You’re sexy and I know it

Peut-être que le plus ennuyeux reste le fait que le jeu vidéo souffre d’une image manichéenne qui ne lui renvoie à la face que les clichés dont certains titres ont été la vitrine plus ou moins volontairement. Pourtant, est-ce que les filles en bikini de Dead or Alive: Xtreme Beach Volleyball véhiculent une image féminine plus fantasmatique que celle masculine portée par la musculature et la virilité exacerbées d’un Mitsurugi ou d’un Ryu par exemple? Comme souvent, la vérité est surement ailleurs, et surtout plus édulcorée, plus subtile. Du moins, voulons-nous le croire d’après notre expérience de joueur qui nous permet de penser qu’il y a une évolution, malheureusement 2wbri9ypeut-être encore trop lente. Sandra Duval Rieunier pense d’ailleurs que “l’apparence déraisonnablement sexy des ennemis féminins devient littéralement un facteur de malaise et d’angoisse”, renvoyant encore à des complexes masculins. Le mâle est ainsi renvoyé à des clichés autour de sa maladresse notoire avec le beau sexe. La critique et la problématique sont-elles alors inversées? N’exagérons peut-être pas, on aura du mal à croire que certaines représentations féminines dénudées ne sont pas là pour un autre but que celui de jouer les pin-up et titiller la fibre libidineuse du joueur masculin.

Belles gueules pour grandes figures

metal-gear-solid-snake-eater-3d_-0001Si certains moules semblent persistants comme le dit Stéphane Fauteux dans Girl Power, allant de la tutrice castratrice et autoritariste (Sofia Lamb dans Bioshock 2) au fantôme de petite fille (Silent Hill: Shattered Memories), en passant par la purificatrice sacrifiée (Aerith dans Final Fantasy VII, Yuna dans le X) à la prisonnière indispensable quoique empotée (Yorda dans Ico), d’autres ne doivent pas tomber aux oubliettes et montrent bien que le médium sait parfois créer des personnages féminins intéressants, profonds et mémorables. Parmi les plus célèbres, il y a l’incontournable The Boss de Metal Gear Solid 3: Snake Eater qui, derrière l’apparente traitresse, cache une mère et une patriote admirables portant un lourd fardeau. Eva en fera de même dans Metal Gear Solid 4: Guns of the Patriots, et le récit fait d’elles des héroïnes plus que des victimes. Plus récemment, Bayonetta, que l’on est en droit de voir comme une représentation de fantasmes sadomasochistes et de secrétaires, est aussi de ses femmes fortes puisque dotée d’un caractère en acier trempé, d’une langue acérée, d’un humour tellement décalé qu’il frôle l’autodérision, et d’un univers et d’un gameplay qui lui rendent bien ce qu’elle leur donne. Ainsi, Hideki Kamiya a lui-même avoué avoir choisi une héroïne car la représentation qu’il se faisait de son titre, et en particulier de son système de combat, revêtait une dimension féminine. Bien lui en a pris car le mariage est excellent.

4 réponses
  1. Le serpent
    Le serpent dit :

    The boss…
    La meilleure héroine féminine déjà, mais au delà, un des personnages les mieux réussi de l’histoire du JV pour moi, aux cotés de Big Boss, Sephiroth et John Marston

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  2. Peachiz
    Peachiz dit :

    Qui peut se vanter de pouvoir satisfaire tout le monde ?
    Concernant ces questions, le jeu vidéo ne m’a pas l’air plus en retard que les autres « supports de diffusion culturelle et/ou populaire », télévision en tête, publicités juste derrière. Y’en a-t-il vraiment un qui ne soit pas archaïque ? On peut presque se féliciter qu’il y ait des héroïnes dans le jv !
    J’aurais du mal à dresser un constat pour ma part. En tout cas très bon article bien sourcé

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    • Le serpent
      Le serpent dit :

      Je suis bien d’accord avec toi.
      De manière générale, les médias reflète la société (à moins ce que ce ne soit les médias qui influencent la société Oo), du coup, pas étonnant qu’on retrouve les mêmes pathologies dans les JV que dans le cinéma, la pub, etc…

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  3. StandingFierce
    StandingFierce dit :

    Je trouve cet article extrêmement enrichissant de par son concept inter-subjectif laissant parler plusieurs point de vue sans les mettre en opposition pour autant. Une pure situation de mapping qui est le meilleur moyen de voir/traiter la question sous tous ses angles pour amener une réflexion intelligente derrière.

    Cependant, en ma qualité de « technicien » (arf), un des arguments exposé m’a choqué. Celui concernant la place de la femme dans les jeux de combats au travers de l’exemple de Chun Li (la femme forte).

    S’il est vrai que Chun Li a cette image de femme forte par concept dès street fighters 2, et qu’elle est grandement mis en avant dans SF3.3 (c’est le nouveau perso, et l’un des slogan du jeu est: « She’s Back » accompagné d’un artwork avec sa cuisse musclée légendaire levée). A titre anecdotique, le perso est l’un des plus fort du jeu dans cet opus soit dit en passant (je ne sais pas si c’est volontaire ou pas vu que c’est un nouveau perso du jeu, il y a toujours une part d’aléatoire dans « son destin » si je peux me permettre cette allégorie).

    Par contre il est clair que si dans SFII, chun li était la « femme forte » (144 point de vie comme Zangief ou comme Ryu, ou comme n’importe qui dans le jeu) Street Fighter III fait partie de ces jeux qui décident de mettre de la « stamina » pour équilibrer le jeu mettant en valeur certains point de l’aspect externe des persos.

    Chun Li hérite d’une faible barre de vie plus faible que Makoto (1120 Chun li contre 1200 Makoto) et bien entendu, les femmes du jeu ont toute moins de point de vie que les hommes les plus « forts » du jeu (comme Hugo le catcheur). Cet argument évoqué n’est donc pas acceptable dans cet article puisque SF3 rends « la femme forte » fragile sur sa jauge de santé (elle reste super forte dans son gameplay mais encore une fois était ce volontaire? Ca on ne le saura jamais)

    Pour anecdote, Dead or Alive et Virtua Fighter dispose d’un système de poids (des persos léger et des perso lourd) et bien entendu plus on est léger, plus on vole haut, et plus on prend des combos (donc des dégâts) et bien entendu, il n’est pas rare que les femmes soit plus légère que les hommes dans ces jeux.

    Le jeu de baston et le beat them all sont clairement des genre qui affaiblissent les femmes sur le plan « physique » avec la notion de « dégâts » et « la jauge de vie ». SFII est bien l’une des rares exceptions à cette règle. (Il y a toujours des exceptions, je parle en général, et je connais très bien le genre, soyez en sûr^^)

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