La vision actuelle de nos jeux rétro

[REFLEXION] Le sexisme dans le monde du jeu vidéo

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Au sommaire :

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Bon, à mon tour ; je débarque avec mes deux chromosomes X pour traiter d’un sujet délicat et récurrent à notre époque et qui, pourtant, peine encore à passer. Je commencerai par dire que non, aucune féministe ne parle de cela dans le seul but de faire chier les joueurs, mais plutôt dans un souci d’être all inclusive. Un concept dont je parlerai plus tard. Il y a trois ans, anecdote banale. Je discute tranquillement avec une connaissance de promo. Comme dans la plupart des conversations de personnes ne se connaissant pas très bien, on discute de trivialités : la météo, nos profs, etc. On en vient aux jeux vidéo. Ses yeux s’agrandissent de stupeur lorsqu’il apprend que je joue en ce moment à Fallout : New Vegas. Je lui demande pourquoi, il me répond qu’une fille qui joue aux jeux vidéo, c’est rare. Pour ma part, je suis très étonnée. Je ne m’estime pas victime de sexisme du fait de cet épisode, mais je pense qu’il révèle une chose : nous avons encore du mal, en tant que femmes, à avoir de la visibilité, alors que nous sommes plus nombreuses que les joueurs. Car oui, aujourd’hui, croyez-le ou non, il y a plus de joueuses que de joueurs. Si, si. Alors, me direz-vous, et si on exempte le casual gaming, mmh ? Je vous répondrai fort bien, certes. Le marché du jeu vidéo a changé, les supports de jeu aussi, les joueurs aussi. Mais en termes de « hardcore gaming » (terme que j’abhorre à titre personnel), que personne ne se leurre, le jeu vidéo, ça n’a jamais été « que » une histoire de mecs : nous sommes là depuis le début. *insérer smiley espiègle ici* Mais nous sommes, effectivement, victimes de sexisme. Vous aussi, au passage. Et ce sexisme s’exprime à plusieurs niveaux – il est d’ailleurs légitime de dénoncer contextuellement ce sexisme (ici dans le domaine du jeu vidéo), puisqu’il ne s’exprime pas partout de la même manière et que savoir l’identifier clairement dans différents aspects de la société permet de faire un travail de fond plus poussé. Je commencerai par parler du sexisme que peuvent subir les femmes travaillant dans le jeu vidéo, puis les galères que peuvent connaître les passionnées du jeu vidéo, que ce soit gameuses ou cosplayeuses. Je glisserai évidemment un mot sur le sexisme que peuvent subir, de leur côté, les hommes.

Pourquoi en parler ?

"Oh mon Dieu. Une FILLE ?!"

« Oh mon Dieu. Une FILLE ?! »

Je ne mentirai pas et je vais dire tout de suite que oui, je vais reprendre des éléments du quasi livre blanc écrit par Mar_Lard qui a causé un tel buzz sur la toile après sa parution. Si je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’elle dit, on ne peut nier les faits édifiants qu’elle nous expose. Le sexisme dans le jeu vidéo est une réalité ; et malheureusement, le dénoncer aujourd’hui se heurte encore une fois à une véritable levée de boucliers. Alors, sincèrement, du fond de mon coeur de gameuse passionnée : non, on ne dit pas ça pour vous faire chier. Bien sûr que non, vous n’êtes pas tous des gros machos, je sais que la majorité des joueurs et des joueuses ne versent pas dans les comportements outranciers à l’égard de l’autre/ou du même sexe. Ne prenez pas ce qu’on vous dit comme une accusation. Comme vous, nous aimons passionnément les jeux vidéo, nous trouvons que c’est un média fantastique riche en nouvelles possibilités. Le fait que nous dénoncions le sexisme n’est pas une volonté pour nous de décrédibiliser ou de pourfendre ce média que nous aimons tant, ni de vous attaquer personnellement en tant qu’hommes, mais simplement de rester critique vis-à-vis des messages que le JV peut transmettre, comme toute autre forme d’expression culturelle. Notons également que j’estime que le jeu vidéo, tout comme beaucoup de centres d’intérêt étiquetés « geeks », comme les comics, fait d’énormes progrès en matière de lutte contre le sexisme, l’homophobie, etc. En somme, si je vais dénoncer ce qui à mes yeux reste à corriger dans cette industrie, je n’oublie pas que le média avance, mais qu’il reste un bout de chemin à faire.

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A propos de l'auteur

Photo du profil de Karrie

Gameuse et fan de chatons.

21 commentaires

  1. Photo du profil de greyfox0957 / Old Victor

    Excellent article ! Je l’attendais avec impatience celui là depuis le début de la polémique. Il était temps que le Serpent Retrogamer porte sa voix sur le sujet.

    Je crois que tu mets en forme toute mon expérience en la matière, comme le fait de voir une joueuse étrangement mise à l’écart (et parfois sur un ridicule piédestal) par certains. Je crois vraiment que notre communauté a beaucoup voyagé à la fois dans la perceptions de ses membres par eux mêmes mais aussi par ceux qui en sont extérieurs.

    Pour ma part j’ai toujours joué avec des femmes, déjà ma mère me prenait ma gameboy quand j’allais me coucher et ensuite lors de mes première expériences online je jouais avec et contre des filles à Battlefield Vietnam. Alors effectivement j’ai été un peu surpris de la polémique mais il faut bien savoir ouvrir les yeux, tout n’est pas tout blanc ou tout noir comme tu le dis.

    Bref, article passionnant.

  2. Photo du profil de Delnics

    Bon bah, je crois que Greyfox a fait un peu le tour de ce que je voulais dire ^^
    Espérons simplement que la situation continue d’évoluer pour éviter de tomber dans les excès que tu nous as bien présenté.

    En quelques mots, un très bon article avec une analyse fine et pertinente de la situation 🙂

  3. Très bon article, bien écrit et qui sent le vécu. J’aurais juste un bémol sur ta dernière partie un peu naïve, mais tu le fais peut-être exprès justement pour équilibrer ton propos et pour dire: « Haut les cœurs! Il y a de l’espoir, même moi j’y crois! »

    En tout cas, on est d’accord sur le fond: il y a encore du boulot. Comme le dit Geneviève Picard, cette industrie est encore immature. A tous les étages, selon moi.

    • Photo du profil de Karrie

      Merci !

      Je ne me pense sincèrement pas naïve, mais optimiste. 😉 Et puis je l’ai dit, y a encore du boulot, je voulais souligner ce qui s’améliorait pour ne pas être complètement négative, car il n’y a pas lieu de l’être.

      La maturité vient. Pas à pas…

  4. Photo du profil de Le serpent

    La dernière phrase la plus classe du monde !

    Mais en fait je trouve qu’il y a un problème de fond.
    Comme tu dis, les hommes se pensent plus connaisseurs que les femmes, notamment dans le milieu du journalisme du jeu vidéo, milieu que je fréquente assez souvent pour le coup.

    C’est un milieu qui est à la fois très soudé et très fragile. Tout le monde se tirent dans les pattes, dis que les autres sont nuls, et pourtant ils profitent tous du système et les journalistes se soudent autour de ça.

    Autour de quoi, et bien de différents sujets : les présentations avec du champagne et des petits fours c’est normal, le jeu vidéo ne rend ni violent ni addict, le jeu vidéo est un art, etc… Et malheureusement aussi, le jeu vidéo, les hommes sont mieux placés pour en parlé.

    Et il faut se rendre à l’évidence, quoi qu’il arrive il y a bien plus d’homme dans le journalisme JV que de femmes. Tu le vois dans toutes les rédaction, dont celle de LSR, ou toi Karrie, et Palona (nouvellement venue) demeurent les seules filles.

    Les hommes s’opposent donc aux femmes…….

    Je le déplore et je le dis sincèrement, chez LSR, nous recherchons encore une femmmmmeeee !!

    Pour finir comme d’hab : très bon article ^^

    • Photo du profil de Karrie

      Merci !

      Oui, il y a un problème de fond, qui s’exprime à plusieurs niveaux. Je pense que le sexisme dans le JV, et dans la culture « geek » en général n’est qu’une expression particulière d’un sexisme encore généralisé dans la société. Le fait que la parole soit essentiellement laissée aux hommes, pour citer ton exemple, ce n’est malheureusement pas restreint à ce milieu. Mais on arrive, on arrive, gardez-nous un peu de place ! 🙂

      Je ne crois pas que les hommes eux-mêmes s’opposent aux femmes, je crois que le patriarcat fait ça. Je crois qu’on en est tous à la fois victimes et coupables…

  5. Mon avis perso : Je pense que depuis le début de l’ère du jeu vidéo, il y a eut des joueuses. A l’école, j’avais des copines qui jouaient à la Nintendo, voir la Super Nintendo. Mais il ne faut pas se leurer non plus, la majorité des joueurs sont des garçons. Si cette domination tend à diminuer au faveur de la gente féminine, je pense que c’est en partie dû, à l’explosion des concepts de jeux plus porté pour les filles comme les simulations de vie (les Sims donc) et l’accessibilité, la casualisation, des jeux comme Alexandra Ledermann, prisé à 99% par un public féminin.

    Entendre une fille qui avoue jouer à Fallout me surprendra, bien sûr, c’est évident. Ce n’est pas courant, et excusez moi de m’en rendre compte lorsque l’on côtoie des gens de toute sorte, pas forcément des joueurs, mais des gens de tous les jours (travail, sortie, loisirs, etc.) où la tendance du jeux vidéo est souvent plus prisée par les hommes.

    Un exemple frappant : la plus part des nanas qui sont elles même déjà joueuse et qui ont un petit copain ont beaucoup plus de chance que celui-ci partage cette passion avec elle, que l’inverse : un joueur qui aura beaucoup de mal à trouver une petite amie qui aime tout autant sa passion (expérience vécue).

    Après cela dit, je pense qu’il faut simplement accepter cette tendance, et que pour une fille qui entre dans un univers prisé par les hommes, il fallait s’attendre à cette constatation. Tout comme un homme qui entre dans un univers féminin qui sera plutôt mal vu, lui aussi. C’est les tendances de notre société qui veut ça mais je pense personnellement que c’est plutôt une très bonne chose quand on s’ouvre à des univers qui ne nous sont pas attribué d’un point de vue du sexe.

    • Photo du profil de Karrie

      Ben je sais pas quel est ton entourage, mais des gameuses, j’en vois partout. 😉 Et je le répète, on a atteint la parité, et non, pas seulement sur les jeux « pour nous ». Quand tu regardes les jeux Bioware, ÉNORMÉMENT de filles y jouent. Et voilà pour la France : http://fr.slideshare.net/cchaudoit/etude-sur-le-march-du-jeu-video-en-france-2011 D’ailleurs, la plupart des jeux conçus pour les filles sont pas mal boudés, justement. Les Alexandra Lederman, c’est les gamines qui y jouent, pas les joueuses « tradi » de 30 ans (c’est-à-dire la moyenne d’âge du joueur lambda).

      Mais il est vrai que étant traditionnellement un média supposément masculin, certaines n’ont pas vu l’intérêt d’y aller et certains ont tout simplement fermé les yeux. Donc c’est plutôt logique que la transition petite amie > joueuse soit plus répandue que l’inverse. Qui plus est, j’avoue aussi qu’à titre personnel (encore une expérience vécue 😉 ) y avait un moment où je disais même plus à quoi je jouais, parce que j’en avais marre des « Oh mon Dieu tu joues à ça ?! ». Et je doute d’être la seule.

      Je ne dis pas que la réaction n’était pas attendue, mais elle n’en est pas moins acceptable pour autant, je pense que tu en conviens. 🙂

      • Très franchement, ça me semble louche cette répartition des sexes dans le jeu vidéo. Il faudrait savoir sur quoi ils se basent pour faire le calcul ? D’autant plus qu’ils estiment à 16% les joueurs de moins de 18 ans ?! Wtf ?! La plus grand part de joueurs sont des adolescents, qu’est-ce que c’est ces statistiques ?! S’ils prennent en compte les applications Facebook avec Farmville ou les applis LoveTest et AstroMail sur iPhone, là encore, ouais je pourrai comprendre même si pour moi, cette catégorie de jeux fausse grandement la tendance et d’ailleurs, les filles qui jouent à des jeux sur Facebook ou qui achètent occasionnellement des jeux « passe-temps » dans les transports en commun ne se prétendent pas elle même jouer aux jeux vidéo.

        Quand on pense déjà qu’une bonne partie des jeux vidéos sont quand même essentiellement ciblés pour les hommes (je suis pas sûr qu’il y ait beaucoup de filles qui jouent à Gran Turismo, jeux de course automobile, sport, foot, boxe, voir même les Call off bien qu’il y en a pour ce dernier). Pour moi ce serait plutôt un ratio 60/40 voir 70/30 entre les hommes et les femmes, et encore, je surestime beaucoup.

        Mon amie actuelle est une gameuse (les précédentes ne l’étaient pas) et bien que nous n’avions pas vraiment les mêmes goûts de jeux vidéo (elle plutôt Next-gen et PC, moi plutôt consoles voir rétro), elle m’a avoué qu’il était difficile d’avoir des amies filles qui partageaient sa passion ou de parler de jeux vidéo avec elles… Et ce n’est pas la première gameuse à m’avouer ça.

        Mon entourage est le même que le tiens (à moins que tu ne côtoies qu’un cercle très fermé de gameuses), je côtoie des gens de tous milieux, de par mes études artistiques (domaine qui se rapproche quand même des jeux vidéo) où il y avait une majorité de filles, très peu pouvaient prétendre à une culture vidéoludique (artistique oui, mais pas les jeux vidéo), et travaillant actuellement dans la communication où encore une fois, une majorité de filles travaillent dans nos équipes, il est courant que la plus part nous avouent clairement voir même, se le disent entre elles : « Ah les mecs et les jeux vidéo » ou « Tu joues encore aux jeux vidéo ? » ou « Les jeux vidéo, c’est un truc de mec »… Oui, il y en a qui nous disent ça comme si nous étions encore des enfants immature et irresponsables… Et ouais, ça sort encore de votre bouche !

        Après, je ne suis pas en train de jeter la pierre car heureusement, effectivement, il y a des exceptions et des gameuses qui jouent à Bioware comme tu dis… Et pour le coup, oui : Ah bon tu joues à ça ?! lol

        • Photo du profil de Karrie

          Oui, ils comptent les jeux casu, et alors ? 😉 On peut toujours commencer en casu et évoluer vers des jeux plus complexes. Pourquoi pas ? Bon après je vois ce que tu veux dire, hein. Mais je t’assure que la recrudescence de filles jouant aux jeux vidéo ne vient pas du fait d’une soi-disant sortie de jeux « pour nous ». Oui, c’est en partie du à la casualisation du gaming, je vais pas faire ma naïve, mais je pense aussi et surtout que c’est parce que les jeux et la communauté ont de moins en moins tendance à nous foutre dehors.

          « (je suis pas sûr qu’il y ait beaucoup de filles qui jouent à Gran Turismo, jeux de course automobile, sport, foot, boxe, voir même les Call off bien qu’il y en a pour ce dernier) » y en a plein. Vraiment. 🙂 Sur XBox Live elles ont tendance à planquer leur genre pour pas se faire emmerder.

          « Pour moi ce serait plutôt un ratio 60/40 voir 70/30 entre les hommes et les femmes, et encore, je surestime beaucoup. » Au contraire, tu sous-estimes. C’est plus proche du 55/45 (certes en faveur des hommes).

          J’ai fait des études de commerce. Si mon cercle d’amis à l’école ne comporte pas énormément de gameuses, pas mal de filles jouaient à Age of Empires, à Fallout ou à Portal. Quant à mon cercle plus étendu, je connais un nombre équivalent de gameurs et de gameuses.

          « Oui, il y en a qui nous disent ça comme si nous étions encore des enfants immature et irresponsables… Et ouais, ça sort encore de votre bouche ! » Oui, c’est encore un stéréotype qui court un peu. Et non, ça sort pas de la mienne, ni d’à peu près toutes les filles que je connais. C’est un peu triste de la part de ces filles.

          « Après, je ne suis pas en train de jeter la pierre car heureusement, effectivement, il y a des exceptions et des gameuses qui jouent à Bioware comme tu dis… Et pour le coup, oui : Ah bon tu joues à ça ?! lol » Ouais, depuis la sortie de Baldur’s Gate 2 (Même qu’encore plus jeune, je jouais à Duke Nukem 3D, et oui, comme quoi on peut jouer à des jeux irrévérencieux et « d’apparence » machiste.). Et si tu faisais un tour sur le Bioware Social Network, tu verrais qu’on est une horde de nanas, ça n’a rien d’une exception. Pourquoi ? Peut-être parce qu’absolument tous les jeux qu’ils font proposent de jouer une femme, qu’il n’y a pas de cliché machiste, qu’on peut personnaliser son histoire à fond. Bref, on a des développeurs qui nous écoutent, c’est pas étonnant qu’on achète leurs jeux.

          • … »Oui, ils comptent les jeux casu, et alors ? »

            Ben, ça veut tout dire ! lol C’est ce qui fait la différence entre les femmes et les hommes sur ce point. D’un côté, tu as ceux jouent et consacrent du temps aux « jeux vidéo » (PC, consoles, etc.) et de l’autre qui se distraient occasionnellement sur Facebook ou sur l’iPhone. Malheureusement, la seconde partie semble dominée l’autre.

            Si je ne comptais pas mes anciennes amies comme des joueuses, elles avaient bien quelques jeux de casse brique ou de simulation de ferme sur leur iPhone ou Facebook. Parce que quand il était question de leur présenter un vrai jeu vidéo, ça les gonflait très vite et elles s’énervaient, sauf pour Heavy Rain où l’une l’avait carrément fini avant moi.

            … »Y en a plein. Vraiment. 🙂 Sur XBox Live elles ont tendance à planquer leur genre pour pas se faire emmerder. »

            Déjà, je ne joue pas sur le Live ni en ligne. Mais de toute ma vie, je te le dis bien, je n’ai vue aucune fille allumer une console pour lancer Gran Turismo, un jeu de boxe, de foot ou un Call Off (bien que pour ce dernier, je pense qu’elles se cachent :P). Surtout concernant les voitures, tu vas pas me dire que la majorité des affectionnant sont des femmes ? Pas sur ce point là n’est-ce pas ?! Même s’il y a des mécaniciennes qualifiées dans certaines garages, l’automobile reste et restera toujours une passion prisée par les hommes avant tout !

            … »C’est plus proche du 55/45 (certes en faveur des hommes). »

            Encore faut-il savoir sur quelles valeurs ils se basent ?

            … »J’ai fait des études de commerce. Si mon cercle d’amis à l’école ne comporte pas énormément de gameuses, pas mal de filles jouaient à Age of Empires, à Fallout ou à Portal. »

            En parlant d’étude, j’avais une amie gameuse qui avait même indiqué sur son CV (partie centre d’intérêt) qu’elles aimait les jeux vidéo. Si pour un mec, ça parait banal et futile, en revanche pour une fille, ça lui donne un certain prestige qu’un mec ne pourrait pas se permettre. Disons que je me verrai mal l’indiquer sur mon CV.

            Je n’ai jamais joué à Age of Empires ni Fallout (ce n’est pas du tout mon genre de jeu) mais ma copine y a déjà joué (surtout le premier qu’elle avait sur PC), comme quoi, vous aimez les mêmes jeux.

            Quant à Portal, excellent jeu auquel nous avions joué ensemble, j’ai adoré.

            … » Oui, c’est encore un stéréotype qui court un peu. Et non, ça sort pas de la mienne, ni d’à peu près toutes les filles que je connais. C’est un peu triste de la part de ces filles. »

            Oui je suis tout à fait d’accord avec toi et j’imagine bien que ça ne sortirait pas de la tienne :P. « Les jeux vidéo, c’est un truc de mec », je l’avais entendu d’une conversation entre deux collègues dont l’une racontait les centres d’intérêts débordant de son nouveau copain et apparemment, il aimait les jeux vidéo. « Comme tous les mecs ? »

            Mon ex ne supportait pas non plus que je puisse consacré toute une soirée ou après-midi sur un jeu vidéo alors qu’elle s’autorisait de passer toute une nuit à regarder plusieurs saisons d’une même série. Bien sûr, c’est plus raisonnable ?

            Comme quoi, tu vois, en dehors du sexisme qu’il peut y avoir dans le jeux vidéo, ce média est encore considéré par beaucoup, comme un loisir de jeunesse auquel on devrait délibérément quitter après l’adolescence.

            Mais bon, perso, moi je vis ma passion de mon côté et j’embête personne. La seule chose que je demande, c’est que l’on ne m’embête pas avec ça. 🙂

            … »Ouais, depuis la sortie de Baldur’s Gate 2 (Même qu’encore plus jeune, je jouais à Duke Nukem 3D, et oui, comme quoi on peut jouer à des jeux irrévérencieux et « d’apparence » machiste.). Et si tu faisais un tour sur le Bioware Social Network, tu verrais qu’on est une horde de nanas, ça n’a rien d’une exception. Pourquoi ? Peut-être parce qu’absolument tous les jeux qu’ils font proposent de jouer une femme, qu’il n’y a pas de cliché machiste, qu’on peut personnaliser son histoire à fond. Bref, on a des développeurs qui nous écoutent, c’est pas étonnant qu’on achète leurs jeux. »

            Et bien en fait, je suis de moins en moins étonné qu’il y ait des filles qui jouent à des FPS car effectivement, si j’admets qu’elles sont plus rare à jouer à Gran Turismo, en revanche, il y en a quand même qui jouent continuellement à Counter Strike et Call Off (qui ne sont pas du tout mon genre de jeu au passage). Il y a même des tournois où des équipes ne sont constituées que de filles (pour Counter Strike) dont leur niveau avait d’égal celui des hommes et d’ailleurs, en parlant de tournoi, tu dois sûrement savoir que le meilleur joueur mondial de la série des Soul Calibur en terme de tournois professionnels est une femme ?

            Pour revenir au style de jeux dont tu joues, j’ai l’impression que les filles s’adonnent beaucoup plus aux jeux en lignes que les garçons. Il y a encore quelques années, ma copine passait beaucoup de temps sur Wow et à présent, même si elle s’est restreinte, elle continue toujours de jouer à des jeux en ligne (pas des Farmville ou autre mais de véritable MMO), et se constitue un solide statut de reconnaissance en tant que joueuse amatrice.

            Comme je te disais dans l’un de mes premiers messages, à l’école, j’avais des copines qui jouaient aux jeux vidéo et à cette époque (début 90), il était courant que nous y jouions à proportion presque égale… Mais à partir des années collèges, les filles ont tendance à mieux s’ouvrir socialement, à privilégier les discussions entre filles, faire des sorties entre amis et s’intéresser à la gente masculine, disons plus subtilement (lol)… Tandis que beaucoup de garçons (dont moi) préféraient s’enfermer et s’isoler seul, plus qu’auparavant dans l’univers du jeu vidéo.

            Je fais sûrement une généralité mais je pense que c’est à partir de cette période là que les filles commencent à délaisser les jeux vidéo et que le ratio baisse en leur défaveur… En tout cas, celles qui continuent à jouer se retrouvent souvent dans les simulations de vie ou les jeux en ligne, là où le terme « Social » est présent. Voilà pourquoi, et sûrement, qu’il y a une horde de filles sur le Bioware Social Network 😉

            Quant à dire qu’un personnage principal féminin est pensé pour être joué par des filles, je ne suis pas vraiment d’accord avec toi. Quant est-il de Tomb Raider ? Lara Croft a prouvé qu’un personnage féminin dans un jeu vidéo (bon, soit, un sexe-symbole virtuel) pouvait amassé de nombreux joueurs masculins. On pourrait même dire que le succès n’aurait pas été au rendez-vous s’il avait été un personnage masculin. Perso, ça n’aurait rien changé pour moi car Tomb Raider m’a prit au cœur pour l’aventure qu’il proposait mais sans doute que d’un point de vue marketing, l’effet fut réalisé.

            De nombreux autres jeux ont présenté un personnage principal féminin (bien avant Tomb Raider), à commencer par Metroid (1986), Super Mario Bros. 2, Final Fantasy 6 (et récemment FF13), Resident Evil et j’en passe… Est-ce que tu penses que tous ces jeux ont été développé dans le but de cibler la gente féminine ?

            Perso, je n’ai aucun problème à jouer un personnage féminin et je te dirai même que j’y trouve un certain intérêt. Peut-être l’impression d’incarner une femme virtuellement ? lol. En tout cas, je prenais toujours Chun-Li quand je jouais à Street Fighter 2 car j’aimais sa rapidité d’exécution.

            Bonne soirée à toi.

  6. Photo du profil de Le serpent

    Parce que j’aime me mêler des conversations des autres, je vais me mêler de la votre.

    Je pense que le débat est en fait bien plus simple qu’il n’y parait. Le principe n’est pas d’établir s’il y a autant de filles que de garçon qui jouent. Ca ne change rien à notre expérience de jeu.

    Le tout est simplement d’accepter le fait qu’elles puissent jouer. Arrêter de les stigmatiser, ce qui arrive souvent. Personnellement, je connais bien plus de joueurs que de joueuses. Mais mes amis joueuses je les considère comme « game » tout court. Pas comme un fille qui joue. Elle a les même droit que moi. Si moi on ne m’emmerde pas, je ne l’emmerde pas sous prétexte que c’est une fille.

    Et même s’il y a 90% d’hommes qui jouent pour 10% de filles, et bien ces dernières doivent être au même niveau que les hommes. Autant sur le plan de l’exigence, que de la non stigmatisation.
    Si elles sont nuls ou jouent à des jeux de merde, je les poutre. Pareil si c’est un homme ^^.

    Voilà, c’était mon avis ^^

    • Bien le serpent,

      Si le débat est simple, pourquoi a t’il lieu d’être ?

      Je pense que les filles revendiquent leur reconnaissance et leur niveau égal à celui des hommes dans les jeux vidéo. Ce qui est fort compréhensible et je les comprends, tout du moins pour celles qui s’en donnent la peine. Mais dans cette logique où est le problème ? Où est le problème si toi, comme moi et sûrement tant d’autres considérons une fille qui joue comme un joueur ?

      Pourquoi parlons nous de sexisme dans le jeu vidéo ?

      • Photo du profil de Le serpent

        On parle de sexisme parce qu’il existe et c’est bien dommage.
        Je ne dis pas qu’il n’y a pas de débat, je dis que ses tenants sont simples : la place accordée aux gameuses n’est pas optimale.
        De là, il faut mettre en oeuvre des mesures pour qu’elles se sentent acceptés comme les hommes.

        Ce sont les aboutissants qui sont compliqués. Comment faire ?
        Si tu as des idées ^^

      • Photo du profil de Toma Überwenig

        Comme le Serpent, je m’incruste dans les conversations des autres sans vergogne, déjà pour dire à Karrie que son article est très bon (donc voilà, je le dis : « Karrie, j’ai aimé ton article et ta prise de position »), et pour rebondir sur une phrase de SeventhSky.

        « Pourquoi parlons nous de sexisme dans le jeu vidéo ? »

        Peut-être parce que pour ne pas se faire emmerder, les filles se retrouvent obligées de se réfugier dans l’anonymat lors des parties en ligne dans les jeux « de mâles » ? Ou parce qu’il y a peu, une jeune femme participant à un tournoi de jeu de baston s’est retrouvée à subir pendant cinq jours entiers un harcèlement assez bourrin, au point que, alors qu’il ne restait que deux jours de compétition, elle a préféré se barrer car elle n’en pouvait plus ? Peut-être aussi parce que la communauté de gamers, lors de cet incident, a massivement pris parti contre la joueuse en question, en lui expliquant de façon bien brute de décoffrage que si elle était pas contente elle avait qu’à se barrer et laisser les joueurs entre mecs.
        Le sexisme dans les jeux vidéo est une réalité bien flagrante, que ce soit dans le monde des développeurs, celui du journalisme, celui des joueurs, et même dans les univers des jeux. Il a toujours existé et on en parle justement pour casser cet état de fait.

        Donc oui, les termes du débat sont simples, mais ne pas en parler revient à considérer le climat ambiant comme normal. Et l’énorme travail de compilation de données de Mar Lard et dont parle Karrie ici montre que ce ne sont pas des cas isolés, les cas de harcèlement et de dénigrement de la gent féminine, mais bien une généralité.

        Et aussi parce qu’en parler force la prise de position et prise de conscience. Bon nombre de joueurs ont réagi positivement en écrivant à Mar Lard, en lui disant qu’ils ne s’étaient simplement jamais posé la question, qu’ils avaient eux aussi des préjugés et des réactions machistes sans s’en rendre compte, qu’ils allaient faire gaffe sur les forums…etc.

        D’où le fait que c’est très important d’en parler, pour que les choses changent, et que les joueurs n’aient plus le sentiment de faire une fleur en « tolérant » la présence d’une fille dans une partie de FPS en ligne ou dans un tournoi de jeu de baston, et surtout que les filles puissent jouer sans avoir à se camoufler ou à subir le poids des regards et des jugements. Simplement jouer, quoi!

  7. Photo du profil de Bloodevil

    J’aurais un avis plus trollesque sur le gaming féminin.

    Le fait que les joueurs considèrent les filles gameuses comme des ovnis c’est peut-être pas un problème culturel mais plutôt un simple problème statistique : sérieusement, combien de filles sont passionnées de jeu vidéo, ou kiffent vraiment le gaming dans toute sa profondeur ?

    Si effectivement, beaucoup de filles « touchent » au jeu vidéo, l’immense majorité reste sur la partie visible de l’iceberg, l’accessible et le mainstream, les Angry Birds et Pr Layton… Alors oui quand on parle d’utilisation de jeu vidéo on doit sans doute arriver à un ratio homme/femme de 50/50.
    Mais sous un angle plus qualitatif , je ne connais réellement aucune fille autour de moi qui s’achète régulièrement des jeux. Je suis personnellement fan d’expérience gamers hardcore, je connais assez bien la communauté Virtua Fighter par exemple : 50 mecs / 0 filles. A l’époque où je passais ma vie sur le live, j’ai rencontré des milliers de personnes, tous des mecs, sauf peut-être 4-5 filles, dont la moitié sur Bomberman.

    Enfin bref, combien de filles s’intéressent vraiment au jeu vidéo ? Combien de filles suivent son actualité, vont partager leur passion sur les forums et tout ? Beaucoup de filles jouent, mais pour combien d’entre elles ça représente un centre d’intérêt majeur ?
    Pas des masses, il y en a, certes, mais en extrême minorité face aux mecs.

    Donc amies gameuses, si vous en avez marre de vous faire voir comme des curiosité par les mecs, vous y êtes un peu pour quelque chose :). Motivez vos copines, faites-leur tourner quelques bons site de jeux, mettez-leur un stick arcade entre les mains, invitez-les à mettre des raclées sur des KOF, à rentrer en transe sur un Bangai-O, à prendre leur pied sur un Shin Megami Tensei.

  8. Mon dieu les commentaires sont plus longs que la réflexion…j’ai lâché au 3ème xD.

    Perso pas de sexisme de mon côté…tant que je bas les gameuses MOUAHAHAHA

    « SHORYUKEN »

    Voila comment faire baisser le niveau du débat de 50points de QI…Ne me remerciez pas ça me fait plaisir xD

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