Laissez-moi prendre quelques lignes de ce premier épisode pour vous expliquer en quelques mots de quoi s’agit cette chronique et le cheminement qui m’y a amené.

Depuis que j’ai commencé à écrire des articles sur LSR, il y a maintenant 4 ans (et qui me vaut le doux surnom de Old Victor), beaucoup de choses ont changé dans ma vie. Tout d’abord j’ai commencé à travailler pour Ubisoft, en production et pour être parfaitement exact en support d’un directeur créatif ; c’était en 2013 et j’ai donc naturellement décidé de ne plus tester aucun jeu Ubisoft à partir de là afin d’éviter toute possible connivence. Mais les années passant, je me suis rendu compte que la connivence avait en réalité fait son nid dans mon esprit et elle était bien plus large que je le croyais. Plus j’observais le travail des développeurs, plus je participais moi-même au développement de jeux vidéo dans des équipes plus ou moins grandes et plus je me trouvais dans l’incapacité de tester un jeu comme je le faisais auparavant. Plus grave encore pour mon statut de rédacteur, il me semblait désormais de plus en plus difficile de critiquer trop négativement une production, pensant aux problèmes internes qui avaient pu la traverser, et finalement trouvant toujours des raisons d’apprécier un jeu même médiocre, entrevoyant parfois l’intention manquée et ne pouvant qu’en supposer les raisons.

Cela ne signifie pas pour autant que mon niveau d’appréciation s’est assoupli, j’ai toujours un avis mais je ne me sens plus légitime de l’exprimer dans le cadre d’un test sans compter que depuis Janvier 2015 je suis devenu moi même développeur de mon propre jeu indépendant et ma légitimité à proposer des critiques dans ce cadre ne me semble plus suffisante du tout.

Cependant je souhaite toujours écrire, car au fil de ces années j’ai progressivement acquis une connaissance de cette industrie certes encore maigre au regard de son immensité et de la variété des situations qu’on peut y rencontrer. Ce n’est plus avec une écriture qui se veut détachée de la production mais qui au contraire s’appuie sur cette perspective que n’ont pas forcément les rédacteurs qui ne sont que critiques et pas parties prenantes dans cette industrie.

Si cette chronique aurait pu s’appeler “L’Autre Regard” j’ai décidé de la nommer “Un Autre Regard” car ce que je dirai ici n’a aucunement l’intention d’être universel, et n’a certainement pas la prétention de se poser comme un savoir face de l’un face à l’ignorance des autres. Bien au contraire, le choix de l’article indéfini vient exprimer que si mon regard est autre, il n’est qu’un parmi tant d’autres possibles et ma connaissance forcément parcellaire de cette industrie ne me permettrai pas de la représenter légitimement non plus. Illégitime partout, je ne tiendrai désormais que des propos qui ne sont l’expression que de mon opinion au regard de mon expérience comme joueur et comme développeur et, autre conséquence, ces articles, volontairement courts (contrairement à celui-ci !), appelleront à la réaction de mes chers lecteurs. Avec des sujets parfois volontairement polémiques, j’espère que vous trouverez une tribune originale pour donner votre avis sur ce médium qui nous est cher à tous, quels que soient nos goûts.

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