Le diable dans la peau

La célèbre série de Konami a pour personnage et antagoniste principal ni plus ni moins que l’illustre comte Dracula, créature de Bram Stoker. Des générations de chasseurs parsèment et écrivent la saga qui n’a de cesse de ressuciter le vampire, jusqu’à proposer parfois d’incarner un membre de la famille. Ainsi, Alucard est le rejeton de son anagramme, pis de son anacyclique. Le joueur a alors le diable dans la peau et n’est plus tout immaculé. Il en va de même dans Onimusha où les pouvoirs les plus puissants sont disponibles une fois Samanosuke ou Jubei changé en démon, faculté qui se veut héréditaire. Décidément, on ne choisit pas sa famille, comme le pauvre Jackie de The Darkness qui découvre qu’il est l’hôte d’une entité se transmettant de génération en génération, ou le culte Dante de Devil May Cry dont le père Sparda, démon de son état, s’est retourné contre les siens pour devenir un héros. Dans sa quête, le héros de jeu vidéo peut subir la tentation de l’Antéchrist. Testé dans tous ses pêchés et erreurs dans les cercles de Dante’s Inferno, il devra orienter ses choix qui décideront de la préservation ou de la destruction totale du monde de Shin Megami Tensei : Lucifer’s Call qui a subi l’Apocalypse, alors qu’il est ballotté par des démons aux évidents conflits d’intérêts. Le pouvoir obscur, voilà l’aboutissement et le cœur de la quête des 108 lames de Muramasa : The Demon Blade le bien-nommé, puisque chaque épée est obtenue au gré des victoires face aux démons multiformes trouvés sur le chemin de Momohime et Kisuke. La force démoniaque digitale a ceci d’attirant qu’elle offre une puissance d’attaque grisante et hors normes, comme un Gouki ou un Evil Ryu dans Street Fighter, ou encore Iori du rival King of Fighters. Passé de l’autre côté du miroir, le joueur découvre le revers de la médaille, à savoir des failles béantes dans l’armure. La faible défense d’Akuma le dispute aux tracas, aux mutilations, à la chute et à la souffrance de Raziel dans Soul Reaver, bras droit de Kain trahi par son maitre. Le seigneur vampire a également sa propre série, dans laquelle la notion de bien et de mal s’efface devant la soif de vengeance du “héros” dont l’allure et le pouvoir démoniaques possèdent un charme auquel le joueur peut se révéler sensible. S’il n’a pas directement le diable au corps, le jeu vidéo peut pactiser cordialement et pour le meilleur avec lui. Ainsi, si on accepte la définition générale du démon, on se rend compte qu’il peut s’agir d’un génie ou d’un compagnon familier, dans tous les sens du terme. Les joueurs de RPG connaissent parfaitement les créatures invoquées dans The Elder Scrolls V : Skyrim, World of Warcraft ou la série Final Fantasy. Par exemple, le huitième épisode de la saga de Square permet de lier son sort à des entités telles que Helltrain ou Ifrit, djinn de feu, terme englobant les notions d’esprit et de génie inclus dans la définition du mot “démon”. Dofus et Wakfu proposent eux une collaboration avec des familiers plutôt mignons, dénotant par rapport à la relation intéressée unissant Guerre à Samaël dans Darksiders, démon dont la puissance et la représentation sont issus de l’imaginaire occidental et chrétien de l’Apocalypse et des Enfers.

A retenir

Cible toute trouvée, représentation assez répandue du Mal, tentateur, hôte, compagnon : le démon a une place certaine dans la production vidéoludique. De la grandeur de son Seigneur à son caractère latent, en passant par son pouvoir attirant, il constitue une donnée intéressante dans le jeu vidéo, lui apportant puissance, terreur voire possibilités supplémentaires de gameplay. La pluralité de ses formes a été traitée de façon quasi exhaustive, de l’imaginaire occidental à l’oriental.

Totof

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