J.P.Pernault : On parle des États Unis, mais ça s’est passé comment pour nous en Europe ? > Eh bien pas de procès, ni de Congrès, ni d’ultimatum. Mais l’uniformisation en Europe est plus compliquée

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La création de la plus cochonne des classifications, (PEGI) ou Pan European Game Information, est plus récente que l’ESRB puisqu’elle remonte à 2001. La présidence Européenne Suédoise (Anna Lindh) propose une harmonisation de la protection des mineurs par la notation des jeux vidéos (sur le modèle du SELL Français entre autres). Une résolution est votée un an plus tard et une commission est crée en Mars 2002. Durant deux mois politiques, associations et acteurs de l’industrie vidéoludique travaillent ensemble pour trouver un système à la fois explicatif, clair qui ne se résume pas à un enfermement de la vente du produit. Les procédures étant ce qu’elles sont, ce n’est qu’un an plus tard que Viviane Reding, rapporteur de la commission, déclare la PEGI officiellement créée. Maintenant sur un code couleur, la PEGI classe les jeux selon l’âge (3 ,7,12,16,18) mais également selon le contenu. Un jeu avec des insultes aura un sigle correspondant, un jeu avec des drogues aura un sigle avec une seringue, un jeu sexuel aura deux signes masculin féminin imbriqués etc… Des signes clairs pour toute l’Europe ? malheureusement non. Seulement 9 pays comme la France, L’Islande ou le Royaume Uni se sont conformés à la PEGI, Et parmi les grands opposants au projet : l’Allemagne

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L’USK ou Unterhaltungssoftware Selbstkontrolle (vos papiers s’il vous plaît) est un organisme Allemand de classification de jeux vidéo établi en 1994. Bien que déclaré comme étant un organisme indépendant à but non lucratif, cette association est détenue en partie par des associations appartenant au gouvernement fédéral (dont la Bundesverband Interaktive Unterhaltungssoftware ou BIUV). Le but de la classification de l’USK, comme ses consœurs , est de fixer un sigle spécifique pour chaque tranche d’âge autorisée à jouer au produit testé. A la différence de la PEGI cependant, les conditions de notation sont plus strictes, et doivent être en accord avec l’article 24 de la Jugendschutzgesetz (loi de protection des mineurs en Allemagne). Les sigles sont les suivants : 0 (tous publics), 6 ans, 12 ans, 16 ans et 18 ans. Il faut rajouter à cela la mise à « l’index » dans des cas particuliers (comme Wolfenstein 3D), réduisant considérablement les vecteurs de diffusion du jeu vidéo. Le système PEGI étant trop éloigné des exigences Allemandes en terme de protection des mineurs et en terme législatif, l’USK est gardé même après 2003.

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Petit aparté chauvin, en France la PEGI a été précédé par quelque chose d’épicé : le SELL. Le Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisirs est un syndicat créé en 1995 dans le but de promouvoir les jeux vidéo sur le territoire et de peser face aux pouvoirs publics. Grand avantage du SELL, il est représenté majoritairement par les acteurs du jeu eux-mêmes. Cela se manifeste jusqu’au poste de délégué général, avec successivement les présidents de Sega France, d’Ubisoft France, de Cryo (sigh) ou encore d’Electronic Arts France (actuellement). Mais ce qui nous intéresse ici, c’est que de 1996 à 2003, une classification du SELL a été instaurée sans demande de l’extérieur. Dans la dénomination des catégories, on retrouve des termes semblables au CSA : tous publics, 12 ans et plus, déconseillé aux moins de 16 ans et interdit aux moins de 18 ans. Depuis 2003, les éditeurs suivent tous sans exception la procédure et le monde politique n’a (quasiment) jamais hurlé au scandale vis-à-vis des jeux vidéo. Le SELL quant à lui est un organisme d’importance et co-organise notamment le salon Paris Games Week.

6 réponses
  1. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Toujours un plaisir de lire ta chronique, cher Flbond, et ce numéro est particulièrement passionnant (le sujet de la subversion dans le jeu vidéo étant un petit favori personnel, comme tu peux t’en douter), et avec un humour bien moisi comme j’aime (j’ai dû me mordre la main pour ne pas rebondir sur certaines de tes blagounettes à la relecture!).

    Et dans un domaine analogue : http://www.le-serpent-retrogamer.org/reflexion-beat-them-all-a-history-of-violence/

    Répondre
    • Flbond
      Flbond dit :

      Ahah les blagues sur les Allemands ça fonctionne toujours, et Exidy c’est ton entreprise avoue 😀
      Merci mon bon Toma, content que tu l’apprécies, j’avais ajouté quelques trucs sur la censure mais le magazine JV le mag avait couvert la chose ce mois ci. En plus la signalétique des jeux vidéos va être remodifiée prochainement en France.

      Je vais lire ton dossier ^^

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  2. greyfox0957
    greyfox0957 dit :

    Excellent numéro, j’avais eu l’occasion de m’intéresser à la censure allemande dans mon test de Wolfenstein 3D mais tu pousses l’explication dans des détails que je ne connaissais pas.

    Bravo 🙂

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  3. Le serpent
    Le serpent dit :

    Le pegi fait parti de ces organismes assez paradoxaux. Qui ne s’est jamais retrouver face à un pegi 18 injustifié ?
    Merci pour tes lumière franzounet

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    • Flbond
      Flbond dit :

      Le fameux pegi 18 est surtout une sanction à peine voilée pour faire plaisir à certains pays tendus du pixel. Mais même certains STR se sont pris un pegi 16 sans avoir une violence exagérée.

      Merci mon cher serpent ^^

      Répondre

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