La vision actuelle de nos jeux rétro

Rythm Paradise Megamix

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Après avoir attendu longtemps, et subi quelques reports de date, ça y est, le dernier rejeton de la lignée des Rhythm Tengoku vient enfin honorer nos 3DS qui n’attendaient que ça, après cinq ans d’attente depuis l’excellent Beat The Beat : Rhythm Paradise sur Wii! Entre nouvel épisode et best of des trois opus précédents, ce condensé de plaisir tombe à point nommé pour nous rappeler la juste valeur de cette série pas comme les autres. Comment pourrait-il en être autrement quand on retrouve aux commandes de celle-ci les têtes pensantes du Nintendo Planning & Development, qui s’était illustré notamment dans les excellents WarioWare à grand renfort d’idées loufoques, de coups de génie, et de propositions novatrices ? Rhythm Tengoku Gold sur DS avait déjà fait chavirer le coeur des gens de bon goût – et accessoirement l’objet d’une critique made in LSR -, ce qui n’a pas empêché un échec commercial cuisant qui l’a propulsé rapidement dans les bacs de soldes à 5 euros, malgré le soin et la générosité tant du jeu que de sa localisation. Mais qu’à cela ne tienne, on remet les couverts sur 3DS!

Une série pas comme les autres

Si vous avez lu la critique des deux épisodes précédents, vous savez déjà tout le bien que je pense de cette excellente série qui a réussi à imposer une identité forte parfaitement en phase avec les audacieuses expérimentations que l’on a pu croiser sur les WarioWare. Dès son premier épisode sur GBA, la série pose les bases de son mode opératoire et le niveau de qualité et de délire délicieusement absurde qui allaient devenir ses marques de fabrique. Prenant audacieusement à revers le monde du rhythm game, Rhythm Tengoku ne propose pas de ligne de déroulement avec indication des touches appuyer, maintenir, marteler en rythme…etc. C’est uniquement sur le sens du rythme du joueur et la lecture des situations que l’essence du gameplay repose.

Chaque stage propose une mise en situation au joueur en guise de mini tutoriel, lui permettant de savoir s’il va devoir visser en rythme des têtes de robots, activer des palettes pour faire rebondir une balle au bon moment, incarner un samourai aux prises avec des fantômes, un cochon homme d’affaires faisant tourner sa chaise durant une réunion, un singe membre d’un fan club d’idol, une sourie voleuse de fromage ou un catcheur jouant des biceps et des pectoraux lors d’une session d’interview, entre autres settings bien farfelus issus des différents épisodes. Chaque stage offre une palette de manipulations réduites, variations de trois fondamentaux : martelement en rythme, pression longue à relacher au moment opportun et alternance de touches. Un Mix faisant office de « boss final » de chaque séries de trois, quatre ou cinq stages, suivant les épisodes, met à l’épreuve la maîtrise du joueur des axiomes desdits stages dans un melting pot endiablé.

L’épisode DS abandonne les boutons pour exploiter avec brio l’écran tactile, à coups de touchettes, maintien de contact suivi d’un relachement calibré, et enfin, la « pichenette », petit glissement de stylet bien senti permettant une immersion dans les stages d’autant plus efficace, lorsqu’il s’agit de balancer une cale dans deux carrés troués se croisant à un instant précis, exemple parmi tant d’autres. Sur Wii, on revient à un jeu au bouton renouant avec le premier épisode, mais les fondamentaux restent les mêmes.

Attention, il s’agit de ne pas se laisser amadouer par l’ambiance délirante du jeu, car si l’on passe relativement facilement les stages, la série est extrêmement exigeante et récompensera grassement la précision avec notamment l’apparition régulière de la possibilité de refaire un stage – choisi aléatoirement par le jeu parmi ceux vaincus par le joueur – en mode Perfect, c’est à dire réussir un sans faute dans un nombre d’essais limité. Outre la médaille et la satisfaction personnelle, ce sont ces Perfect qui débloqueront un contenu supplémentaire généreux composé de divers endless games, artworks, morceaux à écouter et autres gâteries variant suivant les épisodes.

Inutile d’en rajouter, la série est une perle de simplicité, d’efficacité, d’inventivité et de générosité. Mais ça, les vrais le savaient déjà, et les autres devront le découvrir console en main, tout descriptif d’un jeu aussi intuitif ne pouvant que difficilement lui rendre justice. Penchons nous donc sur ce que l’épisode 3DS nous offre…

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A propos de l'auteur

Photo du profil de Toma Überwenig

Aimer jouer et être bon aux jeux ne vont pas forcément de concert, j'en suis la preuve (à peu près) vivante. Vaguement musicien, je joue dans Scorpion Violente, le groupe qui souille le dance floor, fait hurler les gnous, et sent le stupre, la luxure et les pratiques que la morale réprouve.

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