Les titres phares

Apparus pour la première fois dans des titres non éponymes (Donkey Kong pour Mario, Rad Mobile pour Sonic), les deux mascottes ont en commun une trilogie fondatrice qui a marqué durablement l’histoire du jeu vidéo. Même si Mario Bros. sort en 1983 sur arcade et introduit la notion de plomberie fraternelle, c’est Super Mario Bros. qui installe véritablement le moustachu dans le paysage vidéoludique. Il est suivi de Super Mario Bros. 2 et 3 (1988), qui incluent respectivement les possibilités d’incarner les copains du héros et de se transformer en pseudo raton-laveur ou en grenouille. De même, Sonic The Hedgehog se décline dans un premier temps en trois épisodes sur Megadrive, le deuxième étant certainement le plus apprécié (1992), contrairement à sa saga rivale. Bien lancé par sa période 8 bits, Mario a parfaitement réussi le passage vers la génération suivante et fut loin d’être dépourvu face à l’arrivée du trublion Sonic. Super Mario World et Super Mario World 2: Yoshi’s Island sont des modèles du genre, proposant un gameplay nouveau en intégrant Yoshi et une patte graphique pleine de couleurs qui a résisté à l’épreuve du temps. En sus d’opus 8 bits parallèles de qualité, Sega propose un titre en apothéose : Sonic and Knuckles (1994), qui constitue pour beaucoup de fans ce qu’aurait dû être Sonic 3, et un peu plus tôt, en 1990, une version Mega-CD qui se targue notamment de jolies cinématiques. Sur les consoles nomades de l’époque, Nintendo a su faire évoluer les aventures de Mario, avec la saga de Super Mario Land sur Game Boy. Trois épisodes sortis respectivement en 1989, 1992 et 1994 et qui seront l’occasion pour Gunpei Yokoi d’offrir au plombier des aventures hors de ses spots et acolytes habituels, aux prises avec des extraterrestres et ce fameux Wario, dont on prend les commandes dans Super Mario Land 3. Cette saga dans la saga constitue une prouesse technique pour la Game Boy, avec des sprites énormes, et insuffle une identité aventure à la licence Mario. Sonic saura aussi exploiter le filon nomade avec des épisodes Game Gear et… Game Boy Advance (Sonic Advance 1 et 2, 2002 et 2003).

Comme dit précédemment, le passage de la 3D fut plus concluant pour Mario et l’histoire retiendra avant tout Super Mario 64 (1996) qui a complètement posé les bases d’un genre dont les Super Mario Sunshine (2002) et Super Mario Galaxy 1 et 2 (2007 et 2010) seront des représentants fidèles et incontournables. Le hérisson aura fourni à la Dreamcast son titre 3D le plus marquant en guise d’adieu : Sonic Adventure 2 (2001). Et pour finir, sa récente itération Colours (2010) est plus convaincante dans ses habits 2D sur DS qu’en trois dimensions sur Wii. Forts de leur rôle d’emblème de leur firme et de leur succès commercial et critique, Mario et Sonic se sont exportés hors de la plate-forme, le premier de façon plus conséquente que le second. Si Sonic Spinball (1993), Dr. Robotnik’s Mean Bean Machine (1993) et Knuckles’ Chaotix (1995) restent d’honorables spin-off 16 bits, le hérisson bleu n’est pas un fan des jeux dérivés de sa licence, contrairement à Mario qui a même créé certains canons. On pense de prime abord au légendaire Super Mario Kart et à ses suites qui ont fait un carton sur toutes les consoles Nintendo qui les ont accueillis. Au gré notamment des épisodes SNES, N64 et DS, le jeu de courses déluré a révolutionné et écrit un pan entier du multijoueur, du fun à plusieurs.

Et c’est bien là que Mario a su s’exporter le plus souvent et avec le plus de succès, donnant ainsi une exceptionnelle exposition de son image et de celle de ses créateurs, touchant ainsi tous les corps de joueurs. Ainsi, les Mario Tennis, Mario Party et Super Smash Bros. continuent de perpétuer l’efficacité d’une tradition bien de chez Nintendo. Le plombier italien poussera le vice jusqu’à être le héros dans un genre de jeux a priori inattendu pour lui : le RPG. Sorti en 1996, Super Mario RPG: Legend of the Seven Stars est développé par Squaresoft et en plus de reprendre des éléments chers à la firme mère de Final Fantasy, pose les bases de tout ce qui sera un jeu de rôle mettant en scène Mario. Le joueur peut ainsi décupler l’efficacité de ses attaques en pressant un bouton avec un bon timing. Bien qu’à l’origine du divorce entre Nintendo et Squaresoft, le titre fera des émules et sera suivi notamment de Paper Mario (2001) et Mario et Luigi : Frères du temps (2006) ou Voyage au centre de Bowser (2009). La Nintendo DS a d’ailleurs accueilli New Super Mario Bros. (2006), excellent jeu de plate-forme en 2D qui a pour vocation évidente de renouer avec le sel et la structure des premiers épisodes de la licence. Avec son mode multijoueurs et ses mécaniques précises et rodées, le soft séduit public et critiques, ouvrant la voie à un homologue sur Wii (2009). Finalement, c’est ce que Sonic pouvait faire de mieux et le tout récent Generations (2011) offre du fan service en revisitant les classiques du hérisson, tout en proposant enfin une 3D plus dynamique que sa 2D.

A retenir

Par leur gameplay, leur design, leur univers, leurs succès et leur aura, Mario et Sonic se sont imposés comme les parfaits emblèmes de leur genre et de leurs créateurs. Le premier est familial, durable, fiable et tranquille, tandis que l’autre se revendique international, bref, casse-cou et percutant. Mario a su dépasser son propre personnage et son genre pour devenir un emblème du jeu vidéo encore bien vivace. Sonic représente peut-être plus la fibre de Sega et de son âge d’or, mais il a su bousculer les habitudes et les codes d’une plate-forme pourtant rôdée pour marquer l’histoire de façon brutale et indélébile, telle une légende du cinéma ou de la musique.

toma überwenig et Totof

2 réponses
  1. Delnics
    Delnics dit :

    Finalement, on pourrait presque dire qu’on a le droit des mascottes si diamétralement opposés qu’elles en deviennent complémentaires… Du moins, si on est pas totalement tombé dans la marmite Sega ou Nintendo ^^

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  1. […] level design, ce qui renforce la replay-value. Mais quoi de mieux quand on joue à Sonic que de foncer, me direz-vous? Ceci est un débat pour les puristes, et surtout signifie qu’il y a deux […]

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