Toma Uber ; La première console est bien entendu la Magnavox Odyssey en 1972 > Je plaide coupable, j’ai pensé ça très longtemps. Mais comme pour l’histoire des jeux vidéos, l’histoire des consoles est plus compliquée qu’elle n’y parait.

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En septembre 1968, Herb Campman réussit à réunir à nouveau un budget pour Ralph, croyant dur comme fer qu’une telle console allait pouvoir sortir. Ce dernier rappelle Bill Harisson sur le projet, qui part sur deux décisions. Tout d’abord le travail est porté sur une version totalement indépendante du module, qui sera branchée sur la télévision. Le design de la machine est alors refait, tout en gardant 5 jeux distincts ( dont ping pong et le jeu de tir). Le mécanisme du jeu de tir est d’ailleurs amélioré avec un système de flash plus précis et un accessoire branché comme une manette. Le deuxième projet est de réaliser une console directement intégrée à un téléviseur. En contrôlant le balayage, une simple sélection de la chaine permettrait de pouvoir jouer à ses jeux sans aucun achat supplémentaire. Malheureusement les recherches se sont arrêtés, mais la déception du duo d’inventeurs est effacée avec un TVG 6 indépendant et fonctionnel. Bill réussit à réduire considérablement le nombre de composants embarqués, et même si le prix demeure élevé (50 euros de 1968) l’équipe est persuadée d’avoir touchée le but.

Dernière arrivée dans le monde des prototypes, la TVG7 combine toutes les avancées accumulées depuis 3 ans. Pour des raisons esthétiques, il est décidé d’abandonner les noms de code et la console devient la Brown Box. La plupart des éléments de la machine sont repris de la TVG6, et des ajouts sont envisagés sans monter le prix de vente. Un jeu de volley est alors créé avec des couleurs spécifiques (qui reviendront au noir et blanc trois ans plus tard) et une règles de ne pas toucher le filet virtuel. Un périphérique de golf est également créé en fixant une vraie balle a un stick de joystick. Pour choisir les jeux, un interrupteur est utilisé, chaque position déclenchant un jeu de la liste (les calques sont pour le coup utilisés). Herb Campman teste tous les jeux et  déclare « A mon avis, nous y sommes enfin ». Il fallait encore pouvoir le proposer à un distribteur. RCA et General Electrics sont entre autres intéressés par les démonstrations, mais entre des tentatives de vol de concepts et des contrats honteux, un constructeur va enfin donner sa chance au projet. Son nom : Magnavox.

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Après de nombreux prototypes, la première console commerciale de l’histoire sort en 1972, sobrement appelée Magnavox Odyssey. Pour l’époque c’est l’étonnement principal qui domine parmi le public, car à l’époque personne ne connaissait ou presque Spacewar et Pong faisait ses débuts. La machine sort avec pas moins de 27 jeux disponibles, reposant sur le principe des claques sur l’écran et se branchant sur le téléviseur. On y retrouve de nombreux genres avec notamment de la course, de l’horreur et du jeu de tir avec pour la première fois un accessoire en forme de fusil (construit par Nintendo, mais nous le verrons plus tard).  La machine se vendra durant l’année 1972 à 100 000 exemplaires, et dépassera les 400000 unités en fin de vie. Ca parait peu de nos jours, mais vu le public estimé au début des jeux vidéo grand public, c’est une prouesse. Malheureusement la console a souffert d’une campagne publicitaire mal interprétée. Chaque mention de l’Odyssey était accompagnée d’une pub pour les téléviseurs de la marque, et pour le public encore novice dans le domaine, la déduction est la suivante : Pour essayer l’Odyssey il faut acheter une télévision Magnavox. Mais malgré cette déception, le pari est réussi pour Ralph Baer, à savoir expérimenter et mettre à disposition du public le jeu sur téléviseur. A la même époque, un jeu sort en arcade et marquera durablement les esprits des joueurs : Pong. Et curieusement le jeu présente de nombreuses similarités avec une création de Baer…

6 réponses
  1. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Excellent article et bel hommage à ce Saint Patron du Vidéoludique, mon cher Flbond, et joli façon de clôturer ta chronique, qui laissera elle aussi un cruel vide! De pouvoir relire un chapitre me le rappelle douloureusement!

    (et quel honneur d’apparaître en guest de cette prestigieuse chronique^^!)

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  1. […] oui, tout remonte à Simon, créé par le décidément incontournable Ralph Baer, créateur de la Brown Box. Si le nom “Simon” fait apparemment référence au jeu sans […]

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