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De quelle manière un jeu peut réussir à se faire une place dans la « playhistoire »? Souvent par sa qualité (ou non qualité) réelle, mais aussi par la publicité crée à son insu. Et dans ce domaine, la série Postal a fait fort avec son caractère violent et immoral, surtout avec son deuxième épisode. Les bannissements on été nombreux dans le monde et quelques procès ont également vu le jour, donnant obligatoirement un certain succès à la franchise, peut importe ce que proposait Postal 1&2 . Une vingtaine d’années plus tard un remaster du premier épisode sort, et va nous permettre de voir si de nos jours, le jeu a réellement des qualités à proposer.

Tuer, tuer tout le monde

PR1Dans une ville au départ sans histoire, un homme en imper noir sort de chez lui et devient fou (« go postal » en Anglais). Il va donc parcourir différents lieux pour pouvoir « purifier le monde de la présence maléfique » de ces lieux. Voilà pour l’histoire/le scénario/la mise en perspective de Postal, qui met tout de suite dans l’action. Le jeu prend la forme d’un shooter dans des niveaux en vue isométrique, reprenant des lieux communs du quotidien : quartier résidentiel, ville, métro, parc, etc… Le but est le plus simple du monde, à savoir tuer tous « les hostiles » de la zone, des policiers aux militaires en passant par des gang. Pour cela on dispose de tout un panel d’armes, qui pourront être efficaces suivant le type d’ennemi que l’on rencontre. Un pistolet sera suffisant pour aller contre l’ivrogne du coin et ses explosifs, mais contre une tourelle de défense militaire, un lance roquette sera plus adapté. On devra donc adapter notre angle d’attaque suivant la menace et le décor. En parlant de décors, ceux ci pourront être utile pour tenter une approche plus discrète et apportent une « mini micro » touche d’infiltration. Dans les faits c’est surtout savoir comment buter les plus faibles et attirer les plus gros sur des explosifs. Par contre la particularité de Postal est dans la présence de civils durant tout le jeu. Non comptés dans le pourcentage d’hostiles tués, il est possible de tous les laisser tranquille. Mais bien sur, le massacre est ce qui viendra en tête de 98 % des joueurs, mettant le chaos aux quatre coins de la ville, avec des cibles variées : clown, passants, autruches, pompistes… Le niveau le plus parlant à ce sujet est celui de la fanfare, où les musiciens et leurs public forment une marée de panique dès qu’une petite grenade tombe dans la foule. Un côté sadique qui ne plaira pas à tout le monde mais qui donne de la variété par rapport au reste du jeu, car il faut être clair : Postal c’est l’ennui fait jeu.

Ennui, ennui profond

1541198Oui, le gros souci de Postal, c’est son manque d’intérêt global. Si les 2 ou 3 premiers niveaux peuvent passer, avec notamment la découverte de nouvelles armes, le reste du jeu est à l’identique sans aucune variation dans le game design. On tue, on remplit le pourcentage de morts, et on passe à la suite. Il arrive quelques fois de se retrouver bloqué, dans les niveaux de difficulté élevés par exemple, mais il y a toujours un passage protégé où faire venir les ennemis un à un, ce qui amène à la fin du jeu plutôt rapidement. On a bien les succès de présents, mais ils sont trop peu nombreux et ne vont pas nous sortir de la lassitude, mais la je sors déjà du jeu original, pour aller en 2016. Le remaster quand à lui ne fait vraiment pas le boulot. Pour évoquer le seul bon côté de cette retouche, la jouabilité est passé d’incroyablement rigide à correcte. Un bon point mais c’est bien faible comparé à tout ce qui est loupé, à commencer par les graphismes. Les plans morbides entre chaque niveau avec le journal du Dude sont restés les mêmes, mais en jeu la refonte dessert complètement le titre. On passe d’un univers 2D « réaliste », même si un peu pixelisé, à des décors dessinés un peu grossièrement, ce qui donne un côté plus cartoon avec des personnages qui se détachent trop du reste, donnant un côté très faux à l’ensemble ….. De plus, une mission a été retiré du titre original, qui se résumait à effectuer son massacre habituel dans une école. Loin de moi l’idée de supporter les fusillades en milieu scolaire, mais si le reste du titre garde un côté glauque et laisse la possibilité de massacrer des civils, pourquoi retirer cette partie? Pour éviter la polémique diront certains, ce qui lance une énorme claque à la philosophie de la série. Une mission parfaitement inutile vient la remplacer, consistant à avancer droit devant soi, jusqu’à une tombe…et à voir la séquence de fin quasiment identique à l’original.

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