Comment tomber dans la spirale positive des jeux vidéo ? Ce sont souvent des histoires très personnelles… Voilà la mienne… Très liée à un petit rond, comme un citron.

Ça a commencé comme ça

Au début, je voulais pas trop. C’est mes potes voisins qui ont insisté. Faut dire, c’est intimidant ce machin, ce plastique neuf et noir. Ça sent la technologie et j’ai d’habitude pas trop le droit d’y toucher avec mes doigts de petit. Comme ils sont plus vieux, les gosses de mes voisins, ils ont droit eux. Alors ils me montraient, au début, je les regardais faire. Qu’est-ce que j’ai rigolé ! Pour moi, d’habitude, de la télé il sortait que des gens qui parlaient longtemps, à s’endormir, ou des dessins animés marrants mais qui duraient juste avant que j’aille me coucher. Je les regardais comme en sursis. J’adorais souvent, mais des fois, subir comme ça un épisode pas terrible et trop court avant d’aller au lit, toujours trop tôt, c’était frustrant. Alors là, chez les voisins, par contre : le pied, comme on disait. C’était eux, mes petits voisins, qui décidaient quand ça commençait, et surtout, quand ça finissait. Et tout ce qui se passait entre temps, ben c’était encore eux qui en faisaient ce qu’ils voulaient ! Terrible ! Moi, quand ils me gardaient (ou que je me tirais par la porte du garage pour les rejoindre), je me plantais devant la boite en plastique noire avec ses bandes en faux bois et regardais le bidule électronique avec espoir… C’était un spectacle vivant, mieux que l’espèce de mascarade flippante que j’avais vu à la fête de l’école où un type caché derrière des cartons changeait de voix en mettant sa main dans des chaussettes avec des têtes de poupées de ma grand-mère. Ça m’avait fait pleurer d’ailleurs, ces horreurs. Mais là, c’était comme s’ils donnaient des ordres à la télé, mes petits voisins, c’était magique ! Et d’une simplicité, d’une pureté ! Rien d’effrayant ou troublant : de la lumière et des formes !

Les histoires qu’il y avait là dedans…

Je me souviens particulièrement d’un truc : c’était un machin genre jaunâtre qui se baladait dans un labyrinthe. Il bâfrait des tirets en se faisant courser par des machins clignotants menaçants. Tout ça, c’était évident. Dés le départ. C’était comme quand on essayait d’attraper le pot de confiture et de s’en goinfrer le plus possible avant que les parents débarquent. Et mieux qu’un cartoon : la course-poursuite désespérée de la boule jaune pilotée par mon petit voisin me prenait plus aux tripes que celles de Bip-bip et Coyote parce que je n’avais aucune idée de ce qui allait se passer, ni lui ni moi ! Je retenais mon souffle à chaque virages, hurlait de terreur aux erreurs de trajectoires… Mais c’était aussi d’un burlesque à crever. Mes gardiens avaient trouvé La technique pour me faire retrouver le sourire après une contrariété : ils lançaient Pac-Man et jouaient avec la transition automatique d’un bord à un autre ; quand la boule jaune prend le tunnel qui sort de l’écran pour réapparaître à l’autre bout. Cette téléportation instantanée, improbable, qui rendait les poursuivants fantômes complètement dingues et stupidement indécis, me faisait hurler d’un rire inévitable. Je ne m’en lassais jamais. Les retournements de situations, quand le glouton prenait une super pastille qui inversait les rôles, m’emplissait d’un espoir fou. Espoir qui animait mes pulsions rebelles quand je subissais les injustices parentales les plus ignobles -privation de Nutella en tête- MOI AUSSI, UN JOUR ILS VERRONT !

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