Nous voilà en 1993, au cinéma sort un des meilleurs films d’animation, Aladdin. Vu le succès de cette œuvre et l’engouement de l’époque pour adapter des films en jeux vidéo, nos consoles ont le droit à non pas 1 mais 2 versions. Les 2 grands constructeurs de l’époque, Sega et Nintendo, ont vu pas mal de jeux « équivalents » sortir sur leur machine, mais c’est l’une des rares fois où les 2 versions sont totalement différentes.

Ces 2 jeux si différents vont encore plus envenimer la « guerre » entre les joueurs Megadrive et Super Nintendo. Cela engendrera des débats explosifs dans les cours de récré de l’époque, chacun pensant posséder la meilleure version. D’ailleurs, les débats continuent toujours aujourd’hui.

Nous allons donc comparer la version Supernes, éditée par Capcom qui possédait la licence Disney à l’époque, à a version Megadrive, éditée par Virgin Games et dirigée par David Perry.


L’histoire commence par une nuit noire

La version SNES suit assez bien le déroulement du film, on voit Agrabah, la caverne aux Merveilles, le monde féérique de la lampe, le vol sur le tapis avec Jasmine et le palais transformé par Jafar. Il y a également un niveau où il faut récupérer Abu tombé du tapis qui n’a pas de rapport au film. Il n’y a pas forcément beaucoup de niveaux, le finir ne sera pas très long.


La version Megadrive suit également bien le déroulement du film. On ira dans les rues d’Agrabah, dans le désert, dans la prison, dans la caverne, dans la lampe et dans le palais. Chaque niveau étant tiré d’une scène du film. Il faut être clair, pas mal de choses qui n’ont aucun rapport avec le film ont été ajouté. Comme des détails dans certains niveaux, ou carrément des niveaux, et aussi des ennemis, totalement inédits. Il y a pas mal de niveau, il faudra un temps pour le finir, surtout si on ajuste bien la difficulté.


Plusieurs écrans narrant l’histoire surviennent entre les niveaux des 2 jeux. Les 2 versions suivent bien le film même si chacun y a été de ses ajouts. Surtout sur Megadrive, où beaucoup de choses ont été ajouté, surtout en ce qui concerne les ennemis. Mais celle-ci possède plus de niveau, le jeu est donc plus long que sur Snes. Et surtout ces niveaux sont un peu plus fous, il suffit de comparer les niveaux dans la lampe, d’un côté on a un niveau loufoque et sur Snes le niveau est bien plus classique. C’est assez surprenant de ne pas avoir Jasmine sur Megadrive alors qu’elle est bien présente sur Snes.


Je vole, comme un aigle royal

Sur Super Nintendo, Aladdin est un jeu mélangeant plateforme et action.  Notre héros a pour but d’échapper aux gardes. Il se joue assez facilement, il peut courir, sauter, lancer des pommes. Pour tuer les ennemis, il faudra sauter sur leur tête, on pourra également les assommer en leur balançant des pommes. Cela fonctionne de la même manière pour les boss. Lorsque l’on saute de haut, Aladdin peut utiliser une espèce de parachute permettant de ralentir sa chute. Al pourra également réaliser plein de petites acrobaties, cela accentue la fluidité du soft.

Tous ces petits éléments permettent d’être très précis lors des phases de plateformes. En planant avec son « parachute », il pourra parcourir une bonne distance mais aussi mieux corriger ses sauts. D’ailleurs, il s’accrochera aussi au rebord au cas où notre saut soit trop petit.  Ce parachute facilite grandement le jeu.

La maniabilité est très soignée ce qui rend les contrôles très précis, tout est juste et bien calculé. Le fait que l’on maîtrise parfaitement Al durant les niveaux en fait un jeu très plaisant à parcourir.

La vie d’Aladdin se voit sous la forme de cœurs, on peut augmenter leur nombre avec des diamants verts. Il y a des diamants rouges qui permettent d’accéder à une fin alternative (enfin fin alternative est un grand mot, c’est juste le générique de fin qui change). Mais il peut aussi avoir des cœurs supplémentaire grâce aux coffres où peuvent être dissimulé un gros cœur. Dans ces coffres, on peut y trouver également du pain ou du poulet pour remonter les points de vies mais aussi un scarabée d’or, qu’il faudra poursuivre pour obtenir un stage bonus à la fin du niveau (une grande roue magique).


Sur Megadrive, Aladdin est également un jeu d’action/plateforme. Il a pour but d’aller au bout des niveaux, de trouver la « fin » en quelques sortes, comme la majorité des jeux de plateforme 2D. Notre héros peut courir, sauter, lancer des pommes et frapper avec son sabre. D’ailleurs ses coups d’épée sont différents selon ce que fait notre personnage (en sautant, en étant accroupi etc…). Il y a tout de même quelques problèmes de hitbox, qui rend parfois difficile la précision des coups. On peut interagir avec certains éléments du décor, s’accrocher à une corde, rebondir etc….

Clairement, le gameplay est simple, il est très aisé de contrôler Al et de parcourir les niveaux.  Le jeu est très dirigé vers l’action. Combattre les ennemis au sabre est très plaisant, on peut aussi les attaquer avec nos pommes. Dans plusieurs niveaux, on aura le droit à un boss qu’il faudra vaincre. Chacun ayant des particularités propres, ils devront être vaincu d’une manière différente. La jauge de vie d’Aladdin est indiquée par la fumée qui se dégage de la lampe.

Il y a un petit côté « exploration », car il ne suffira pas de suivre le scrolling horizontal pour finir le niveau. D’ailleurs, des passages secrets jonchent les niveaux et il va falloir traîner pour tous les trouver. Al pourra alors ramasser pas mal de choses. Des rubis, qui servent de monnaie, des pommes, pour attaquer les ennemis, des cœurs bleus, pour remonter sa vie, des têtes du Génie, permettant d’accroître ses chances de bonus de fin de niveaux, des tête d’Abu, pour avoir accès à des niveaux bonus, des têtes d’Aladdin pour gagner des vies et des lampes noires, permettant de tuer tous les ennemis aux alentours.

On retrouvera le petit vendeur du film durant les niveaux, c’est là que l’on pourra dépenser ses rubis pour acheter des vies ou des continus. A la fin de chaque niveau, une roulette nous permet d’avoir des bonus, plus on trouve de tête de Génie, plus on a d’essais. Les niveaux bonus permettent de contrôler Abu et on doit éviter de se faire toucher et affronter des ennemis pour avoir des bonus.


On dira simplement que la version Snes a vu son gameplay beaucoup plus travaillé et soigné que la version Megadrive. Al est un véritable acrobate sur Snes, il saute partout, s’accroche, peut appréhender ses sauts, alors que sur Megadrive c’est beaucoup moins précis et moins riche. Mais cela rend la version Snes plus facile que sur Megadrive.

Concernant les combats avec les ennemis, les 2 se valent. Il faudra choisir entre se battre au sabre ou sauter sur les ennemis. Même si beaucoup se plaigne du sabre en prétextant qu’Aladdin ne se bat pas avec un sabre, on ne le voit pas non plus sauter sur la tête des ennemis pendant tout le film. Attaquer les ennemis est plus facile sur Snes, vu les problèmes de hitbox sur Megadrive. D’ailleurs les boss sont plus intéressants sur Megadrive mais le boss final est plus réussi sur Snes. Il est intéressant de voir que l’on peut jouer Abu dans des niveaux bonus sur Megadrive.

Concrètement, la Megadrive semble mettre en avant l’action et la Snes la plateforme.


Chaque fois qu’on prend un bain, la lampe sonne!

Chez Nintendo, les musiques originales sont reprises dans les différents niveaux. Disons que le plus souvent elles s’inspirent des musiques du film. Les bruitages sont simplistes, assez semblables aux autres jeux de cette époque.


Sur la console de Sega, les musiques du film sont remixées dans le jeu, on retrouve le thème principal tout en y ajoutant d’autres sons. Même si les sons sur Megadrive sont souvent décriés, ici le chipset est poussé à fond pour pouvoir nous faire écouter ce fabuleux travail. Tout comme les bruitages qui sont très réussis.

Les 2 versions ont de très jolies musiques, mais la version Megadrive reste plus proche des thèmes principaux que la version Snes.


Quel physique, c’est magnétique, il est charmant

Visuellement, la version Supernes est jolie, très détaillée, on reconnaît bien les différents niveaux. Il y a un beau jeu de couleurs pastels, ça donne un ton très dessin animé et est bien adéquation avec le film. On joue sur différents plans et certains arrière-plans sont superbes. Le tout forme des décors enchanteurs et très soignés.

Le principal couac vient des animations, qui sont simplistes voir même basiques. Lorsque l’on voit bouger son personnage et les ennemis, c’est beaucoup trop simple, très classique.


Graphiquement, la version Megadrive est juste une claque. La direction artistique est très proche du film d’animation, on a même limite l’impression de voir le dessin animé devant nos yeux. Le design et les couleurs utilisés rendent clairement hommage au film. Les environnements sont remplis de détails, on reconnait tout de suite où l’on est. Quand on regarde l’écran, on est ébahi par le soin apporté aux plus petits détails. Lorsqu’Aladdin meurt il y a une petite animation sur un ring avec le Génie tout à fait superbe.

Mais le plus gros plus, c’est l’animation. Que ce soit les personnages ou les objets, tout est parfaitement animé, c’est très proche du film. C’est fluide, dynamique, superbe, on sent que les studios Disney ont participé à l’élaboration du moteur. Encore aujourd’hui, visuellement ça reste sublime.


Concrètement les 2 jeux sont très beaux à regarder, mais la version Megadrive explosent nos rétines. Cette version respecte bien le film, si en plus de cela, on prend en compte la qualité d’animation de cette version, on reste bouche bée devant l’écran. La version Snes est très jolie et détaillée mais visuellement, elle reste proche des jeux vidéo 16bits de l’époque.


Je suis liiiiiibre

Finalement, on se rend compte que l’on ne parle pas de 2 mêmes jeux. Il est vrai qu’à l’époque (et toujours aujourd’hui), on aime comparer 2 version d’un jeu sur 2 consoles différentes, permettant ainsi d’établir quelle version est la meilleure. Mais ici, on ne pourrait pas, les jeux ne sont pas du tout les mêmes, il n’y a que le thème qui est commun.


La version Snes est un très bon jeu, qui a eu pour objectif de faire plaisir au joueur jusqu’au bout grâce à son gameplay précis. Cela reste un jeu de plateforme classique mais très efficace.

La version Megadrive nous plonge complétement dans le film, même si son gameplay est moins étoffé, on est ébahi quand on y joue.


Personnellement, j’ai longtemps préféré la version Megadrive car c’est la version à laquelle j’ai joué le plus et c’est aussi la version que j’ai connue en premier à l’époque. En jouant à la version Supernes, on se rend compte que les 2 se valent. Pourquoi choisir alors que l’on peut jouer aux 2 versions.

2 réponses
  1. Gruute
    Gruute dit :

    Très bon article qui remet les pendules à l’heure : la conclusion est sans appel : 2 (très bon jeux) tellement différents qu’on peut apprécier l’un, l’autre ou les 2.
    La seule raison (valable) d’une guerre fratricide entre les 2 clans seraient la direction artistique, vraiment géniale sur megadrive (alors que je suis super nes maniaque 🙂 mais la beauté n’est pas tout.

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