Un univers indémodable

Deus Ex premier du nom, le chef d’oeuvre de Warren spector

Un jeu vidéo, c’est également un univers, un scénario, une ambiance, un message. Dans ces domaines, les FPS Deus Ex, Bioshock et Metroid Prime ont su marquer leurs générations respectives. Dotés tous trois de qualités narratives, immersives et ludiques exceptionnelles et inégalées, d’une réflexion profonde et intelligente sur des problèmes de société touchant à la politique et au progrès scientifique pour les deux premiers, et d’un système de plateformes parfaitement maitrisé qui lui a permis de négocier idéalement sa mue vers la 3D pour le troisième, on est en droit de se demander comment ces monuments du jeu vidéo ont ou vont vieillir. Le titre de Warren Spector est déjà engoncé dans une jouabilité clavier-souris pour quiconque veut le découvrir aujourd’hui sur PC et affiche des graphismes 3D qui ont pris un âge certain. Quant à celui de 2K Games, s’il est sûr qu’il a pris idéalement le virage de l’ère HD, seul l’avenir nous dira s’il vieillira comme les meubles ou la culture de l’époque des années 50 de laquelle il s’inspire. Enfin, le volet Prime des aventures de Samus Aran est un pilier de l’exploration et de l’action, quoique gâché par de nombreux allers-retours qui auront peut-être du mal à répondre aux besoins et aux envies des futures générations de gamers.

A retenir

Il ne tient finalement peut-être qu’à leurs propres suites d’entretenir leur image, en donnant envie à de nouveaux joueurs de s’y essayer et en sublimant leurs atouts. Là se révèle une autre facette du vieillissement, quand une suite ou un remake remet au goût du jour un titre-phare de la culture jeu vidéo, mais un peu passé aux oubliettes. Par leur respect de l’épisode original – que l’on pourrait juger trop grand, Deux Ex: Human Revolution, Bioshock 2, et les volets Hunters, Echoes et Corruption de la saga Metroid Prime, ont ressorti ou entretenu le mythe créé par leur ainé, sans pour autant le dépasser ou l’égaler en termes d’expérience. C’est pour cette raison que, au-delà de leur simple pratique – qui se discute comme dit dans le paragraphe précédent, ces séries, et d’autres, continuent à vivre et finalement ne vieillissent pas.

Totof

5 réponses
  1. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Il y a un point que j’aimerais ajouter, si tu le permets, cher Totof ;-).

    J’ai le sentiment que le vieillissement des jeux s’est accéléré depuis que le niveau technique a permis au développeurs de se rapprocher d’une forme de « photoréalisme », l’arrivée des moteurs 3D graphiquement acceptables…etc.
    Certains se sont perdus dans la course à l’armement et à la poudre aux yeux, perdant de vue la part ludique pour privilégier la vidéo.
    Les (bons) jeux de l’époque 8/16 bits ont cette tendance à mieux vieillir car les limites technologiques étaient telles que d’une part, les créateurs étaient confiné en dehors du photoréalisme et « contraints » de créer des esthétiques qui leur étaient propre, au lieu de tenter d’imiter la réalité, ou de la magnifier à renforts d’effets spéciaux. On avait donc des jeux qui ne se réfugiaient pas derrière une avalanche de fioritures, mais des objets vidéoludiques profonds et cohérents, où chaque élément, du gameplay à la bande son, faisait partie intégrante de la dynamique du jeu. D’autre part, ces mêmes limites poussaient les programmateurs à faire montre d’ingéniosité pour les contourner. Dès la Playstation 2, il aura fallu un temps conséquent avant que l’imagination des créateurs se mette à effleurer les limites de la machine (c’est d’ailleurs cette rencontre des limites qui rend possible des perles comme Okami par exemple).

    La Playstation me semble être le point de basculement réel, là où la norme photoréaliste 3D s’est posée comme quasi impérative, le moment où les jeux se mettent à piquer les yeux dès que leur suite sort (qui joue encore à Tomb Raider aujourd’hui sans saigner des yeux ?), et où nos attentes ont commencé à être biaisées par les fantasmes Spielbergiens de l’image de synthèse et son impact.

    D’où ma grande joie de voir paraître des perles comme FEZ sur le XBLA par exemple, ou de rejouer à Ghost’n Goblins et de me dire « quand même, ce jeu n’a pas pris une ride (mais qu’est-ce qu’il est sans pitié…) »

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  1. […] animation fluide, la créativité et la détermination de son auteur en font un titre absolument intemporel. On souhaite que le remaster sur Switch soit à la hauteur du matériau original, pour s’y […]

  2. […] et remasters, l’époque actuelle a tendance à le rappeler: certains jeux sont inscrits dans le marbre, à jamais. Shadow of the Colossus s’est paré sur PS4 d’une robe des plus merveilleuses, a […]

  3. […] éternel. C’est peut-être romantique, voire complètement désuet et naïf de dire cela. Mais le temps n’a parfois pas de prise sur les sentiments et la qualité d’une oeuvre. Et jouer au remake 3DS […]

  4. […] (parfois plus grand que celui de rejouer à de vieux titres, pratique qui peut ternir certains souvenirs). Alors, le propos du livre est de retracer l’année 1998 du jeu vidéo et de démontrer […]

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