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Séléction de shoot them up chez Sega

La Master System a elle aussi connu son lot de shoot them up. La 8 bits de Maître Sega a déjà montré à quel point elle savait nous surprendre ; en sera-t-il de même concernant ses shooters ? Oui et non en fait. 

Le shoot them up est effectivement un style de jeu exigent pour les consoles : celles-ci doivent être à même de gérer des sprites nombreux et parfois de grande taille. Et plus que jamais il convient de tordre le cou à ce funeste préjugé selon lequel ds consoles 8 bits seraient par définition inaptes à assumer de grands shoot them up ! La qualité des ténors du genre sur Master System et NES n’a rien à envier aux autres supports. Voilà, c’est dit !

Oui car les qualités techniques des jeux à venir sont indéniables ; non car ces titres sont dans leur majorité des adaptations de l’arcade. Bref, des titres déjà connus mais qui ont le bon goût de ne pas trop souffrir de leur passage sur 8 bits.

Sagaia

Des portages de qualité

Dès 1986 la console reçoit ses versions de Transbot et Fantasy Zone.

Transbot

Le premier est un jeu très sommaire mais qui mise sur un vaisseau modulable inspiré des Transformers ; cette dualité de maniement était certes un argument à l’époque. Le jeu est une boucle sans fin qui tire son intérêt de sa simplicité et de l’endurance qu’il réclame pour toujours aller plus loin et plus haut dans le score ! Un titre daté mais empreint d’un charme rétro certain.

Fantasy Zone

Fantasy Zone est en revanche un titre marquant de la première époque de la Master System. Conversion excellente du titre d’arcade, ce jeu coloré et original a su imposer un ticket inédit au genre encore très axé « space opéra ». Un jeu stratégique qui sera suivi en 1988 de Fantasy Zone II The tears of Opa opa qui en reprendra le concept en y ajoutant une dimension recherche avec warp zones et téléporteurs… Des titres si originaux et réussis ! Bien évidemment, le carton maison Space Harrier viendra lui aussi agrémenter la console, pour notre bonheur également. La nature très particulière de ce grand classique n’a en rien été altérée et y jouer dans son salon est une expérience concluante !

Fantasy Zone II

R-Type

Le classique R-Type a lui aussi fait escale sur Master System dans une version reprogrammée confondante de fidélité à l’original. Le jeu n’a absolument rien concédé à son illustre homologue des salles obscures et se permet même le luxe d’un niveau caché exclusif ! Un titre d’une grande qualité qui amène le feeling arcade dans votre salon.

Aussi surprenante fut la version Master system de Sagaia, suite de Darius, sortie en 1992. A nouveau la console étonne par la qualité du jeu : graphismes nets, niveaux nombreux et boss titanesques emblématiques de cette série : Sagaia est un portage dont le sérieux fait honneur à son support. Concluons ce passage sur les portages arcade par une version très convaincante de Forgotten Worlds,

Forgotten Worlds

un opus adapté du jeu de Capcom sorti en 1988, qui à l’époque brillait par la liberté de mouvement qu’il accordait au joueur. Certes, les versions Master System de ces titres accusent leur format, mais ne déméritent pas face à leurs pairs sur borne. Et le résultat est sincèrement jubilatoire, particulièrement concernant Fantasy Zone et Sagaia.

Pas d’exclu ?

La Master System a également deux titres qui lui sont propres et dont la qualité est indéniable, mais qui ne surnagent pas outre mesure tant ils sont éclipsés par les jeux précités. Bomber Raid arrive en 1988 et se présente de suite comme un jeu très appréciable dans la lignée de 1942 : mêmes types d’ennemis, musiques martiales bien foutues et évaluation par le jeu de vos statistiques de mission. Un bon titre bien réalisé mais sans réel apport. Classique jusqu’au bout, ce jeu suscite bien de la sympathie grâce à son cachet typique de cette vaillante 8 bits. Deux années après sortira Aerial Assault, qui serait au défilement horizontal ce que Bomber Raid était au défilement vertical :

Bomber Raid

un titre très plaisant mais sans fioritures. Illustration de ce que le genre offre de plus efficace mais également de plus routinier, ce dernier jeu se contente d’une réalisation certes honorable mais n’enchante pas autant que les gloires des années 80 déjà adaptées sur cette console. Des jeux dont il vaut mieux savoir qu’ils sont très « symptomatiques » d’une vision assez datée du shoot them up et qui séduiront tous les joueurs en quête de culture ludique et autres amoureux du charme si personnel de ce support.

Aerial Assault

Bref…

La 8 bits de Sega a donc ses grands shoot them up, mais rétrospectivement elle aura joué un rôle proche de celui d’un faire-valoir, ses exclus du cru faisant peu d’ombre aux portages arcade. Cependant, de grandes séries seront passées par la case Master System.

 

Première 16 bits de l’histoire sortie en 1988, la Megadrive de Sega n’a pas ignoré le shoot them up, ce qui n’est guère étonnant pour un support qui en ces d’années 80 incarnait une première évolution du hardware. De plus les nouvelles aptitudes de la bécane permettaient un rythme de jeu encore plus soutenu. Parfait pour du shoot them up !

Le nouveau rendu graphique ainsi qu’une gestion des sprites optimisée allait donner un coup de fouet au genre qui, en cette année 1988, devait encore tout de sa réputation au milieu de l’arcade. Un milieu que Sega connaissait très bien, au contraire de son rival  plus axé sur le jeu vidéo domestique ! Alors, quid des shoot them up sur Megadrive ?

Gaiares

Classiques mais typés

Certes, les jeux du cru sur la 16 bits de Sega ont su s’émanciper du modèle posé par l’arcade et c’est ce qui a fait leur personnalité. Aussi, le shmup selon le « modèle Megadrive » est essentiellement horizontal, fait appel à de solides notions de mémorisation et jouit d’une durée de vie solide faite de longueur et de difficulté. Si certains tels les épisodes de la série Thunder Force sont aujourd’hui devenus emblématiques, il est amusant de voir à quel point les grands représentants du genre sur Megadrive sont encore assez obscurs. Qui se souvient du pourtant sublime Gaiares ? Ce jeu de Telenet est une véritable odyssée, avec ses niveaux longs et nombreux, sa difficulté dantesque et sa réalisation sublime. Mais si ce titre peut prétendre au rang de top du top, c’est surtout pour son gameplay original : désormais vous pourrez subtiliser les attaques de vos adversaires grâce à votre module ! D’où une variété de techniques sans précédent et vue l’âpreté de l’entreprise, il faudra correctement analyser le moindre positionnement et l’efficacité de toutes les possibilités d’attaque. Un jeu réellement fantastique.

Bio Hazard Battle

Les amateurs d’ambiances sombres n’ont pas été oubliés : Sega cultivait une image résolument plus « adulte » que sa concurrente directe, d’où certains titres aux limites du dérangeant, et le shmup sauce « glauque » aura connu deux magnifiques déclinaisons avec Gynoug et Bio Hazard Battle. Le premier est un périple bucolique assez malsain mais nanti d’une majesté authentique. Bestiaire varié et lieux inquiétants vous attendent et les plus tenaces d’entre vous auront la chance de recommencer le jeu une fois celui-ci accompli. L’action incessante ainsi que l’aspect très sombre de l’oeuvre en font une expérience concluante. De même pour Bio Hazard Battle et son environnement organique peuplé d’insectes baveux, de vers gluants et menaçants et baigné de thèmes oppressants de toute beauté ! Un rythme effréné et une surcharge d’ennemis achèvent de rendre ce titre de Sega tout à fait incontournable.

Gynoug

Mais attention, la Megadrive ce n’est pas qu’une console à shmups peu ragoutants ! Si vous préférez les beaux paysages, pourquoi ne pas revenir à l’un des héros maison, à savoir Opa opa (ou plutôt Upa Upa) dans Super Fantasy Zone ? Une version encore approfondie des aventures du joli vaisseau rouge et bleu dont la difficulté saura vous tenir en haleine et qui n’oublie pas l’aspect « acquisition d’armes et d’items », un nouvel opus de cette délicieuse série qui a déjà fait les beaux jours de l’arcade et de la Master System. Verytex mérite également que l’on s’intéresse à lui tant il est typé « années 80 » et se rapproche d’un modèle déjà éprouvé sur PC Engine.

Super Fantasy Zone

Ce titre pourtant peu connu voire peu estimé contient tout ce que l’on peut décemment attendre d’un bon shooter, pour peu que son classicisme très avéré ne le fasse pas tomber dans l’oubli. Il en est de même pour l’excellent et très exigeant Whip Rush qui offre en plus d’un challenge relevé une gestion d’armement intéressante. Ces deux titres portent évidemment leur âge mais sont témoins d’une certaine vision du shmup et leur réalisation est une signature technique unique à la Megadrive.

Whip Rush

Si d’autres titres tels Undead Line, Elemental Master et Twinkle Tale sont excellents en prenant peut-être une certaine liberté avec le reste du catalogue de shooters Megadrive (on y dirige des personnages au lieu d’avions et autres vaisseaux), il serait étrange voire hors de propos d’achever ce petit panégyrique sans mentionner un titre qui, autant que le Gaiares précité, peut être considéré comme le sommet en la matière sur MD : Eliminate Down.

Eliminate Down

Ce jeu sorti en 1993 est une révolution visuelle et brille de tous ses feux : beauté, maniabilité au poil, challenge présent et variété incroyable, le tout au service d’une mission éprouvante mais hautement gratifiante : Eliminate Down résonne comme l’aboutissement du genre sur la 16 bits de Maître Sega. Cependant, sa rareté en fait une pièce de collection, recherchée et onéreuse !

Elemantal Master

Verytex

En bref…

Il y a donc de quoi passer de bons moments de carnage en règle pour tout possesseur de cette bécane de gloire qu’est la Megadrive. Grimpez dans le cockpit et lancez-vous !

 

 

 

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