les-jeux-independants

Ça y est, la Next Gen est devenue depuis quelques jours la Current Gen (sauf pour moi qui continue à parler de Next-Next-Gen,évidemment…), point de basculement qui redéfinit la donne, et comme à LSR, non seulement on aime le gros pixel qui tache, mais on suit aussi avec attention et intérêt l’actualité vidéoludique,  nous ne pouvions pas ne pas faire une semaine spéciale pour nous pencher sur les enjeux de la nouvelle vague et saluer l’accession au statut de « rétro » de la génération précédente. Sire Totof a entamé les hostilité en faisant le point sur cette dernière. Aujourd’hui, c’est sur la problématique de la scène indé que j’aimerais me pencher, qui a connu un essors tout particulier ces dernières années – et ce, quels que soient les supports – afin de définir les conditions paradoxales de son émergence. Pourquoi commence-t-on à parler de scène indépendante ? Sur quelles bases celle-ci s’est-elle développée ? Comment va-t-elle perdurer sur la Next Next Gen ? Le débat est ouvert…

Independence Day

Tiens, si ça c'est pas la magie d'internet, je parle de Tilt, et hop, je te claque une couv' pour illustrer! Magique, je vous dis, sales jeunes!

Tiens, si ça c’est pas la magie d’internet, je parle de Tilt, et hop, je te claque une couv’ pour illustrer! Magique, je vous dis, sales jeunes!

« Ah, les jeunes, y comprennent rien à la vie, j’te l’dis, moi! Y savent pas comment qu’c’était avant leur internet, leurs portables, leurs tablettes et tout ça! Fessebouque, Touiteur, t’en foutrais, moi! Moi à mon époque… » Oui, nous avons tous subi à un moment ou un autre une variante de ces petits discours réactionnaire, peut-être même, dans un instant d’abandon, en avons-nous même été l’auteur (quoi, j’aime pas Facebook, j’y peux, rien, me regarde pas comme ça, toi, kesta!?). Mais les changements de génération sont l’occasion de faire le point, de prendre du recul, de remettre les choses en perspective et d’admirer les ruptures souvent drastiques à l’origine des chocs générationnels. Difficile par exemple même pour ceux qui comme moi ont vécu looongtemps sans internet de se souvenir (ou d’imaginer pour les plus jeunes) à quel point cette invention a changé la donne. Aujourd’hui, plus de problème pour organiser un événement, quel qu’il soit : une annonce Facebook, deux mailing lists et hop, c’est torché! Bloqué dans un jeu ? Au lieu d’écrire une lettre à Tilt, Génération 4 ou Joystick Hebdo et d’attendre la réponse mois après mois, l’espoir chevillé au coeur, ou encore de revendre un rein pour amortir le coût de l’appel à la hotline Nintendo trois-francs-soixante-cinq-centimes-la-minute-patientez-s’il-vous-plait, désormais, en deux minutes et trois mots-clé, la soluce est là. Un désaccord ? Fini, les débats enflammés sur la traduction d’un mot, le nom d’un réalisateur ou encore l’age de Madonna, un p’ti coup de Google et hop, un débat plombé! Il faut vraiment faire un énorme effort d’imagination pour concevoir le monde avant Internet tant celui-ci détermine notre quotidien, en fait partie intégrante. Mais internet (d’ailleurs quand on est culturé on dit « les zinternets » maintenant) n’est évidemment qu’un exemple parmi tant d’autres, j’aurais pu parler de l’invention de la télé, du fil à couper le beurre, ou de l’enfile-suppositoire.

En ce qui concerne le sujet qui nous intéresse ici, c’est un peu pareil, la scène indépendante est tellement fermement implantée dans le décor qu’on en parle comme si celle-ci avait toujours existé. La réalité est bien entendu autrement plus complexe. Car la véritable question n’est pas tant « quand » (bon, ok, un peu quand même), mais plutôt « comment », et surtout « pourquoi ». Indépendante, d’accord, mais indépendante de quoi, au final ? Aujourd’hui, on considère vaguement que la scène indépendante l’est avant tout économiquement. On oppose les productions indies aux Triple A et compagnie. Et c’est déjà un début de piste, même si le « hors-triple-A » est un champ vaste et polymorphe, qui ratisse large, entre les jeux gratuits du web, les autoproductions du XNA à un euro, ou encore les jeux du XBLA ou de Steam produits via financements « crowdfunding » ou par le biais de petits éditeurs « indépendants » (mais déjà là, les choses deviennent un peu ambiguës, floues). Pour comprendre vraiment le phénomène, ses racines, ses conditions d’existence, il est intéressant de se demander pourquoi la scène indé s’apparente à un phénomène contemporain (c’est bon, ok, finalement, le « quand » pèse son petit poids, j’admets!).

7 réponses
  1. Flbond
    Flbond dit :

    Merci pour ce dossier sur l’indé.
    Sur Atari 2600 l’avalanche de petits titres était aussi du à l’émancipation des gars qui ont créé Activision et du procès perdu d’Atari qui a ouvert une brèche. Mais en tout cas tu montres que c’est une école ancienne qui a retrouvé des couleurs auprès du grand public avec la génération actuelle.

    Bravo sauf….

    que je ne suis pas du tout d’accord sur Jump :P. Pour ma part j’ai trouvé que ce jeu avait un style, mais qu’est ce que c’est fichtrement basique. Un peu comme Limbo ou Flower, les jeux à concept ont pullulé sur les plateforme indés.

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    • Toma Überwenig
      Toma Überwenig dit :

      PS : Et effectivement, tu notes avec justesse l’histoire du procès Activision, et la modification drastique du paysage vidéoludique qui en découle. C’est vraiment une période presque « punk », où tout est possible, à saisir au vol, rien n’est figé, tout est permis…. *soupir nostalgique*

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  2. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Jump, classique, certes, mais beau, agréable, un bon jeu, quoi (bon, le « excellent » est un peu excessif, j’avoue, je pense que je vais faire un petit editing des familles, l’air de rien, en cachette). Reste qu’il représente un bon exemple pour mon propos final, non ?

    Et effectivement, les jeux à concept sont légion, et sont souvent confondus à tort avec les jeux à vocation artistique (par exemple Limbo, que j’aime bien, est un jeu qui se limite un peu à son ambiance, voire même à son design, et son caractère intouchable me casse les burettes), mais aussi souvent réduit à leur mécanique par les détracteurs.
    Que Flower soit un jeu à concept dont on fait vite le tour, soit, mais l’expérience n’en est ni moins singulière, ni moins jouissive, ni moins émouvante.

    Merci pour ta lecture éclair, camarade ;-)!

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    • Flbond
      Flbond dit :

      J’ai refait une autre lecture plus approfondie et effectivement pour Jump je te rejoins car il illustre ton propos. Je ne dis pas que les jeux sont mauvais en soit, mais par exemple (tu as très bien dit) Limbo étant vendu comme la merveille poétique de la décennie, je n’ai pas trouvé de gameplay vraiment innovant derrière.

      Pour Flower je me suis éclaté dessus, mais j’étais dans un état second (fatigue pas drogues). En tout cas la scène indé peut dire merci à cette génération.

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  1. […] de la scène indé, paradoxale en soit (oui, je me permets de citer quasi mot pour mot le titre d’un autre article rédigé par mes soins, et sans une trace de honte) car son indépendance varie inversement proportionnellement à son […]

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