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FDG

Famicom Disk System

L’histoire remonte en 1986. Nintendo cartonne avec sa NES/Famicom mais rencontre des soucis avec son Famicom Disk System. Pour rappel, les jeux du FDS sont stockés sur des disquettes semblables à celles utilisées sur PC pendant un moment. Mais deux problèmes sont apparus : le support est aussi copiable qu’une feuille de papier et le tout se démagnétise très rapidement. Le constructeur décide alors de s’intéresser vivement au support jeune de Sony et Philips : le CD-ROM. Ce n’est que deux ans plus tard qu’un contrat est signé entre les deux sociétés: côté Nintendo c’est la branche Américaine qui fera la paperasse et chez Sony c’est un certain Ken Kutaragi qui gère l’accord, ayant fourni le processeur audio de la Super Nintendo. Le projet s’appelle SNES-CD.

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Le SNES-CD

Au Japon, Nintendo assure la venue du projet avec une batterie impressionante de brevets (dont voici un exemple). Les espoirs vont bon train avec une présentation de M. Kutaragi d’une démo technique de ce que pourrait être le rendu du SNES-CD en 1991. Mais un coup de thêatre arrive la même année, quand Hiroshi Yamauchi (PDG de Nintendo) relit le contrat : Sony se réserve l’entière propriété sur les jeux SNES-CD produits. En clair Nintendo se fait …. et décide de contre-attaquer.

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Howard C Lincoln : « j’ai fait une connerie, je vais la réparer »

Sony, sûr de son coup annonce fièrement à la presse son accord passé avec Nintendo le 2 juin 1991. Mais au vu des clauses citées précédemment, la firme de Kyoto décide de se tourner vers Philips, co-créateur du support physique. Minoru Arakawa (co PDG de Nintendo of America) et Howard C. Lincoln qui se rendent en Europe pour renégocier le contrat, non pas sur le lecteur mais sur la compatibilité des jeux. En effet, Nintendo annoncera la non compatibilité des jeux SNES-CD avec le hardware de Sony.  Et c’est H. Lincoln qui a le plaisir d’annoncer la nouvelle au CES de 1991 (voir le New York Times). Officiellement, ce sont des raisons techniques, mais l’article précise également des désaccords dans le contrat.

Etonnamment, on apprend en 1993 des choses sur le Super NES Nintendo Disc dans la presse. En effet, l’Electronic Gaming Monthly dévoile ce qui doivent être les caractéristiques du prochain lecteur Philips-Nintendo. Le système donne envie avec ses 32 bits, ses 21Mhz de candeçage et son support CD-ROM. D’ailleurs ceux-ci sont annoncés compatibles avec la Philips Cdi, moyennant le fait de retirer le boitier protecteur, ce qui donne l’impression de nouvelles cartouches Famicom Disk System. En France c’est surtout Player One qui transmet l’info, mentionnant parfois à tort Sony comme partenaire. Le plus important pour Nintendo, c’est qu’en échange de trois Zelda et un Mario, la proriété des jeux sur le support leur revient. Mais dans un nouveau retournement de situation, Nintendo change d’avis. Et non ce n’est pas à cause des ventes de la Mega Cd, relativement honnêtes, mais parce que : c’est comme ça. La société  se dit que finalement, les cartouches ça a du bon, étant moins copiables et sans temps de chargement.

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M. Nakayama

De son côté, Sony passe par deux étapes. Dans un premier temps, un rapprochement avec Sega est effectué. Selon Tom Kalinske (Sega US) et Steve Race (Sony) dans MCV, les deux sociétés se désignent un ennemi commun en la personne de Nintendo, et se proposent de mettre leurs forces en commun. Sony développera pour la Mega-Cd, et une console commune sera étudiée. Mais côte Sega Japon, la réponse du PDG Hayao Nakayama est sans appel :

« C’est une idée stupide. Sony ne sait pas comment faire de console. Ils ne savent pas faire de jeux non plus. Pourquoi est-ce qu’on devrait s’associer ? »

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La Play Station

Assez ironique de la part de Sega au vu de ses performances en add-on. Sony se retrouve donc seul mais va quand même décider de commercialiser une console. Ce sera la Play Station (avec un espace). Elle sera un modèle à part entière mais contiendra un port Super Nintendo (dont le magazine EDGE a publié un prototype). Nintendo, qui a décidé d’abandonner l’idée d’un lecteur CD, refuse cela et intente un procès limite contre Sony, selon les termes suivants : Sony brise le contrat. Bien sur la justice s’est prononcée en faveur du défenseur, et Sony pourra commercialiser sa console. Mais fin 1993, Ken Kutaragi a plus d’ambitions, et le prototype sera retravaillé entièrement. Le port Super Nintendo est retiré, le design s’affirme, et les deux mots de la console ne font plus qu’un.

La PlayStation est née.

4 réponses
  1. greyfox0957
    greyfox0957 dit :

    Passionnant comme le premier mais encore plus fouillé 🙂

    Je dois dire que la longueur de l’article ne m’inquiète plus du tout, tu as trouvé ton rythme et ton niveau d’exigence. Très instructif de comprendre la valse des constructeur de cette époque, bien différente et moins ordonnée que ce qu’on a aujourd’hui où le monde semble divisé en deux couleurs, le vert et le bleu.

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    • Flbond
      Flbond dit :

      Merci beaucoup pour ce commentaire grey.

      Je ne sais pas trop si je pourrais toujours trouver des sujets vastes comme celui ci, mais ça a été intéressant de recouper les informations ^^

      Pour la photo de couverture si tu as une idée d’image autre que moi même en photo n’hésite pas. J’ai mis ça car je n’avais pas d’idées.

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  2. Yannou
    Yannou dit :

    Très bon article, très recherché avec beaucoup de détail fournis tout au long de cette glorieuse guerre des console qui mettre tout le monde d’accord vraiment un pur régal on a hâte de ton prochain article et de la prochaine photo. J’adore le look de la FM Town Marty elle ressemble à une PS3 par contre son prix fait mal….

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    • Flbond
      Flbond dit :

      Merci Yannou, après je vais être honnête les prochains épisodes couvriront moins de contenu pour ne pas finir la chronique dans 1 mois mais toujours avec autant de recherches ^^.
      En tout cas merci beaucoup pour le commentaire et facebook.

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