée de gameplay et correctement exploitée peut suffire à faire un grand jeu…Tout comme un principe tout simple et tout con peut produire un jeu ultra-addictif, comme Pengo donc, mais bien d’autres, allant de Tetris à Puzzle Bobble, des jeux dont la consigne est simple et immuable…et inépuisable au point de leur conférer une durée de vie exponentielle ! Un bon Pengo et un bon Bust A Move seront toujours aussi amusants demain, dans trois jours, dans cinq ans, dans vingt ans…Une version PC freeware a été codée depuis incluant un mode deux joueurs simultanés dans lequel les deux joueurs peuvent de tirer des blocs dessus afin de se bloquer l’un l’autre et même de s’achever en plus des ennemis..;ce qui lui donnerait presque un petit cachet « Bomberman ». Et j’aime ce type de jeu que l’on peut pratiquer pour se détendre…tout comme pour faire de la perf ! Le scoring system évolutif serait-il né avec Pengo ? L’inspiration se sentira à nouveau chez Taito avec Chack’n Pop, ou The Fairyland Story , comme on le sentait également en 1982 dans le Mr.Do! précité ( par Universal). Le record mondial est à l’heure actuelle à 1,1M, et j’en suis loin, mais j’ai déjà fait durer le plaisir pas mal de temps..Mais comme bon nombre de jeux de cette époque, la difficulté n’était pas testée et les tableaux avancés sont de vrais enfers…ce qui n’a pas empêché pas mal de joueurs de se faire un nom en cet époque, où la borne cocktail de Pengo servait de support à bien des concours.

La version Game gear qui me fit découvrir Pengo, avec son affichage plus carré que l’arcade, forcément…

Special kassdédi à mon pote Shadow « Pentarou » Gallery qui a déjà illustré bien de mes humeurs et autres ouvrages  : Pengo t’attend ! Et à vous tous même : Pengo vous attend.

Informations sur le jeu

Plateformes : Arcade/Game Gear

Genre : Puzzle de type original et originel

Développeurs : Sega

Éditeur : Sega

Date de sortie : 1982

 

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