1465917399-152-card

La série Pro Evolution Soccer est en progrès constants depuis quelques années et notamment l’arrivée du moteur Fox Engine sur l’épisode 2014. L’itération 2016 avait d’ailleurs marqué une avancée significative, avec un jeu de passes profond et intuitif, et un gameplay très agréable bien que gâché par des phases au final répétitives et des gardiens de but aux fraises. Cette année, Konami nous offre probablement l’opus de la maturité, et surtout celui de la ténacité d’un studio qui continue de se battre contre un rival qui a pourtant d’office le marché pour lui. “The plucky underdog”, comme le qualifie The Guardian, est bien présent, faible sur le contenu et les modes, mais incroyablement fort sur le fond. Voici deux appels et deux avis croisés sur la question et sur les versions PS4 et PC, ceux de Tarask et Totof, complémentaires, concordants sur l’expérience de jeu et en désaccord sur l’avenir de la série et l’importance à donner à l’emballage du titre.

Une histoire de jeu (Totof)

Le gameplay PES est bien revenu à l’essentiel, à savoir celui d’une simulation de football qui provoque en plus ce petit plaisir “jeu vidéo” qui fait la différence. Même si ce fameux équilibre n’est peut-être pas ce qu’il a été lors de l’ère PS2 – quand on sait l’orientation très réaliste prise par les deux seules séries encore vivantes, il demeure toujours cet ingrédient si particulier. Celui qui fait jouer et rejouer, qui fait se dire: “Allez, je m’en fais un dernier”. Parce que si c’est le Versus qui fait par exemple l’essence de la baston vidéoludique, c’est bien le match qui constitue la substance, la base du jeu de ballon rond. Si l’on omet les prestations très inégales des commentateurs Grégoire Margotton et Darren Tulett (souvent lourds, rarement amusants sur certaines passes d’armes), l’ambiance sonore est plutôt bonne, avec un public supporter et très vindicatif sur certaines situations litigieuses. Et le rythme suit, à base de phases de construction et de transition très agréables, de joueurs réalistes et bien animés, ainsi que de mouvements collectifs qui forment une sorte de chorégraphie générale plutôt jolie à l’œil. Cependant, les déplacements et les appels dans la profondeur sont un poil moins fréquents que l’an dernier, même si cela reste un élément clé pour marquer des buts. Et il faut la tenter pour battre des défenses coriaces, particulièrement très rudes et très agressives en mode Superstar.

286853_w412

Le jeu de passes reprend les bases de l’excellent travail de PES 2016, mais demande plus de finesse, de timing et de patience pour trouver les bons angles et éviter les interceptions. D’ailleurs, on prend un énorme plaisir à défendre globalement, que ce soit par le contact ou par l’interception, en envoyant un coéquipier au pressing sur le porteur du ballon tandis que l’on s’occupe soi-même d’aller marquer les potentiels receveurs et ainsi perturber la construction adverse. Quel kiff également de voir les joueurs s’arracher pour éviter une touche ou un corner, redresser une passe ou une frappe, ou bien encore couper une transmission en profondeur. L’aspect défensif est donc prononcé, avec des gardiens désormais très vigilants et durs à prendre en défaut, mais qui ont le tort de repousser beaucoup, ce qui donne lieu à des configurations de buts plutôt stéréotypées. Malgré une physique de balle toujours aussi lourde, et l’envie irrépressible de frapper de loin qui en découle, il est donc devenu extrêmement difficile de marquer depuis l’extérieur de la surface de réparation, les portiers remportant la plupart du temps le Challenge Thomas Price. Paradoxalement, les coups francs sont plutôt eux faciles à exécuter et se révèlent une arme très dangereuse. Quand l’arbitre, en général laxiste, daigne siffler et c’est en difficulté Superstar et une IA rugueuse que l’on en obtiendra le plus. Mais ce sont les centres, particulièrement ceux joués forts au premier poteau, qui sont les atouts offensifs les plus létaux, à condition de ne pas trop décroiser sa reprise, ce qui arrive souvent malheureusement.

pes17_02

Après plusieurs années d’utilisation, le moteur Fox Engine offre désormais de très jolis graphismes, permettant des visages très réalistes et l’effet de blur lors des ralentis est plutôt appréciable. C’est en fait surtout sur le plan du contenu que ce PES 2017 souffre beaucoup. En effet, certaines licences manquent à l’appel (notamment en Premier League), quand ce ne sont pas carrément des équipes! Le Bayern Munich est par exemple introuvable, excusez du peu. Et pour dénicher la Juventus Turin et le Real Madrid, il faudra bien chercher puisque ces équipes sont ici nommées PM Black White et MD White. La carence en licences n’est pas forcément un problème en soi (et encore moins les noms déformés qui nous ont offert de bien jolis rires à l’époque). Ce qui est gênant, voire inacceptable, pour tout bon passionné de football, c’est surtout de voir les tenues et les couleurs des équipes massacrées. Une solution reste encore de passer par un patch, mais messieurs de Konami, même si vous n’avez pas les licences nécessaires, rien ne vous empêche de faire par exemple un maillot rayé noir et blanc pour la Vieille Dame, ou un kit immaculé pour la Maison Blanche. Souvenez-vous de ce que vous faisiez sur la bonne vieille PS1, c’était largement suffisant. Parce que les pubs et les sponsors, qui en a franchement quelque chose à faire au final? On se consolera donc avec les classiques Ligue des Masters, Champions et Europa League, Copa Libertadores ou encore Coupe d’Asie des clubs pour un peu d’exotisme. Le mode Entraînement est plutôt plaisant et bien fourni, avec différents types de défis à la difficulté croissante.

1 réponse
  1. Le serpent
    Le serpent dit :

    Pour y avoir un peu joué et pour avoir treuillé jusqu’à la fin le bon vieux PES2016, je confirme les dires de nos amis !
    Mais en rajoutant : foncez putain !

    Répondre

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *