L’union fait-elle la force ?

Le RPG, quant à lui, sait depuis longtemps magnifier les héros solitaires et les groupes solidaires. Personnage créé ou imposé, les avatars des Zelda-like, des Elder Scrolls et des opus de The Witcher se suffisent quasiment à eux-mêmes, le système de combat et de progression se révélant suffisamment profond pour donner de l’ampleur à la quête. La série Final Fantasy envoie au front des escouades complémentaires avec un leader qui cache parfois l’homme ou la femme véritablement au centre de l’intrigue. Alors que la rivale Dragon Quest coupe la langue du personnage principal, dont la dénomination est confiée au joueur, lui donnant ainsi une impression illusoire de contrôle et d’assimilation puisque l’histoire du bonhomme est déjà décidée en dur. Le jeu de plate-forme a également su alterner progressions solo et en équipe, Mario devenant récemment coopératif voire compétitif. De même pour Rayman et Jak & Dexter, dont le duo bon vivant est la marque de fabrique. La jeune Elizabeth de BioShock Infinite est une pièce maîtresse du gameplay, venant en aide au joueur par des suggestions, des items et d’autres choix d’approches. Lors des phases d’exploration et des moments d’accalmie, les dialogues construisent une relation de proximité entre Booker et cette fille aussi attachante que perspicace, d’une présence à l’écran si imposante que le doute est permis quant à l’identité du protagoniste principal. Le PNJ ne devient plus collant ou un boulet, comme peut l’être parfois Yorda dans Ico, ou trop souvent Emma dans MGS2. Les 3vs3 dans les titres de Versus Fighting ont ajouté une gestion long terme et collective à des joutes jusqu’alors frontales: le combat ne se résume plus à la simple victoire d’un sprite sur un autre. Malheureusement, cela peut desservir ou dénaturer le gameplay, comme dans la série des Marvel vs Capcom ou Street Fighter x Tekken, où le déferlement visuel prend le pas sur la technicité, clef de voûte des jeux de cette catégorie.

A retenir

Le jeu vidéo, comme toute autre forme de culture et de divertissement, est avant tout une question de goûts personnels, de tendances, de moments. Ainsi, l’incarnation d’un avatar ou la gestion d’une population ont chacune leurs publics, loin d’être forcément disjoints. Elles ne sont en fait que l’expression de la richesse des possibilités de jeu et d’immersion offertes par le medium.

Totof

3 réponses
  1. Flbond
    Flbond dit :

    Bon dossier mon cher Totof, le héros est une grande partie de l’immersion pour pas mal de jeux. Personnellement Elizabeth dans BI m’a violemment pêté les -bip-.

    Répondre

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