C’est en 1989 que naîtra donc la série R-Type avec l’arrivée d’une suite au mythique jeu de 1987. Logiquement intitulée R-Type II, cette séquelle sera-t-elle à la hauteur de son illustre lignage, déjà auréolé comme il le méritait à peine deux ans après ?

 

On reprend la même trame, mais encore plus dramatique : la Bydo a survécu et a retenu les leçons de son échec. Elle revient encore plus déterminée et aux commandes de forces destructrices encore plus redoutables ! Seule solution : renvoyer le vaisseau R-9 régler le problème, et ce sans la moindre once de diplomatie…

Un moule identique

R-Type II est donc une suite directe et tout cela se sent dès les premières minutes tant l’architecture du jeu est semblable. On démarre l’odyssée par un niveau introductif qui, à la manière du jeu de 1987, servira surtout à vous rappeler les rudiments du pilotage version R-Type : précision et correcte appréhension des premiers pièges, qui iront en se resserrant.

 Au rayon nouveautés, l’engin peut désormais être équipé d’un missile au sol très destructeur ainsi que de nouveaux tirs : une bombe à fragmentation dévastatrice mais difficile à utiliser, du tir multiple ainsi qu’un laser coudé puissant mais également délicat à utiliser viennent s’ajouter aux tirs directement repris du premier volet.

Le Charge Shot lui aussi a évolué en puissance avec non plus un, mais deux niveaux de puissance. Ce double degré est à double tranchant cependant : il réclame un temps de charge plus étendu et le niveau maximal de puissance ne se maintiendra que peu de temps, avant de retomber au niveau inférieur pour cause de surchauffe. Correctement utilisé, le rayon à son stade ultime de puissance causera de très lourds dommages aux ennemis même les plus résistants, cependant seuls des experts sauront en tirer le meilleur, tant l’ensemble du jeu se révèle difficile et intraitable…

Une exigence dantesque

 Car la seule véritable nouveauté de ce R-Type II pourrait résider en une augmentation nette d’une difficulté déjà pour le moins élevée. Chaque scène épique du volet de 1987 est reprise mais additionnée d’une idée qui la rend encore plus âpre ! Les boss réclament une lecture beaucoup plus poussée, le niveau 3 est devenu une véritable armada et vous devrez désormais détruire non pas une entité suprême Bydo, mais deux !

Ce challenge hautement pointilleux semble même réserver R-Type II à des joueurs plus que méticuleux. Mais ceci n’est en aucun cas une mauvaise appréciation de la part des développeurs, il s’agit bel et bien d’un choix délibéré qui, encore plus que le premier volet, témoigne de la volonté de lier la série R-Type à un type de jouabilité faite de précision et d’intensité.

 Précision et intensité semblent en outre être devenues la marque de fabrique de l’entreprise ; en 1988 Irem avait révélé Image Fight, un shmup vertical tout entier dévoué à la finesse des positionnements et à l’usage perfectionné des armes. Les concepteurs auraient donc tout misé sur l’aspect très minutieux du maniement de leurs jeux, et R-Type II jouit encore aujourd’hui d’une réputation de grande difficulté. Et bien évidemment, les joueurs chevronnés qui ne seront pas devenus totalement fous en triomphant pourront éventuellement tester leur talent sur l’infernale seconde boucle…

Un jeu élististe ?

Décrire les mécanismes de jeu de ce R-Type II serait donc redondant tant ils reprennent tout ce qui a fait la légende du premier épisode. Ce qui a posteriori apparaît comme un aveu : après la quasi perfection des idées du jeu de 1987 et leur harmonieuse mise en œuvre, était-il possible avec un deuxième volet de frapper aussi fort ? Ou cette suite était-elle fatalement condamnée à ne pouvoir que réitérer la haute tenue du gameplay mais sans pouvoir ne rien lui ajouter ?

Cette question peut d’ailleurs se poser pour chacun des épisodes à venir tant les apports de R-Type premier du nom avaient dès l’origine une portée incalculable. Désormais, chaque jeu de la série R-Type ne devait qu’intégrer un moule gigantesque : celui laissé par l’opus fondateur ! Mais en y apportant une petite dose d’individualisation tout de même.

 Dans le cas de R-Type II, cette identité est donc rehaussée d’une difficulté sévère, mais ceci n’en rendra la victoire finale que plus méritoire. Accomplir la mission proposée par R-Type II reste une prouesse véritable qui propulse le joueur parmi la fine fleur des pilotes méticuleux, minutieux, précis à l’extrême. Telle est la personnalité profonde de ce jeu de 1989 : conceptualiser encore plus, mémoriser encore plus que dans son aieul.

 Le jeu a été porté en 1991 sur Super Nintendo sous le titre Super R-Type, ou plutôt adapté : si l’ossature est semblable et certains niveaux tout à fait similaires, certains moments inédits viennent donner une identité distincte à ce titre hélas grevé de sérieuses tares d’animation, dues à un hardware encore bien mal exploité. Un coup d’essai qui a ses amateurs et ses délateurs, mais un opus partie de la série R-Type, une série qui avait déjà acquis ses galons de qualité et de précision.

BON À SAVOIR :  Un pari risqué Il était donc plus que culotté de vouloir donner une suite à R-Type, ce nouveau volet n’arrivant donc pas à autant chambouler les règles du shoot them up que son aîné de 1987. Mais comment lui en vouloir ? Le premier jeu de cette noble série était si riche qu’il équivaut bien à ce qu’auraient pu apporter deux autres jeux ! R-Type II peut donc être considéré comme un test ultime pour ceux qui pensaient être experts en pilotage après avoir dompté le premier. Vous en vouliez ? Vous allez en avoir.

 

À suivre :  R-Type Leo, R-Type III et R-Type Delta…Même site, même folie !

 

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