Vilain comme un poux

image.axdLe beat’em all a mis un certain temps pour s’affranchir de la formule classique de l’homme fort devant libérer la belle kidnappée par les méchants. Un schéma facile, souvent prétexte à justifier la bagarre. Les notions de vengeance et d’organisations criminelles ont donc été au cœur du genre jusqu’à ce que ses derniers représentants laissent plutôt place aux monstres et autres démons. Ce manichéisme n’a pas forcément servi les intérêts du genre, lui faisant perdre une profondeur évidente dans son look et ses inspirations. Heureusement, l’heroic fantasy et les mythologies sont venues sortir le beat’em all de ses rues de rage, et c’est avec aussi Golden Axe (1989) et Knights of the Round (1991) que se sont aussi écrites les premières heures de son histoire. Mais que ce soit Onimusha (2001) et ses démons, Double Dragon, Streets of Rage et leurs voyous, God of War et ses monstres, Dante’s Inferno et ses âmes torturées et pécheresses, les ennemis souffrent souvent d’un délit de faciès qui enlève au joueur toute mauvaise conscience au moment de leur refaire le portrait justement. Il n’y a guère que Bayonetta, encore, pour prendre un contrepied salvateur en proposant d’incarner une sorcière de l’ombre face à des hordes d’anges. On peut distinguer ainsi plusieurs genres de backgrounds pour le beat’em all (super-héros, street fighting, fantasy…), mais son essence première est la violence urbaine, que les malfrats armés de barres de fer et de couteaux, les héros punk, les prostituées en bottes de cuir, les rues taggées et sombres, et les rixes ont su entretenir. Le joueur a d’abord incarné un justicier de la ville avant le personnage puissant et doté de pouvoirs. Il le faut bien à la fois face aux groupes de petites frappes sur lesquels se font apprentissage et défouloir, et face aux boss plus grands qui imposent respect et crainte. Si démesurés finalement qu’ils participent à l’escalade dans le spectacle et la démesure qui font aussi le charme voire l’humour décalé du beat’em all, apôtre de l’excès et de la dérive.

2 réponses
  1. Le serpent
    Le serpent dit :

    Très belle réflexion !

    Je retiendrais une chose :
    2D = accessibilité et fun immédiat à plusieur
    3D = expérience intéractive plus complexe et sérieuse, mais tout autant divertissante.

    Et pis c’est tout !

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  1. […] rapts, chantages, filles en tenue en latex, rues mal famées, graffitis, tags, les codes du beat’em all urbain sont bien évidemment respectés, dans la grande tradition des légendaires aïeux Double […]

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