Tel père, mais pas tel fils

imagesUn autre schéma de saga consiste à créer une continuité sur des éléments tels que le gameplay, la bande-son, la touche artistique, tout en s’affranchissant complètement ou en partie du scénario et de l’univers des opus précédents. C’est le cas des grandes séries du RPG que sont Dragon Quest, Final Fantasy et The Elder Scrolls. Si elles partagent le goût pour l’écriture d’histoires indépendantes à chaque nouveau volet, l’introduction de personnages inédits, la reprise de thèmes musicaux et de monstres caractéristiques de chacune, les sagas nippones s’opposent sur le respect à porter aux traditions, notamment en ce qui concerne le ton et le système de combat. Quand la première détend, fait rire et ne démord pas de son sempiternel tour par tour, la seconde expérimente, émeut et se risque à divers essais, encensés pour certains opus (Final Fantasy VII), largement critiqués pour d’autres (Final Fantasy VIII, XII et XIII). Dans la même veine, certains épisodes marquent une rupture nette dans les univers et la relation qu’ils tissent avec le joueur, le septième se déroulant dans un univers cyberpunk et le treizième supprimant l’obligation de dialogue et l’exploration. L’absence de continuité scénaristique évite d’avoir à rendre des comptes aux personnages passés et surtout, elle oblige à se réinventer. Dans une certaine mesure, The Elder Scrolls et The Legend of Zelda suivent également cette ligne, même si chaque épisode contribue à la grande histoire, respectivement d’Arena et d’Hyrule. Pour ces séries, le délai entre deux épisodes est suffisamment grand pour susciter l’envie, créer le désir et développer un jeu à la fois one-shot et appartenant à une grande famille de qualité.

C’est ce qui fait en grande partie le succès de Metal Gear Solid, qui a su créer des itérations aux caractères propres, contrairement à Splinter Cell par exemple qui n’a retrouvé un souffle qu’en bouleversant son metal_gear_solid_3.57650moteur graphique ou son approche, avec Chaos Theory et Conviction. Ces salutaires changements de cap sur la réalisation et le gameplay, certains autres l’ont bien compris, comme Pro Evolution Soccer 3 qui a trouvé un équilibre difficilement imitable, FIFA 12 qui a intégré une nouvelle façon de défendre, Onimusha 3 qui a fait passer ses décors et sa jouabilité en 3D, ou encore The Witcher 2: Assassins of Kings qui a certainement posé un nouveau canon en termes de qualité graphique avec son splendide RED Engine.

A retenir

Les sagas font partie du patrimoine vidéoludique, à petite et grande échelle, aussi bien auprès du public profane que du connaisseur. Si certaines ont accouché de moutons noirs ou d’enfants gâtés, d’autres ont su respecter et exploiter à bon escient l’héritage de leurs ancêtres pour offrir des titres dans la continuité ou au visage différent voire meilleur. L’une des difficultés majeures réside finalement dans l’adéquation entre les désirs des créateurs et les attentes des joueurs, grandement dépendante du contexte, des évolutions de gameplay, de la concurrence et du rythme de sortie des itérations.

Totof

2 réponses
  1. Le serpent
    Le serpent dit :

    Stop aux suite annuelles de type Call of Duty !
    Vive les nouvelles licences aussi ! On veut plus de heavy rain, LA Noire, Bayonetta, et compagnie !

    Répondre

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *