La galère des professionnelles

"1 raison pourquoi"

« Une raison pourquoi ».

Pour commencer donc, les professionnelles du jeu vidéo, développeuses et journalistes. De plus en plus nombreuses dans l’industrie (ou de moins en moins invisibles ?), elles sont parfois victimes de violence assez uniques. On peut citer en exemple le cas particulièrement impressionnant de Jennifer Hepler de chez Bioware (parce que j’aime Bioware), qui je le rappelle y travaille en tant qu’écrivain et ne participe en rien au développement du gameplay des jeux BW. Ayant eu le malheur de dire qu’elle n’était pas spécialement fan des combats dans les jeux vidéos et qu’elle préférait l’histoire – plutôt logique pour une écrivaine, non ? Apparemment, ses propos ont été jugés inacceptables par certains joueurs qui se sont mobilisés en masse pour la harceler, l’insulter sur son physique, sa sexualité et autres joyeusetés, voire même lui faire directement des menaces. Hepler ne s’en est sortie sans doute que grâce à l’équipe de Bioware complètement soudée autour d’elle. Les développeuses en général se sont beaucoup exprimées sur Twitter en novembre dernier avec le hashtag #1reasonwhy (en anglais : Here’s a devastating account of the crap women in the games business have to deal with. In 2012), où elles racontent les histoires malheureuses qu’elles ont du subir en tant que travailleuses dans le jeu vidéo. L’une explique qu’elle en marre d’être prise pour une réceptionniste, l’autre que les conventions peuvent s’avérer dangereuses pour elle, vu qu’elle s’y est déjà faite peloter ; beaucoup parlent de harcèlement, ou qu’on ne commente que leur apparence (en bien comme en mal) sans se soucier du reste. Les hommes aussi s’expriment : ils déplorent la situation de leurs consœurs, le fait qu’elles reçoivent des commentaires orduriers sur leurs articles, que eux sont complimentés sur leurs capacités en design tandis qu’elles le sont sur leur apparence… triste portrait. Et il ne s’agit que d’exemples parmi tant d’autres. Pourtant, les développeuses et les chercheuses dans ce marché ont toujours été là. Invisibles, peut-être. Mais présentes. Je pense que l’on ne parle d’elles maintenant que parce qu’Internet a permis de nous faire comprendre que non, le jeu vidéo n’a jamais été qu’ « un truc de mecs ». Pour un exemple plus local, on peut parler de Carole Quintaine, rédactrice en chef et animatrice du Mag COD Casting, participant à des podcasts de GameBlog et… reconvertie de télé réalité (je vous laisse apprécier les quelques commentaires, là aussi d’ailleurs).  En somme, elle est accusée d’être une fake geek girl, une opportuniste déboulant dans le milieu du jeu vidéo ou servant simplement d’outil marketing pour faire joli. Alors certes, à l’époque, on peut se rappeler par exemple que GameOne avait recruté une femme nommée Marjolaine, qui avait fait de la télé réalité, pour présenter une émission. On sentait qu’elle n’y connaissait pas grand chose, elle ne devait être pas très à l’aise, elle n’a d’ailleurs pas fait long feu à l’antenne. Est-ce que le phénomène de la « fausse geek » dans le milieu professionnel n’est pas accentué par des médias qui jouent effectivement sur cette carte ? Embaucher une fille qui présente bien pour faire baver l’audimat masculin ? Mais quand bien même, cela justifierait-t-il que l’on marginalise des femmes arrivant dans cette branche sous prétexte qu’elles se maquilleraient trop ou qu’elles ont fait de la téléréalité ? Ne devrait-on pas s’intéresser de prime abord au message qu’elles font passer avant de s’attaquer à des considérations aussi triviales ? Bref, regarder leur boulot avant tout ?

La galère des gameuses

tumblr_mdjjw7WC5T1qcw9rdo1_1280Je ne joue pas souvent au multijoueur. Je reste pas mal dans mon coin à jouer toute seule, ou bien je ne joue qu’avec des gens dont je suis relativement proche dans une communauté que j’aime et où je me sens parfaitement intégrée. Donc je ne peux pas vraiment dire que j’ai pu subir de sexisme à titre personnel – à part d’assez récurrent « OH MON DIEU UNE FILLE QUI JOUE ?! ». Mais bon, certains clichés ont la vie dure, en veut pour preuve le fameux meme de la fake geek girl dont je parlais plus haut – d’ailleurs, vous savez quoi ? Je l’ai fait aussi. J’ai aussi marginalisé des joueuses parce qu’elles étaient plus casual que moi, parce qu’elles n’avaient pas tout le lore que j’avais sur tel ou tel jeu. Et c’était ridicule, j’entretenais des clichés de merde comme quoi les filles ne joueraient que pour attirer l’attention des mecs – à part moi, bien sûr, hardcore des premiers jours… le meme de la fake geek girl donc, c’est dire qu’on ne peut pas être une joueuse si on est « trop jolie » ou si on n’est pas forcément douée, on fait forcément ça pour attirer l’attention, ou alors *GASP* on est une casual (le fait que ce terme soit encore utilisé comme une insulte me laisse personnellement pantoise. Tout casual n’a-t-il pas le potentiel d’être un hardcore en devenir ?), donc une opportuniste. Alors que nous approchons à grands pas vers la parité en termes d’audience, certains joueurs sont toujours sidérés de voir débarquer une fille sur du multi. Certains ne se sentent carrément plus et commencent directement à les harceler ou à vouloir les chasser. Mar_Lard a aussi parlé d’un type harcelant une joueuse professionnelle de jeux de baston et qui a osé, plus tard, revendiquer son harcèlement parce que c’est comme ça, la communauté est comme ça, c’est criminel de vouloir la changer. Au prix d’une marginalisation de 50% d’audience potentielle, je vous laisse apprécier. Pour terminer, je vous propose deux sites édifiants au sujet du harcèlement subi par les joueuses (que Mar_Lard avait mentionnés aussi mais que je connaissais au préalable) : le harcèlement que subit UNE joueuse en ligne : Not in the kitchen anymore (« Plus dans la cuisine »), et les messages que reçoivent de nombreuses joueuses si elles ont le malheur de révéler leur genre sur la toile : Fat, ugly or slutty (« Grosse, laide ou salope ? »).

La galère des cosplayeuses

Ouaip, à la base on parle de Tomb Raider.

On en vient à un sujet brûlant : la terrible fake geek girl incarnée par la diabolique cosplayeuse. Elle aime apparemment parader dans les conventions, souvent attifée de la façon la plus provocante possible pour agiter les hormones de pauvres geeks timides mal dans leur peau (vous voyez ce que je voulais dire quand je parlais de sexisme envers les hommes ?) alors qu’elles ne connaissent soi-disant rien au milieu (et oui, encore). Des filles qui sont là pour se la péter, qui reproduisent fidèlement des costumes de personnages féminins, ou autres, avec un côté sexy (parfois même pas), et qui sont immédiatement cataloguées voire harcelées (en anglais : When Professionals Aren’t: The PAX East Tomb Raider Cosplay Harassment Story). Une femme dépense du temps et de l’énergie à confectionner un costume tout ça pour attirer des regards de gens qu’elle « méprise » à des conventions (car c’est connu, aucune femme n’aime les geeks). Je vais émettre une idée révolutionnaire peut-être mais… et si elle aimait cosplayer ? Tout simplement ? Notez que l’inverse est aussi vrai, et c’est là que l’ironie est belle : une cosplayeuse moins « bonnasse » (excusez le terme) que ses consoeurs mais ayant de toute évidence mis un temps considérable à confectionner son costume comme elles, récoltera généralement moins de « J’aime » sur Facebook ou de succès de façon générale. Ce stéréotype sur l’apparence qui se doit de frôler la perfection touche aussi les hommes : si des cosplayeurs ne correspondent pas parfaitement au gabarit ou au type physique du personnage qu’ils incarnent, ils reçoivent critiques voire humiliations. Conséquences malheureuses de la popularisation du cosplay, avec des tutoriaux qui déferlent sur la toile ? Le phénomène de marginalisation et d’humiliation n’en est pas plus acceptable pour autant.

21 réponses
  1. greyfox0957
    greyfox0957 dit :

    Excellent article ! Je l’attendais avec impatience celui là depuis le début de la polémique. Il était temps que le Serpent Retrogamer porte sa voix sur le sujet.

    Je crois que tu mets en forme toute mon expérience en la matière, comme le fait de voir une joueuse étrangement mise à l’écart (et parfois sur un ridicule piédestal) par certains. Je crois vraiment que notre communauté a beaucoup voyagé à la fois dans la perceptions de ses membres par eux mêmes mais aussi par ceux qui en sont extérieurs.

    Pour ma part j’ai toujours joué avec des femmes, déjà ma mère me prenait ma gameboy quand j’allais me coucher et ensuite lors de mes première expériences online je jouais avec et contre des filles à Battlefield Vietnam. Alors effectivement j’ai été un peu surpris de la polémique mais il faut bien savoir ouvrir les yeux, tout n’est pas tout blanc ou tout noir comme tu le dis.

    Bref, article passionnant.

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  2. Delnics
    Delnics dit :

    Bon bah, je crois que Greyfox a fait un peu le tour de ce que je voulais dire ^^
    Espérons simplement que la situation continue d’évoluer pour éviter de tomber dans les excès que tu nous as bien présenté.

    En quelques mots, un très bon article avec une analyse fine et pertinente de la situation 🙂

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  3. Totof
    Totof dit :

    Très bon article, bien écrit et qui sent le vécu. J’aurais juste un bémol sur ta dernière partie un peu naïve, mais tu le fais peut-être exprès justement pour équilibrer ton propos et pour dire: « Haut les cœurs! Il y a de l’espoir, même moi j’y crois! »

    En tout cas, on est d’accord sur le fond: il y a encore du boulot. Comme le dit Geneviève Picard, cette industrie est encore immature. A tous les étages, selon moi.

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    • Karrie
      Karrie dit :

      Merci !

      Je ne me pense sincèrement pas naïve, mais optimiste. 😉 Et puis je l’ai dit, y a encore du boulot, je voulais souligner ce qui s’améliorait pour ne pas être complètement négative, car il n’y a pas lieu de l’être.

      La maturité vient. Pas à pas…

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  4. Le serpent
    Le serpent dit :

    La dernière phrase la plus classe du monde !

    Mais en fait je trouve qu’il y a un problème de fond.
    Comme tu dis, les hommes se pensent plus connaisseurs que les femmes, notamment dans le milieu du journalisme du jeu vidéo, milieu que je fréquente assez souvent pour le coup.

    C’est un milieu qui est à la fois très soudé et très fragile. Tout le monde se tirent dans les pattes, dis que les autres sont nuls, et pourtant ils profitent tous du système et les journalistes se soudent autour de ça.

    Autour de quoi, et bien de différents sujets : les présentations avec du champagne et des petits fours c’est normal, le jeu vidéo ne rend ni violent ni addict, le jeu vidéo est un art, etc… Et malheureusement aussi, le jeu vidéo, les hommes sont mieux placés pour en parlé.

    Et il faut se rendre à l’évidence, quoi qu’il arrive il y a bien plus d’homme dans le journalisme JV que de femmes. Tu le vois dans toutes les rédaction, dont celle de LSR, ou toi Karrie, et Palona (nouvellement venue) demeurent les seules filles.

    Les hommes s’opposent donc aux femmes…….

    Je le déplore et je le dis sincèrement, chez LSR, nous recherchons encore une femmmmmeeee !!

    Pour finir comme d’hab : très bon article ^^

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    • Karrie
      Karrie dit :

      Merci !

      Oui, il y a un problème de fond, qui s’exprime à plusieurs niveaux. Je pense que le sexisme dans le JV, et dans la culture « geek » en général n’est qu’une expression particulière d’un sexisme encore généralisé dans la société. Le fait que la parole soit essentiellement laissée aux hommes, pour citer ton exemple, ce n’est malheureusement pas restreint à ce milieu. Mais on arrive, on arrive, gardez-nous un peu de place ! 🙂

      Je ne crois pas que les hommes eux-mêmes s’opposent aux femmes, je crois que le patriarcat fait ça. Je crois qu’on en est tous à la fois victimes et coupables…

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  5. SeventhSky
    SeventhSky dit :

    Mon avis perso : Je pense que depuis le début de l’ère du jeu vidéo, il y a eut des joueuses. A l’école, j’avais des copines qui jouaient à la Nintendo, voir la Super Nintendo. Mais il ne faut pas se leurer non plus, la majorité des joueurs sont des garçons. Si cette domination tend à diminuer au faveur de la gente féminine, je pense que c’est en partie dû, à l’explosion des concepts de jeux plus porté pour les filles comme les simulations de vie (les Sims donc) et l’accessibilité, la casualisation, des jeux comme Alexandra Ledermann, prisé à 99% par un public féminin.

    Entendre une fille qui avoue jouer à Fallout me surprendra, bien sûr, c’est évident. Ce n’est pas courant, et excusez moi de m’en rendre compte lorsque l’on côtoie des gens de toute sorte, pas forcément des joueurs, mais des gens de tous les jours (travail, sortie, loisirs, etc.) où la tendance du jeux vidéo est souvent plus prisée par les hommes.

    Un exemple frappant : la plus part des nanas qui sont elles même déjà joueuse et qui ont un petit copain ont beaucoup plus de chance que celui-ci partage cette passion avec elle, que l’inverse : un joueur qui aura beaucoup de mal à trouver une petite amie qui aime tout autant sa passion (expérience vécue).

    Après cela dit, je pense qu’il faut simplement accepter cette tendance, et que pour une fille qui entre dans un univers prisé par les hommes, il fallait s’attendre à cette constatation. Tout comme un homme qui entre dans un univers féminin qui sera plutôt mal vu, lui aussi. C’est les tendances de notre société qui veut ça mais je pense personnellement que c’est plutôt une très bonne chose quand on s’ouvre à des univers qui ne nous sont pas attribué d’un point de vue du sexe.

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    • Karrie
      Karrie dit :

      Ben je sais pas quel est ton entourage, mais des gameuses, j’en vois partout. 😉 Et je le répète, on a atteint la parité, et non, pas seulement sur les jeux « pour nous ». Quand tu regardes les jeux Bioware, ÉNORMÉMENT de filles y jouent. Et voilà pour la France : http://fr.slideshare.net/cchaudoit/etude-sur-le-march-du-jeu-video-en-france-2011 D’ailleurs, la plupart des jeux conçus pour les filles sont pas mal boudés, justement. Les Alexandra Lederman, c’est les gamines qui y jouent, pas les joueuses « tradi » de 30 ans (c’est-à-dire la moyenne d’âge du joueur lambda).

      Mais il est vrai que étant traditionnellement un média supposément masculin, certaines n’ont pas vu l’intérêt d’y aller et certains ont tout simplement fermé les yeux. Donc c’est plutôt logique que la transition petite amie > joueuse soit plus répandue que l’inverse. Qui plus est, j’avoue aussi qu’à titre personnel (encore une expérience vécue 😉 ) y avait un moment où je disais même plus à quoi je jouais, parce que j’en avais marre des « Oh mon Dieu tu joues à ça ?! ». Et je doute d’être la seule.

      Je ne dis pas que la réaction n’était pas attendue, mais elle n’en est pas moins acceptable pour autant, je pense que tu en conviens. 🙂

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      • SeventhSky
        SeventhSky dit :

        Très franchement, ça me semble louche cette répartition des sexes dans le jeu vidéo. Il faudrait savoir sur quoi ils se basent pour faire le calcul ? D’autant plus qu’ils estiment à 16% les joueurs de moins de 18 ans ?! Wtf ?! La plus grand part de joueurs sont des adolescents, qu’est-ce que c’est ces statistiques ?! S’ils prennent en compte les applications Facebook avec Farmville ou les applis LoveTest et AstroMail sur iPhone, là encore, ouais je pourrai comprendre même si pour moi, cette catégorie de jeux fausse grandement la tendance et d’ailleurs, les filles qui jouent à des jeux sur Facebook ou qui achètent occasionnellement des jeux « passe-temps » dans les transports en commun ne se prétendent pas elle même jouer aux jeux vidéo.

        Quand on pense déjà qu’une bonne partie des jeux vidéos sont quand même essentiellement ciblés pour les hommes (je suis pas sûr qu’il y ait beaucoup de filles qui jouent à Gran Turismo, jeux de course automobile, sport, foot, boxe, voir même les Call off bien qu’il y en a pour ce dernier). Pour moi ce serait plutôt un ratio 60/40 voir 70/30 entre les hommes et les femmes, et encore, je surestime beaucoup.

        Mon amie actuelle est une gameuse (les précédentes ne l’étaient pas) et bien que nous n’avions pas vraiment les mêmes goûts de jeux vidéo (elle plutôt Next-gen et PC, moi plutôt consoles voir rétro), elle m’a avoué qu’il était difficile d’avoir des amies filles qui partageaient sa passion ou de parler de jeux vidéo avec elles… Et ce n’est pas la première gameuse à m’avouer ça.

        Mon entourage est le même que le tiens (à moins que tu ne côtoies qu’un cercle très fermé de gameuses), je côtoie des gens de tous milieux, de par mes études artistiques (domaine qui se rapproche quand même des jeux vidéo) où il y avait une majorité de filles, très peu pouvaient prétendre à une culture vidéoludique (artistique oui, mais pas les jeux vidéo), et travaillant actuellement dans la communication où encore une fois, une majorité de filles travaillent dans nos équipes, il est courant que la plus part nous avouent clairement voir même, se le disent entre elles : « Ah les mecs et les jeux vidéo » ou « Tu joues encore aux jeux vidéo ? » ou « Les jeux vidéo, c’est un truc de mec »… Oui, il y en a qui nous disent ça comme si nous étions encore des enfants immature et irresponsables… Et ouais, ça sort encore de votre bouche !

        Après, je ne suis pas en train de jeter la pierre car heureusement, effectivement, il y a des exceptions et des gameuses qui jouent à Bioware comme tu dis… Et pour le coup, oui : Ah bon tu joues à ça ?! lol

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        • Karrie
          Karrie dit :

          Oui, ils comptent les jeux casu, et alors ? 😉 On peut toujours commencer en casu et évoluer vers des jeux plus complexes. Pourquoi pas ? Bon après je vois ce que tu veux dire, hein. Mais je t’assure que la recrudescence de filles jouant aux jeux vidéo ne vient pas du fait d’une soi-disant sortie de jeux « pour nous ». Oui, c’est en partie du à la casualisation du gaming, je vais pas faire ma naïve, mais je pense aussi et surtout que c’est parce que les jeux et la communauté ont de moins en moins tendance à nous foutre dehors.

          « (je suis pas sûr qu’il y ait beaucoup de filles qui jouent à Gran Turismo, jeux de course automobile, sport, foot, boxe, voir même les Call off bien qu’il y en a pour ce dernier) » y en a plein. Vraiment. 🙂 Sur XBox Live elles ont tendance à planquer leur genre pour pas se faire emmerder.

          « Pour moi ce serait plutôt un ratio 60/40 voir 70/30 entre les hommes et les femmes, et encore, je surestime beaucoup. » Au contraire, tu sous-estimes. C’est plus proche du 55/45 (certes en faveur des hommes).

          J’ai fait des études de commerce. Si mon cercle d’amis à l’école ne comporte pas énormément de gameuses, pas mal de filles jouaient à Age of Empires, à Fallout ou à Portal. Quant à mon cercle plus étendu, je connais un nombre équivalent de gameurs et de gameuses.

          « Oui, il y en a qui nous disent ça comme si nous étions encore des enfants immature et irresponsables… Et ouais, ça sort encore de votre bouche ! » Oui, c’est encore un stéréotype qui court un peu. Et non, ça sort pas de la mienne, ni d’à peu près toutes les filles que je connais. C’est un peu triste de la part de ces filles.

          « Après, je ne suis pas en train de jeter la pierre car heureusement, effectivement, il y a des exceptions et des gameuses qui jouent à Bioware comme tu dis… Et pour le coup, oui : Ah bon tu joues à ça ?! lol » Ouais, depuis la sortie de Baldur’s Gate 2 (Même qu’encore plus jeune, je jouais à Duke Nukem 3D, et oui, comme quoi on peut jouer à des jeux irrévérencieux et « d’apparence » machiste.). Et si tu faisais un tour sur le Bioware Social Network, tu verrais qu’on est une horde de nanas, ça n’a rien d’une exception. Pourquoi ? Peut-être parce qu’absolument tous les jeux qu’ils font proposent de jouer une femme, qu’il n’y a pas de cliché machiste, qu’on peut personnaliser son histoire à fond. Bref, on a des développeurs qui nous écoutent, c’est pas étonnant qu’on achète leurs jeux.

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          • SeventhSky
            SeventhSky dit :

            … »Oui, ils comptent les jeux casu, et alors ? »

            Ben, ça veut tout dire ! lol C’est ce qui fait la différence entre les femmes et les hommes sur ce point. D’un côté, tu as ceux jouent et consacrent du temps aux « jeux vidéo » (PC, consoles, etc.) et de l’autre qui se distraient occasionnellement sur Facebook ou sur l’iPhone. Malheureusement, la seconde partie semble dominée l’autre.

            Si je ne comptais pas mes anciennes amies comme des joueuses, elles avaient bien quelques jeux de casse brique ou de simulation de ferme sur leur iPhone ou Facebook. Parce que quand il était question de leur présenter un vrai jeu vidéo, ça les gonflait très vite et elles s’énervaient, sauf pour Heavy Rain où l’une l’avait carrément fini avant moi.

            … »Y en a plein. Vraiment. 🙂 Sur XBox Live elles ont tendance à planquer leur genre pour pas se faire emmerder. »

            Déjà, je ne joue pas sur le Live ni en ligne. Mais de toute ma vie, je te le dis bien, je n’ai vue aucune fille allumer une console pour lancer Gran Turismo, un jeu de boxe, de foot ou un Call Off (bien que pour ce dernier, je pense qu’elles se cachent :P). Surtout concernant les voitures, tu vas pas me dire que la majorité des affectionnant sont des femmes ? Pas sur ce point là n’est-ce pas ?! Même s’il y a des mécaniciennes qualifiées dans certaines garages, l’automobile reste et restera toujours une passion prisée par les hommes avant tout !

            … »C’est plus proche du 55/45 (certes en faveur des hommes). »

            Encore faut-il savoir sur quelles valeurs ils se basent ?

            … »J’ai fait des études de commerce. Si mon cercle d’amis à l’école ne comporte pas énormément de gameuses, pas mal de filles jouaient à Age of Empires, à Fallout ou à Portal. »

            En parlant d’étude, j’avais une amie gameuse qui avait même indiqué sur son CV (partie centre d’intérêt) qu’elles aimait les jeux vidéo. Si pour un mec, ça parait banal et futile, en revanche pour une fille, ça lui donne un certain prestige qu’un mec ne pourrait pas se permettre. Disons que je me verrai mal l’indiquer sur mon CV.

            Je n’ai jamais joué à Age of Empires ni Fallout (ce n’est pas du tout mon genre de jeu) mais ma copine y a déjà joué (surtout le premier qu’elle avait sur PC), comme quoi, vous aimez les mêmes jeux.

            Quant à Portal, excellent jeu auquel nous avions joué ensemble, j’ai adoré.

            … » Oui, c’est encore un stéréotype qui court un peu. Et non, ça sort pas de la mienne, ni d’à peu près toutes les filles que je connais. C’est un peu triste de la part de ces filles. »

            Oui je suis tout à fait d’accord avec toi et j’imagine bien que ça ne sortirait pas de la tienne :P. « Les jeux vidéo, c’est un truc de mec », je l’avais entendu d’une conversation entre deux collègues dont l’une racontait les centres d’intérêts débordant de son nouveau copain et apparemment, il aimait les jeux vidéo. « Comme tous les mecs ? »

            Mon ex ne supportait pas non plus que je puisse consacré toute une soirée ou après-midi sur un jeu vidéo alors qu’elle s’autorisait de passer toute une nuit à regarder plusieurs saisons d’une même série. Bien sûr, c’est plus raisonnable ?

            Comme quoi, tu vois, en dehors du sexisme qu’il peut y avoir dans le jeux vidéo, ce média est encore considéré par beaucoup, comme un loisir de jeunesse auquel on devrait délibérément quitter après l’adolescence.

            Mais bon, perso, moi je vis ma passion de mon côté et j’embête personne. La seule chose que je demande, c’est que l’on ne m’embête pas avec ça. 🙂

            … »Ouais, depuis la sortie de Baldur’s Gate 2 (Même qu’encore plus jeune, je jouais à Duke Nukem 3D, et oui, comme quoi on peut jouer à des jeux irrévérencieux et « d’apparence » machiste.). Et si tu faisais un tour sur le Bioware Social Network, tu verrais qu’on est une horde de nanas, ça n’a rien d’une exception. Pourquoi ? Peut-être parce qu’absolument tous les jeux qu’ils font proposent de jouer une femme, qu’il n’y a pas de cliché machiste, qu’on peut personnaliser son histoire à fond. Bref, on a des développeurs qui nous écoutent, c’est pas étonnant qu’on achète leurs jeux. »

            Et bien en fait, je suis de moins en moins étonné qu’il y ait des filles qui jouent à des FPS car effectivement, si j’admets qu’elles sont plus rare à jouer à Gran Turismo, en revanche, il y en a quand même qui jouent continuellement à Counter Strike et Call Off (qui ne sont pas du tout mon genre de jeu au passage). Il y a même des tournois où des équipes ne sont constituées que de filles (pour Counter Strike) dont leur niveau avait d’égal celui des hommes et d’ailleurs, en parlant de tournoi, tu dois sûrement savoir que le meilleur joueur mondial de la série des Soul Calibur en terme de tournois professionnels est une femme ?

            Pour revenir au style de jeux dont tu joues, j’ai l’impression que les filles s’adonnent beaucoup plus aux jeux en lignes que les garçons. Il y a encore quelques années, ma copine passait beaucoup de temps sur Wow et à présent, même si elle s’est restreinte, elle continue toujours de jouer à des jeux en ligne (pas des Farmville ou autre mais de véritable MMO), et se constitue un solide statut de reconnaissance en tant que joueuse amatrice.

            Comme je te disais dans l’un de mes premiers messages, à l’école, j’avais des copines qui jouaient aux jeux vidéo et à cette époque (début 90), il était courant que nous y jouions à proportion presque égale… Mais à partir des années collèges, les filles ont tendance à mieux s’ouvrir socialement, à privilégier les discussions entre filles, faire des sorties entre amis et s’intéresser à la gente masculine, disons plus subtilement (lol)… Tandis que beaucoup de garçons (dont moi) préféraient s’enfermer et s’isoler seul, plus qu’auparavant dans l’univers du jeu vidéo.

            Je fais sûrement une généralité mais je pense que c’est à partir de cette période là que les filles commencent à délaisser les jeux vidéo et que le ratio baisse en leur défaveur… En tout cas, celles qui continuent à jouer se retrouvent souvent dans les simulations de vie ou les jeux en ligne, là où le terme « Social » est présent. Voilà pourquoi, et sûrement, qu’il y a une horde de filles sur le Bioware Social Network 😉

            Quant à dire qu’un personnage principal féminin est pensé pour être joué par des filles, je ne suis pas vraiment d’accord avec toi. Quant est-il de Tomb Raider ? Lara Croft a prouvé qu’un personnage féminin dans un jeu vidéo (bon, soit, un sexe-symbole virtuel) pouvait amassé de nombreux joueurs masculins. On pourrait même dire que le succès n’aurait pas été au rendez-vous s’il avait été un personnage masculin. Perso, ça n’aurait rien changé pour moi car Tomb Raider m’a prit au cœur pour l’aventure qu’il proposait mais sans doute que d’un point de vue marketing, l’effet fut réalisé.

            De nombreux autres jeux ont présenté un personnage principal féminin (bien avant Tomb Raider), à commencer par Metroid (1986), Super Mario Bros. 2, Final Fantasy 6 (et récemment FF13), Resident Evil et j’en passe… Est-ce que tu penses que tous ces jeux ont été développé dans le but de cibler la gente féminine ?

            Perso, je n’ai aucun problème à jouer un personnage féminin et je te dirai même que j’y trouve un certain intérêt. Peut-être l’impression d’incarner une femme virtuellement ? lol. En tout cas, je prenais toujours Chun-Li quand je jouais à Street Fighter 2 car j’aimais sa rapidité d’exécution.

            Bonne soirée à toi.

  6. Le serpent
    Le serpent dit :

    Parce que j’aime me mêler des conversations des autres, je vais me mêler de la votre.

    Je pense que le débat est en fait bien plus simple qu’il n’y parait. Le principe n’est pas d’établir s’il y a autant de filles que de garçon qui jouent. Ca ne change rien à notre expérience de jeu.

    Le tout est simplement d’accepter le fait qu’elles puissent jouer. Arrêter de les stigmatiser, ce qui arrive souvent. Personnellement, je connais bien plus de joueurs que de joueuses. Mais mes amis joueuses je les considère comme « game » tout court. Pas comme un fille qui joue. Elle a les même droit que moi. Si moi on ne m’emmerde pas, je ne l’emmerde pas sous prétexte que c’est une fille.

    Et même s’il y a 90% d’hommes qui jouent pour 10% de filles, et bien ces dernières doivent être au même niveau que les hommes. Autant sur le plan de l’exigence, que de la non stigmatisation.
    Si elles sont nuls ou jouent à des jeux de merde, je les poutre. Pareil si c’est un homme ^^.

    Voilà, c’était mon avis ^^

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    • SeventhSky
      SeventhSky dit :

      Bien le serpent,

      Si le débat est simple, pourquoi a t’il lieu d’être ?

      Je pense que les filles revendiquent leur reconnaissance et leur niveau égal à celui des hommes dans les jeux vidéo. Ce qui est fort compréhensible et je les comprends, tout du moins pour celles qui s’en donnent la peine. Mais dans cette logique où est le problème ? Où est le problème si toi, comme moi et sûrement tant d’autres considérons une fille qui joue comme un joueur ?

      Pourquoi parlons nous de sexisme dans le jeu vidéo ?

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      • Le serpent
        Le serpent dit :

        On parle de sexisme parce qu’il existe et c’est bien dommage.
        Je ne dis pas qu’il n’y a pas de débat, je dis que ses tenants sont simples : la place accordée aux gameuses n’est pas optimale.
        De là, il faut mettre en oeuvre des mesures pour qu’elles se sentent acceptés comme les hommes.

        Ce sont les aboutissants qui sont compliqués. Comment faire ?
        Si tu as des idées ^^

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      • Toma Überwenig
        Toma Überwenig dit :

        Comme le Serpent, je m’incruste dans les conversations des autres sans vergogne, déjà pour dire à Karrie que son article est très bon (donc voilà, je le dis : « Karrie, j’ai aimé ton article et ta prise de position »), et pour rebondir sur une phrase de SeventhSky.

        « Pourquoi parlons nous de sexisme dans le jeu vidéo ? »

        Peut-être parce que pour ne pas se faire emmerder, les filles se retrouvent obligées de se réfugier dans l’anonymat lors des parties en ligne dans les jeux « de mâles » ? Ou parce qu’il y a peu, une jeune femme participant à un tournoi de jeu de baston s’est retrouvée à subir pendant cinq jours entiers un harcèlement assez bourrin, au point que, alors qu’il ne restait que deux jours de compétition, elle a préféré se barrer car elle n’en pouvait plus ? Peut-être aussi parce que la communauté de gamers, lors de cet incident, a massivement pris parti contre la joueuse en question, en lui expliquant de façon bien brute de décoffrage que si elle était pas contente elle avait qu’à se barrer et laisser les joueurs entre mecs.
        Le sexisme dans les jeux vidéo est une réalité bien flagrante, que ce soit dans le monde des développeurs, celui du journalisme, celui des joueurs, et même dans les univers des jeux. Il a toujours existé et on en parle justement pour casser cet état de fait.

        Donc oui, les termes du débat sont simples, mais ne pas en parler revient à considérer le climat ambiant comme normal. Et l’énorme travail de compilation de données de Mar Lard et dont parle Karrie ici montre que ce ne sont pas des cas isolés, les cas de harcèlement et de dénigrement de la gent féminine, mais bien une généralité.

        Et aussi parce qu’en parler force la prise de position et prise de conscience. Bon nombre de joueurs ont réagi positivement en écrivant à Mar Lard, en lui disant qu’ils ne s’étaient simplement jamais posé la question, qu’ils avaient eux aussi des préjugés et des réactions machistes sans s’en rendre compte, qu’ils allaient faire gaffe sur les forums…etc.

        D’où le fait que c’est très important d’en parler, pour que les choses changent, et que les joueurs n’aient plus le sentiment de faire une fleur en « tolérant » la présence d’une fille dans une partie de FPS en ligne ou dans un tournoi de jeu de baston, et surtout que les filles puissent jouer sans avoir à se camoufler ou à subir le poids des regards et des jugements. Simplement jouer, quoi!

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  7. Bloodevil
    Bloodevil dit :

    J’aurais un avis plus trollesque sur le gaming féminin.

    Le fait que les joueurs considèrent les filles gameuses comme des ovnis c’est peut-être pas un problème culturel mais plutôt un simple problème statistique : sérieusement, combien de filles sont passionnées de jeu vidéo, ou kiffent vraiment le gaming dans toute sa profondeur ?

    Si effectivement, beaucoup de filles « touchent » au jeu vidéo, l’immense majorité reste sur la partie visible de l’iceberg, l’accessible et le mainstream, les Angry Birds et Pr Layton… Alors oui quand on parle d’utilisation de jeu vidéo on doit sans doute arriver à un ratio homme/femme de 50/50.
    Mais sous un angle plus qualitatif , je ne connais réellement aucune fille autour de moi qui s’achète régulièrement des jeux. Je suis personnellement fan d’expérience gamers hardcore, je connais assez bien la communauté Virtua Fighter par exemple : 50 mecs / 0 filles. A l’époque où je passais ma vie sur le live, j’ai rencontré des milliers de personnes, tous des mecs, sauf peut-être 4-5 filles, dont la moitié sur Bomberman.

    Enfin bref, combien de filles s’intéressent vraiment au jeu vidéo ? Combien de filles suivent son actualité, vont partager leur passion sur les forums et tout ? Beaucoup de filles jouent, mais pour combien d’entre elles ça représente un centre d’intérêt majeur ?
    Pas des masses, il y en a, certes, mais en extrême minorité face aux mecs.

    Donc amies gameuses, si vous en avez marre de vous faire voir comme des curiosité par les mecs, vous y êtes un peu pour quelque chose :). Motivez vos copines, faites-leur tourner quelques bons site de jeux, mettez-leur un stick arcade entre les mains, invitez-les à mettre des raclées sur des KOF, à rentrer en transe sur un Bangai-O, à prendre leur pied sur un Shin Megami Tensei.

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  8. Garr
    Garr dit :

    Mon dieu les commentaires sont plus longs que la réflexion…j’ai lâché au 3ème xD.

    Perso pas de sexisme de mon côté…tant que je bas les gameuses MOUAHAHAHA

    « SHORYUKEN »

    Voila comment faire baisser le niveau du débat de 50points de QI…Ne me remerciez pas ça me fait plaisir xD

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