Pop Art Music

Donc oui, quasiment dès l’apparition de la musique vidéoludique, l’iconisation des thèmes est en route. Une musique créée pour être ludique, accompagner et magnifier une expérience vidéoludique, ça ne peut qu’accrocher, lorsque c’est bien fait. Et ça accroche, ça accroche. On n’est pas loin d’une forme de Pop Art sonore, dans une certaine mesure, ce phénomène illustrant indirectement la cryptique phrase d’Andy Warhol, souvent mal comprise, « les supermarchés sont les nouveaux musées« . Les logos de marques de l’époque, répétés à l’infini au long des étals de supermarchés, étaient selon Wharhol  la première forme d’art contemporain délibérément populaire, c’est à dire créée, pensée, conçue pour être appréciée par le peuple et non pour une intelligencia embourgeoisée avec un bagage culturel gros comme ma… PS3 première génération. Des formes, des couleurs qui, indépendamment de votre parcours culturel, ne pouvaient que sauter aux yeux de celui qui prenait le temps de regarder avec un peu de recul, tornade de couleurs vives, vivantes, psychédéliques, dans un espace fonctionnel, l’anti-urinoir de Marcel Duchamps. Les musiques des jeux vidéo de l’époque partagent cette même volonté de toucher immédiatement le joueur, qu’il soit enfant, adulte, quel que soit son milieu social et sa culture, une volonté d’universalité qui fait mouche, vu qu’encore aujourd’hui, les thèmes de Pacman, de Gradius, de Super Mario Bros sont gravés au fer rouge dans nos mémoires, nos coeurs de retrogamers, quoi!! Car le but n’est pas une étude contemplative des thèmes le petit doigt en l’air, mais bien une immédiateté servant l’action, fonctionnant en pleine action qui plus est, soit un support prolongeant et magnifiant l’expérience vidéoludique!

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Et cette dimension résolument « catchy » de nos hymnes chiptune préférés nous fait basculer aujourd’hui dans le Pop Art au sens strict cette fois – et non plus en tant qu’analogie -, puisque tous ces thèmes résolument icôniques font partie intégrante de la culture populaire et sont réappropriés par de très, très nombreux musiciens, des excellents Famicom Band, véritables précurseurs de la vague d’orchestration des musiques retro rejouées par un ensemble classique – accompagnant leurs concerts d’un jeu de scène drôle et absurde en reconstituant l’action et le gameplay des thèmes rejoués, que ce soit Bubble Bobble ou Gradius! -, à des maîtres de l’electro comme Aphex Twin qui se fait plaisir sur le thème de Pacman – et dont le morceau se trouve sur l’excellent Pacman Championship DX -, en passant par Prof Sakamoto qui rejoue sur synthétiseur des thèmes de jeux, à condition d’avoir la cartouche sur lui, et de l’insérer dans son casque, composé entre autres d’une vraie Famicom! Et dans la mesure où le Pop Art, c’est, entre autres définitions plus ou moins adéquates, un courant artistique qui se nourrit d’éléments de culture populaire, les détournant tout en les îconisant, on peut affirmer sans sourciller que la musique de jeux vidéo fait partie intégrante du Pop Art contemporain et a remplacé les photos de Marilyn Monroe, les soupes Campbell ou les agrandissement massifs de pages de comics.

REFLEXIONSONpacmanDX

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