Toma Uber : Tu disais que le pistolet de la Magnavox Odyssey a été fait  par Nintendo, mais le celui de la NES lui ressemble beaucoup, non?  > Oui et ce n’est pas la seule chose de Nintendo qui reprend des idées de Ralph Baer

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Des procès dans lequel Ralph Baer était impliqué en tant que partie lésée se sont multipliés durant 20 ans. Mais celui qui est le plus connu reste celui contre Nintendo pour violation de brevets sur la Nintendo Entertainement System, et surtout sur le pistolet Zapper . Après une démonstration de la console à Lou Etlinger et Tom Brody, ses associés, Ralph Baer demanda si les suites judiciaires étaient possibles. Ce qui a été le cas en 1986, quand Magnavox et Ralph Baer lui-même poursuivent Nintendo pour violation de brevets. La tâche est rude car Nintendo obtient un succès planétaire avec sa console et engage les plus grands avocats. Ralph Baer déclarera que le procès contre Atari a été une formalité comparé à cette année 1986. Le coeur de la plainte est l’ensemble des documents suivants : 096, 566,082 (affichage graphique) et 095 (pistolet, revolver optique) et bien sur le 480 (le principe d’une console de jeu). Les avocats de Magnavox partent donc confiant, persuadés que le procès serait plié facilement. Mais Nintendo Of America n’allait pas en rester là, et pour echapper à des ennuis financiers, décide de…porter plainte en retour pour obtention frauduleuse du brevet 095 par Ralph Baer auprès de l’organisme des brevets Américains (USPTO). Ce qui parait être la plus ignoble des choses a été malheureusement faite.

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Un « contre procès » est alors en cours à Chicago en 1986. Les nouveaux accusateurs basent leur argumentation sur deux points. Le premier est que les relations entre Ralph Baer/Magnavox ont été houleuses au courant de l’année 1974, date du dépot du brevet. Le deuxième est que le jeu Qwak ! d’Atari de 1974, aurait été copié pour établir le contenu du document de brevet. L’avocat principal côté Nintendo est John Kirby, connu mondialement pour avoir gagné le projet pour Nintendo contre Universal sur une éventuelle copie de King Kong pour le personnage de Donkey Kong (et avoir donné son nom à la petite boule rose). Ce dernier s’est juré de faire passer un « sale quart d’heure » à Ralph Baer. Le procès dure 3 jours, durant lesquels Ralph Baer est plus intéressé de savoir comment le jeu Qwak fonctionne plutôt que des histoires de droit. Il étudie donc chez lui ce fameux jeu copiée, et remarque que le système de flash copié semble identique. Mais ce qu’il remarque plus tard, c’est qu’un point lumineux témoin est utilisé pour guider le joueur et qu’il s’éclaire à chaque fois que le joueur a à tirer. Ce fameux point est cachée habilement par la peinture de la cabine d’arcade. Il n’y a donc pas de visé à proprement parler. Baer remonte donc l’information à ses avocats, mais ces derniers lui disent que ce n’est pas nécessaire. En effet, chaque argument de Nintendo est démonté en direct par le juge Leonard Sands, qui donna raison à Magnavox et Baer. La présentation de la Brown Box finit d’enfoncer le clou.

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Mais ce n’est pas la dernière tentative de Nintendo pour détruire chaque brevet détenu par Ralph Baer. Un nouveau procès est lancé en 1990, et ce dernier est rappelé pour étudier une montagne de documents relatifs à la procédure. Mais le passage par le tribunal est différent cette fois ci, lorsque Magnavox décide d’abandonner les procédures en commun avec Nintendo, et annonce à Ralph Baer qu’un accord est trouvé avec le nouveau géant du jeu vidéo. Le contenu de l’accord n’a jamais été communiqué, et Baer sature de toutes ces procédures sur des acquisitions qui lui échappent petit à petit. Il est de moins en moins consulté et décidé de se battre seul pour faire reconnaitre ses inventions et sa contribution au jeu vidéo.

6 réponses
  1. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Excellent article et bel hommage à ce Saint Patron du Vidéoludique, mon cher Flbond, et joli façon de clôturer ta chronique, qui laissera elle aussi un cruel vide! De pouvoir relire un chapitre me le rappelle douloureusement!

    (et quel honneur d’apparaître en guest de cette prestigieuse chronique^^!)

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  1. […] oui, tout remonte à Simon, créé par le décidément incontournable Ralph Baer, créateur de la Brown Box. Si le nom “Simon” fait apparemment référence au jeu sans […]

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